Voici la vidéo originale à visionner : https://www.youtube.com/watch?v=ItoEDgXFX5s
Sur le progressisme je suis entièrement d’accord. Sur le PCF c’est caricatural et donc plus faux que vrai. Il y’a eu des erreurs politiques commises par la direction du PCF et de la direction du PCA jusqu’à 1946 dont Bouteldja ne parle jamais ce qui est juste fallacieux, notamment en 1945 (dénonciation du PPA comme « agents hitlériens », participation de la section de Guelma du PCA à des milices coloniales ce qui a mené à une auto-critique du PCA dès 1946, la dissolution de la section de Guelma et l’expulsion de son dirigeant Amar Ouzegane ainsi que tous les membres compromis dans les milices, Ouzegane rejoindra ensuite..le FLN. le PCA s’engagera par la suite pour la cause nationaliste, formant son bras armé les Combattants de la libération qui se fondent dans le FLN en 1956. Par la suite, le PCA est interdit par Ben Bella mais re-formé sous le nom de Parti d’Avant-Garde Socialiste et toléré par le régime de Boumédiène à qui le PAGS apporte un soutien critique. Le PAGS a connu une scission en 1992 : ses membres restés communistes forment le Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, proche du Parti Communiste de Grèce, du Parti du Travail de Corée, du Parti Communiste Cubain.. c’est à dire le courant marxiste-léniniste « orthodoxe »), en mars 1956 (avec le vote des pouvoirs spéciaux à Guy Mollet) et tout le long de la guerre avec le mot d’ordre « paix en Algérie ». Cela dit de très nombreux communistes se sont engagés à titre individuel au service de la cause nationaliste algérienne et ont donné de leur vie ou de leur intégrité physique et morale : Bachir Hadj Ali, Larbi Bouhali, Henri Maillot, Maurice Laban, Fernand Iveton, Sadek Hadjerès, Alice Sportisse, Raymonde Peschard, Abdelkader Guerroudj, Jacqueline Guerroudj, Georges Acampora, Yahia Briki, Félix Colozzi, Mohamed Hachelaf, Raymonde Peschard, Henri Alleg, Maurice Audin et j’en passe.
Oui la direction du PCF a commis des erreurs à cette époque mais c’est clairement pas tout le PCF et même la direction n’est pas comparable avec celle des autres partis notamment la SFIO dont provient le PS et Mélenchon. Aucun militant de base n’a été exclu par le PCF pour s’être engagé dans la cause algérienne même si cela a contribué à la fondation du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de France (PCMLF) fondé en 1967 par les militants du PCF issus des Amitiés Franco-Chinoises dirigées par François Marty et Jacques Jurquet, ancien résistant et engagé dans la cause nationale algérienne, époux de la révolutionnaire Baya Bahoune. Ces militants ont été exclus du PCF en 1964 pour avoir soutenu le Parti Communiste Chinois contre Krouchtchev.
Je vous conseille la lecture des articles suivants :
– un journal proche du PADS, qui revient sur l’histoire du PCA, son auto-critique de 1946 et son engagement au service de la cause nationale algérienne : « 8 mai 1945 : crimes du colonialisme et sempiternelles rengaines contre le PCA » alger-republicain.com/8-mai-1945-crimes-du-colonialisme.html
– le Parti Communiste Révolutionnaire de France, regroupant les communistes authentiquement marxistes-léninistes militant dans notre Etat, revient sur l’histoire du PCF notamment durant la Guerre d’Algérie : « Le PCF : comment est-il né et qu’est-il devenu ? » https://www.pcrf-ic.fr/Le-PCF-comment-est-il-ne-et-qu-est
Sur les prolétaires non-blancs c’est encore une fois caricatural, il y’a eu plusieurs organisations communistes pour la défense des prolétaires non-blancs notamment l’Union Intercoloniale dirigée par Abdelkader Hadj Ali et Ho Chi Minh, l’engagement de Lamine Senghor auprès de la Ligue universelle de défense de la race nègre et de la Ligue contre l’impérialisme et l’oppression coloniale, fondée par Willy Münzenberg, dirigeant du KPD et de l’Internationale Communiste, regroupant notamment Nehru et Sun-Yat-Sen. On peut citer aussi plus récemment le Mouvement des Travailleurs Arabes dans les années 1970 même si il était lié au mouvement maoïste ou encore l’Association des Travailleurs Maghrébins de France, la Confédération des travailleurs de Turquie en Europe (ATIK) et bien d’autres encore qui sont issus de partis communistes comme la Voie Démocratique (Maroc) et le Parti Communiste de Turquie/marxiste-léniniste.
