Cet article est le fruit d’une réflexion théorique et pratique de plusieurs mois. Il fait suite, approfondit, complète le premier article du blog : https://sartanroujo.art.blog/2021/03/06/linternationale-communiste-panorama-historique-et-perspectives-actuelles/
Les axiomes suivants peuvent permettre de reconstruire le Mouvement Communiste International et ainsi l’amener à la victoire.
- Le fait politique principal dans le monde est la domination de la bourgeoisie impérialiste occidentale sur les masses populaires (couches sociales ayant intérêt à une révolution, prolétarienne ou national-démocratique selon l’état d’avancement social du pays) du monde entier, c’est à dire à la fois sur le prolétariat en métropole et sur le bloc des 4 classes (prolétaires, paysans, petite-bourgeoisie et faction patriotique de la grande bourgeoisie) en colonie ou néo-colonie. Les masses populaires des pays non-alignés subissent les conséquences de cette domination via l’embargo, divers sanctions économiques, déstabilisations, assassinats et finalement la guerre qui peut être d’impact génocidaire (ex : un million de morts dans l’intervention US de 2003 en Iraq). La bourgeoisie impérialiste occidentale est celle des pays du Bloc occidental, à savoir les USA comme pays le plus puissant et orientant les autres (même si des contradictions peuvent exister ponctuellement avec la France ou l’Allemagne notamment), ensuite l’Union Européenne, enfin le Japon, les pays d’Europe du nord-ouest non-membres de l’UE (la Norvège, la Suisse, l’Islande..), les colonies blanches extra-européennes que sont le Canada, l’Australie, l’Etat « d’israel » et la Nouvelle-Zélande..concernant l’UE il existe une certaine oppression en son sein de pays d’Europe méridionale et orientale par les pays d’Europe du nord-ouest. Cependant, pour ces pays, c’est le socialisme immédiat qui se pose comme l’a formulé très clairement le Parti Communiste de Grèce. Il n’y’a pas d’alliances avec une quelconque « bourgeoisie patriotique », seulement comme dans tout pays capitalistes avec les éléments de la petite-bourgeoisie acceptant de se placer sous la direction du prolétariat pour contrer les effets de la crise du capitalisme sur leur existence.
- Seul le communisme pourra à terme mettre fin définitivement à cet état de fait. Le réformisme en métropole n’avancera à rien et ne mènera qu’à commettre soi-même ces crimes (y compris l’étapisme de type Frexit Progressiste ou Front Populaire autour de Mélenchon que le PCRF dénonce ici : https://www.pcrf-ic.fr/L-etapisme-une-question ). Des bourgeois sincèrement patriotes de la Tricontinentale (Amérique Latine, Afrique, Asie auxquels on peut ajouter l’Océanie) peuvent faire progresser les forces productives dans leurs pays à condition de planifier une partie au moins de leur production (ex : l’Algérie de Boumédiène ou le Venezuela de Chavez), ce qu’on pourrait appeler le socialisme bourgeois de la Tricontinentale, qui peut évoluer en socialisme marxiste-léniniste comme l’a fait Fidel Castro à Cuba. La victoire de forces patriotiques non-socialistes (ex : Talibans), même si elle ne débouchera pas sur le développement du pays, a un effet positif : elle apprend au peuple qu’il peut vaincre l’impérialisme. Ainsi, cette victoire peut à long terme renforcer la possibilité de victoire ou du socialisme bourgeois ou du socialisme marxiste-léniniste dans ces pays et aussi affaiblir les bourgeoisies impérialistes en métropole et donc faciliter nos révolutions à nous.
