Feu sur les ours savants de la social-démocratie !
Evidemment la définition de gauche c’est progressisme, le camp du progrès, face à la droite qui est le camp conservateur, celui de la réaction face au progrès (encore une fois le mot réactionnaire a deux définitions : celui de la contre-révolution, réaction face au mouvement ouvrier et aux insurrections patriotiques des peuples opprimés, et sens de « revenir à un passé idéalisé », conservateur et réactionnaire ne sont pas tout à fait synonymes même si ils se rejoignent). Et oui il y’a un progrès objectif défini par le marxisme-léninisme : le progrès des forces productives. Mais qui en définitive est le seul camp à l’assurer ? Les communistes authentiquement marxistes-léninistes, les anti-révisionnistes qui combattent l’opportunisme et le gauchisme. Bien sûr pour éviter de s’enfoncer dans le sectarisme et s’isoler du reste du mouvement ouvrier, ce noyau anti-révisionniste doit pratiquer l’unité d’action mais avec qui ? Et bien avec tous ceux qui sur une question précise ont une contribution positive à apporter. Alors oui je comprends l’idée tentante de qualifier ce groupe de personnes de « la gauche ». Mais celà pose plusieurs problèmes.
Déjà comme je l’ai dis on parle bien de « question précise » (ex : la cause palestinienne, la défense des services publics, l’opposition à l’impérialisme français en afrique, la sortie de la France de l’UE, de l’euro et de l’OTAN) mais du coup une organisation politique ou un individu peut très bien se positionner positivement sur une question et négativement sur une autre (ex : souhaiter la sortie de la France de l’OTAN mais refuser la fin de la Françafrique ou bien comme le font Asselineau et Mélenchon prétendre soutenir la fin de la Françafrique tout en parlant d’assurer la présence française sur les 5 continents). Donc ce groupe d’alliés de circonstance n’est EN AUCUN CAS un groupe permanent mais un groupe temporaire remis en cause à chaque nouvelle lutte.
Deuxièmement, ces alliés s’identifient-ils à la notion de gauche ? Pas forcément. les Gilets Jaunes sont indiscutablement des alliés face à la casse du service public mais se voient ils comme de gauche ? généralement non. On ne compte pas le nombre de forces anti-impérialistes du Tiers-Monde de type féodale et/ou conservatrice qui sont néanmoins à soutenir dans une lutte spécifique (ex : il faut soutenir l’entiereté de la résistance palestinienne y compris le Hamas et le JIP) comme l’expliquait Lénine : « si il ya une guerre entre le roi d’Afghanistan et le Royaume-Uni, il faut soutenir le roi d’Afghanistan ». Le problème étant évidemment les guerres de proxy comme la guerre en Syrie mais c’est un autre problème.
Dès lors, une organisation s’auto-revendiquant « de gauche » ou étant qualifiée par les médias « de gauche » vaudrait-elle automatiquement plus à nos yeux de communistes qu’une organisation qualifiée « de droite » ? Non clairement non. Une organisation qui se veut prolétarienne, révolutionnaire, anti-impérialiste, marxiste-léniniste c’est déjà autre chose, on peut en discuter, débattre de l’attitude à adopter, de la sincérité de ses principes mais ils sont bons en soi. Par contre « de gauche » non. Du coup c’est aussi valable pour l’extrême-gauche qui refuse l’unité des anti-impérialistes mais prône les dogmes sociétaux comme base d’unité (anti-extrême-droite, anti-sexisme, anti-homophobie, anti-transphobie, anti-racisme qui sont les tabous à ne pas transgresser, par contre on peut soutenir le renversement de Kadhafi comme l’a fait le NPA et faire partie de cette union de l’extrême-gauche), à ce qu’elle appelle antifascisme et qui est en vérité « une union de la gauche » du PS (et encore..). Benoit Hamon n’est pas rejeté comme un impérialiste ennemi de classe mais critiqué comme trop modéré .. et qd mm inclus lors de la marche du 12 juin contre « l’extrême-droite et ses idées », alors même qu’il s’est présenté pour le PS en 2017 après tous les crimes contre le prolétariat et les peuples opprimés d’afrique (invasion du mali, soutien aux milices déstabilisant la syrie, répression des manifs anti-loi travail, meurtres policiers en totale impunité d’adama traoré et de rémi fraisse) que ce parti a commis au pouvoir. Il en est de même pour les partis bourgeois que sont EELV et le PCF. Mélenchon y a participé aussi mais a mené une autocritique partielle (sur maastricht par ex) mais ne remet pas en cause fondamentalement le mitterandisme et notamment la françafrique, on ne peut pas donc exclure la FI de la gauche impérialiste.
Faut-il dès lors unir toute l’extrême-gauche prétendument prolétarienne et prolétarienne ? Non car une partie s’oppose ouvertement à l’anti-impérialisme (ex : les luxembourgistes, bordiguistes etc). Faut-il dès lors unir toute l’extrême-gauche prétendument anti-impérialiste ? Non car il y’a des sournois comme le NPA qui se prétendent anti-impérialistes mais qui au lieu de faire campagne contre toutes les interventions militaires de la France, prennent des positions ambigues lorsque celle-ci intervient par « rejet des dictatures ». Il ne s’agit pas évidemment par ex dans le cas de Kadhafi de ne voir aucun défaut à son régime centré sur sa personne, changeant comme son tempérament mais de faire de l’opposition à l’intervention française le point central de toute position et de chercher à rassembler un maximum autour de ce principe, ce que le NPA et plus généralement les trotskistes, anarchistes, gauchistes, réformistes de tous poils refusent de faire.
Faut-il dès lors unir toute l’extrême-gauche authentiquement anti-impérialiste ? Non plus car elle n’existe pas. Il existe des individus qui à un moment ou un autre peuvent être inclus dans un front de lutte, peu importe leur sensibilité, mais il faut refuser tout cartel, a fortiori électoral, avec des forces de la bourgeoisie impérialiste et des opportunistes en tous genre (NPA, LO, anarchistes etc).
En conclusion, il n’y’a aucun intérêt à dire par exemple « Le PS n’est plus de gauche », à faire l’antifa en s’alliant avec n’importe quel laquais de l’impérialisme, conscient ou inconscient, pour aller casser la figure à d’autres laquais de l’impérialisme, conscients ou inconscients, qu’on a aura défini comme pires de par un euro-centrisme philosémite (si la Shoah est pour les antifas un crime absolu, en revanche, les crimes contre l’humanité coloniaux commis par la SFIO-PS et ses succédannées Générations ou FI, malgré des autocritiques partielles et incomplètes ne sont pas rhédibitoires, auxquels on peut ajouter EELV et PCF de la gauche plurielle de 1998 qui cautionna le bombardement de belgrade par des avions français de l’OTAN en 1999).
Et de manière plus général aucun intérêt à utiliser le mot gauche tout court. Le Front des Luttes Populaires Anti-Impérialistes sera créé par le Parti en regroupant des individus peu importe leur sensibilité, leur adhésion ou non à d’autres organisations. Il ne regroupera en aucun cas des organisations politiques concurrentes au Parti Communiste. Dans la situation concrète actuelle, dans l’Etat français, ça n’aurait aucun intérêt, ce serait même très néfaste.
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