Le problème étant que Houria Bouteldja n’analyse absolument pas le poids du révisionnisme (rejet des principes du marxisme-léninisme notamment l’anti-impérialisme au profit du réformisme et donc du chauvinisme) dans l’évolution du PCF, c’est un erreur d’analyse très grave. Il est indispensable de concevoir une dialectique entre direction et base du PCF, le tout en lien avec les évolutions idéologiques au sein du mouvement communiste international, notamment avec le coup d’Etat anti-communiste de Krouchtchev en URSS à partir de 1953 qui impose aux communistes d’autres pays de suivre sa ligne de réhabilitation du capitalisme, ligne partiellement combattue par Brejnev à partir de 1964 mais qui a eu une impact énorme sur la décadence idéologique des partis communistes du monde entier, Mao Zedong et Enver Hoxha ayant combattu cette ligne..mais adoptant une ligne extrémiste et chauvine pas forcément meilleure, et même bien pire à partir de 1969 et l’adoption par Mao d’une géopolitique pro-US.
C’est la ligne politique développée par Maurice Thorez après la seconde guerre mondiale et amplifiée par ses successeurs à la tête du PCF (Waldeck Rochet, Georges Marchais qui abandonne la mention de dictature du prolétariat des statuts du parti en 1976, jusqu’à aboutir à la tentative de liquidation totale du parti par Robert Hue et la politique actuelle de maintien du nom PCF avec l’abandon de tout ce qui a fait sa politique, jusqu’aux symboles comme la faucille et le marteau) qui a développé le chauvinisme au sein du parti. L’idée d’une étape intermédiaire avant la révolution socialiste balayant l’impérialisme français : une « extension de la démocratie », la « démocratie avancée », « l »étape intermédiaire anti-monopoliste » et autre langue de bois krouchtchévienne masquant mal l’intégration du PCF au sein des partis politiques de la dictature bourgeoise française. Alors on réhabilite le drapeau bleu-blanc-rouge. Tout cela s’est fait par étape sur des années, des décennies, de manière subtile. Il n’y’a pas d’interrupteur bien/mal ou communisme/révisionnisme et il y’a pu avoir de bonnes actions de la part du PCF y compris de sa direction après d’autres actions mauvaises.
L’ennemi des vrais communistes et de tous les anti-impérialistes est le révisionnisme. Pour être cohérente, Houria Bouteldja devrait lutter contre le révisionnisme et non balayer d’un trait le « communisme réel dans l’Etat français » en amalgamant le PCF révolutionnaire anti-impérialiste des années 1920-1950, encore intéressant des années 1960-1970 et en totale décadence depuis les années 1980. Rappellons qu’en 1951, Jacques Duclos a été emprisonné 18 mois pour avoir manifesté contre la venue du général US, Ridgway la Peste, qui avait commis des crimes contre l’humanité en Corée. De nombreux membres du PCF ont été emprisonné pour avoir soutenu l’armée d’Abdelkrim El-Khattabi durant la Guerre du Rif de 1926. Ne passez pas cela sous silence. Défendons tous le marxisme-léninisme de Marx, Engels, Lénine, Staline, Dimitrov, Jdanov, Kollontai, Gramsci, Honecker, Mariategui, Georges Habache, José Maria Sison et bien d’autres encore : la seule voie vers l’émancipation et la fin du racisme.
Sur ce sujet, je vous conseille la lecture de l’article suivant du PCRF : « L’étapisme » : une question stratégique fondamentale » https://www.pcrf-ic.fr/L-etapisme-une-question
Houria Bouteldja, je souhaiterais échanger avec vous, avec toi camarade puisqu’on est donc des camarades communistes car il s’agit de rétablir certaines vérités.