- Il existe deux Etats non-intégrés au bloc occidental qu’on qualifie habituellement d’impérialistes (laissons de côté comme révisionnistes les élucubrations du MLPD sur l’Inde, l’Iran, le Brésil et 14 autres pays impérialistes du Sud, on voit très bien que l’Iran certes expansionniste est incapable d’assurer une rente à ses citoyens sur la base d’une plus-value qui serait extorquée par ses monopoles à l’étranger, le parallèle peut fonctionner pour la Chine mais pas pour l’Iran ou ces autres pays-là qui sont soit des pays alignés sur l’Occident soit des pays non-alignés subissant des pressions impérialistes) : la Russie et la Chine. La Russie est bien entendu un pays capitaliste, dégun le nie mise à part une poignée d’anti-communistes russophobes. Ce pays possède une force de frappe militaire importante issue de l’ancienne Armée Rouge enfin de ce qui a pu échappé au pillage (cf Youri Orlov dans Lord of War). On le voit en Syrie où elle porte à bout de bras le gouvernement d’Assad mais tout autant que la République islamique d’Iran et ses milices alliées dont le Hezbollah qui contrôle une bonne partie de l’appareil d’Etat libanais. Cependant, économiquement parlant, la Russie est loin derrière les pays du bloc occidental. C’est une mono-économie gazière qui a un PIB par habitant bien inférieur à celui de pays comme la Turquie, la Grèce ou encore la Pologne, comme c’est le cas également de la Chine. On est loin de la puissance économique soviétique. Ce n’est pas pour rien si la Russie fait partie des BRICS. Ce n’est absolument pas une puissance de niveau équivalent à celle du bloc occidental. Il peut donc être bienvenu de critiquer divers politiques russes n’allant pas dans l’intérêt du communisme mais il faut refuser de mettre sur le même plan ce pays et le bloc occidental comme danger pour les masses populaires mondiales. Ensuite, on a la Chine : sujet vaste et passionnant. Personnellement, je considère la Chine comme capitaliste mais je trouve que c’est pas forcément pertinent d’en faire une question antagonique. Il faudrait convenir (et c’est ce que dit le Parti Communiste de Grèce ou tout du moins ce que j’en comprends)1 que si le Parti Communiste (nouveau authentiquement ML à construire) arrive au pouvoir en France ou dans une série de régions d’Europe de l’Ouest, on aurait des relations cordiales avec la Chine et que, dès aujourd’hui, on ne souhaite pas que notre pays entre en guerre avec la Chine. On refuse la propagande médiatique anti-chinoise, on ne soutient pas les séparatismes pro-impérialistes de Taiwan, Hong Kong, du Tibet ou du Xinjiang. En revanche, il ne faudrait pas admettre le PC chinois au sein de la nouvelle Internationale à construire. Il faudrait permettre à des partis opposés à la Chine comme le Parti Communiste des Philippines d’y figurer. Je pense qu’il serait possible de trouver ainsi une position équilibrée et consensuelle qui ne dégouterait que les hyper-dogmatiques sectaires anti-chinois (par tradition maoiste [et plus encore gonzaliste], hoxhaiste ou brejnévienne) ou les hyper-fanatiques de la « pensée Xi Jinping » qu’on laissera croupir dans leur délire.
1 https://inter.kke.gr/fr/articles/Le-role-international-de-la-Chine/ : « Sur cette base, le KKE, tout en continuant à maintenir des relations bi-latérales avec le PC de Chine, suit avec attention ses évolutions et forme ses propres analyses qu’il exprime publiquement ainsi qu’au PCC. Comme nous le savons, le KKE a déjà noté à partir du 17ème Congrès de 2005 l’expansion des rapports capitalistes en Chine. Dans la période suivante, cette tendance s’est renforcée et devient même plus évidente. »
- Sur cette base on pourrait développer une nouvelle Internationale Communiste qui comprendrait au départ plusieurs organisations par pays où le Parti Communiste n’a pas encore été construit ou ne s’est pas objectivement démarqué des groupes opportunistes par la taille (contrairement à la Grèce et le KKE, les Philippines et le PKP, peut être le Burkina Faso et le PCRV ? même si j’ai des critiques à formuler sur sa théorie mais sa pratique a l’air celle d’un Parti Communiste), mais viseraient à les faire se rassembler en un seul Parti d’avant-garde, section de l’Internationale Communiste nouvelle. Cette Internationale serait dotée d’un centre d’étude du marxisme-léninisme qui pourrait établir scientifiquement la vérité quant à l’histoire du marxisme-léninisme après la mort de Staline en 1953 et ainsi trancher les débats entre filiations de Mao (et subdivisions MLM gonzaliste vs ML pensée Mao, notamment celle du MLPD mais y’en a encore d’autres..ainsi d’ailleurs que le « maoisme-tiersmondisme » de LLCO ou Jason Unruhe bref), de Hoxha et celle disons de Brejnev-Castro-Honecker, avec bien sûr l’expérience de la Corée dans toute sa complexité, celle du Vietnam, celle de la Yougoslavie qui en dépit de son économie capitaliste d’Etat (comparable à la Chine actuelle) et de sa trahison honteuse en 47 qui mérité d’être dénoncée encore ajd, a joué, dans la recomposition mondiale suivant la mort de Staline , un rôle intéressant (normalisation des relations albano-yougoslaves en 1971, on oublie très souvent de le dire), la Yougoslavie avait des bonnes relations à la fois avec Moscou, Pékin, Le Caire, New Dehli et d’autres encore dans les années 60) ou encore la Roumanie de Ceaucescu, les socialismes africains de Mengistu, Lumumba, Sankara, Kadhafi, Boumédiène, Ngouabi, Neto, Machel, Siad Barré, Kérékou, Ratsiraka et j’en passe, certains qui s’affirmaient marxistes-léninistes d’autres non mais ces régimes partagaient des caractéristiques communes. l’expérience socialiste en Afghanistan et au Yémen bref. Ce centre d’étude du marxisme-léninisme pourra également définir une position objective vis à vis de la Chine actuelle, sur les questions nationales de par le monde (bien sûr en se basant sur des analyses locales) et sur les questions de société (égalité hommes-femmes, anti-racisme, question de l’islamophobie et la laïcité, revendications LGBTI..)
- Cette Internationale pourrait alors envisager la formation d’une nouvelle « Organisation de la solidarité des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine » appellée usuellement la Tricontinentale et qui avait dérivé en nationalisme bourgeois à courte vue au sein du Mouvement des Non-Alignés malgré le rôle remarquable de Fidel Castro en son sein pour y développement un anti-impérialisme pro-soviétique ou au moins pas anti-soviétique primaire. Cette nouvelle Tricontinentale pourrait servir de lieux de rencontre et de coopération entre les communistes et des révolutionnaires patriotes en lutte pour libérer leur nation du colonialisme, du néo-colonialisme (avec bien sûr la résistance palestinienne, la résistance anti-françafrique mais pourrait englober aussi des dirigeants corses, basques, irlandais, catalans pourquoi pas..des dirigeants kurdes réellement anti-impérialistes si il y’en a qui apparaissent d’ici là même si bon le séparatisme kurde en soi me parait pas être une solution). Je serais d’avis de laisser les chefs d’Etats non-alignés style Loukatchenko, Maduro en dehors de l’assoc pour éviter qu’elle dévie dans l’opportunisme mais par contre de coopérer avec eux si besoin est sur telle ou telle question.
- Sur cette base-là, on pourra alors orienter la politique du Parti Communiste de France comme dans les autres métropoles impérialistes comme consistant en la jonction entre un travail d’agitation-propagande contre l’impérialisme (contre la Françafrique, contre les guerres et ventes d’armes de la France, en faveur du boycott des produits israeliens BDS et de la solidarité avec la résistance palestinienne, en faveur de l’auto-détermination des colonies possédées par la France comme les DOM-TOM et la Corse ainsi que des nations niées notamment Bretagne, Pays Basque et Catalogne où l’indépendantisme populaire-révolutionnaire y est fervent), un travail syndical de reconstruction d’une CGT prolétarienne combattive membre de la Fédération Syndicale Mondiale (lutte contre la casse des services publics, pour la relocalisation de la production, pour la sauvegarde des emplois, l’augmentation du SMIC, l’interdiction des licenciements, mais aussi le blocage des navires exportant du matérial militaire français comme l’UD CGT 13 l’a fait avec les navires transportant les armes françaises), la participation en tant que Parti et en tant que CGT aux révoltes populaires (gilets jaunes, mouvement anti-pass..) enfin la connexion entre ces trois éléments de pratique à travers la construction du Parti ayant comme objectif de préparer les conditions subjectives de l’insurrection. Le Parti Communiste cherchera à unir le prolétariat ainsi que des éléments issus de couches non-prolétariennes voyant leurs conditions de vie drastiquement dégradées par la crise du capitalisme, en mettant en avant ce qui unit plutôt que ce qui divise. Ainsi, bien entendu, à travers l’Histoire, les communistes ont défendu les causes démocratiques, que ce soit le refus d’une société policière, arbitraire (ainsi les comités anti-répression en interne peuvent se combiner avec une lutte contre les crimes policiers, pour que les familles obtiennent justice, lutte contre l’état d’urgence, contre le pass sanitaire, contre le confinement, la dictature hygiéniste sous prétexte du corona), la protection de l’environnement, l’égalité entre les hommes et les femmes ou encore l’obtention de droits civiques pour les minorités qui doivent être égaux à ceux de la majorité. Cependant, les communistes ne doivent pas s’aligner pas sur les mouvements bourgeois que ce soit libertaires, écologistes, féministes, queer, décoloniaux, kémites, islamistes ou autres qui instrumentalisent ces questions. Les communistes ne doivent pas sombrer dans le mythe de l’intersectionnalité (faire croire que toutes les causes des « opprimés » se valent en prenant comme critère une souffrance exercée par une majorité d’oppresseurs sur une minorité d’opprimés, allant jusqu’à l’absurde : les maigres opprimeraient les gros, les vieux opprimeraient les jeunes etc) ni dans une conception libérale de la société. Nous avons une dictature du prolétariat à bâtir ! Il faudra donc se positionner avec parcimonie sur ces questions dans le but de ne pas cliver les masses populaires sur ces enjeux sociétaux mais de les réunir pour l’insurrection.
- Avec un plan d’action pareil, nous communistes d’Hexagone et du monde entier, pourrons faire reculer la dictature de la bourgeoisie impérialiste jusqu’à la renverser définitivement et construire ainsi le socialisme jusqu’au communisme ! Unis, munis de la science marxiste-léniniste et déterminés, nous vaincrons !
