Vive le droit à l’auto-détermination du peuple corse ! A bas l’impérialisme français !

Cet article vise à présenter aux militants communistes d’Hexagone les raisons pour lesquelles, selon moi, les communistes militant dans l’Etat français doivent soutenir le droit à l’auto-détermination du peuple corse.

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« Il est encore en Europe un pays capable de législation : c’est l’île de Corse. La valeur et la constance avec laquelle ce brave peuple a su recouvrer et défendre sa liberté, mériterait bien que quelque homme sage lui apprît à la conserver. J’ai quelque pressentiment qu’un jour cette île étonnera l’Europe », Jean-Jacques Rousseau, Le Contrat Social, 1762

Introduction

« Peut-on qualifier autrement que de colonial le fait d’acheter à Gênes un Pays indépendant, de s’imposer par la force, de réprimer férocement pendant quarante ans ? D’instaurer en 1812 , sur une terre pourtant française, un régime douanier qui taxe les produits corses à l’exportation et détaxe les produits français arrivant dans l’ile, condamnant notre faible économie à la mort ? N’est-ce pas dans une colonie lorsque, après la boucherie de 1914, où les Corses on fait montre de courage, de loyauté, de fidélité que l’Etat a organisé et prolongé la saignée par un exil organisé des Corses pour la fonction publique métropolitaine et coloniale, le territoire insulaire étant laissé à l’abandon, en déshérence ? Ne sont-ils pas coloniaux, les discriminations de la Loi Deixonne ? et le Hudson Institute ? Et Le Schéma d’Aménagement de la Corse en 1972 qui prévoyait la main basse sur les terres agricoles et les ressources touristiques ? et les Boues Rouges ? et Aleria – élément fondateur de la révolte corse contemporaine- ? Et la naissance du FLNC en qui était inévitable même si je ne partageais pas ce choix ? Et les polices parallèles de Francia ? et le soutien constant au système claniste, anti-démocratique qui s’est discrédité, nous a ruinés moralement, en toute impunité, dans un système de fraudes électorales, de non-droit, de corruption, de clientélisme » interview d’Edmond Simeoni par Constant Sbraggia dans le magazine In Corsica du 29/05/2016

« La France est un pays ami », Jean-Guy Talamoni, alors président de l’Assemblée de Corse, au micro de France Info le 18/01/2016

I) Une île à l’histoire et à la culture singulière, première république démocratique constitutionnelle de l’Histoire de l’humanité (du Néolithique à 1769)

La Corse est une île de Méditerannée. Cette phrase parait superflue tant elle est évidente et pourtant cette insularité et cette méditerannéïté de la Corse est déterminante dans son histoire. L’insularité joue un grand rôle dans la singularité corse et l’échec de toute tentative d’assimilation par l’Etat français. La Corse a été, reste et demeurera une nation à part entière en dépit des invasions étrangères.

Peuplée dès le Néolithique, l’île connait différents processus d’invasion et de migrations (Etrusques, Ibères, Ligures, Berbères antiques aussi appellés Libyques, Grecs, Romains, Vandales, Byzantins, Lombards, Arabo-Musulmans, Pisans, Aragonais et enfin les Gênois qui administrent l’île jusqu’à la proclamation de la République de Corse en 1755).

Ces multiples tutelles étrangères n’empêchent pas, bien au contraire (le métissage étant à l’origine de la fondation des nations), la constitution d’une identité corse attestée dès le Moyen-Âge qui se manifeste dans de nombreuses révoltes au contenu à la fois social et indépendantiste. On peut citer en exemple la révolte anti-seigneuriale lancée en 1357 par Sambucucciu d’Alandu qui aboutit à la fondation de la Terra di U Cumunu, c’est à dire une mise en commun des terres du centre de la Corse, ainsi que les révoltes de 1553 et 1564 menées par le célèbre général Sampieru Corsu.

Ces processus qui ont connu l’échec forment le terreau pour la fondation d’un Etat corse indépendant. En 1630, la Corse est reconnue comme un royaume sous la tutelle de la République de Gênes, qui est renversée lors de la Révolution corse de 1729-1734. Cette dernière aboutit sur l’élection en 1736 du roi de Corse, Théodore Neuhoff, qui proclame une monarchie constitutionnelle sur le modèle anglais. Cette dernière est renversée en 1755 lors de la proclamation de la République corse, première république démocratique constitutionnelle de l’histoire de l’humanité. Les élections parlementaires se font au suffrage universel direct, étendu à tous les hommes âgés de plus de 25 ans et toutes les femmes veuves. En 1763, la République corse frappe sa propre monnaie. En 1765 est fondée l’Université de Corti (ou Corte) fermée par les français en 1769 et ré-ouverte seulement en 1982 suite aux actions militaires du FLNC (Front de Libération Nationale de la Corse) et des luttes de masse qu’il a impulsé.

Bien entendu cette affirmation nationale-démocratique révolutionnaire ne pouvait que suciter l’hostilité des grandes familles aristocratiques qui gouvernaient alors l’Europe féodale-moderne, en premier lieu les Bourbons qui régnaient sur les Royaumes de France et d’Espagne. En 1768 est conclus le Traité de Versailles par lequel la France « achète la Corse » à la République de Gênes. De quel droit peut-on acheter un territoire et les habitants qui y résident comme si il s’agissait d’un bifteck ? Face à l’invasion française du Cap Corse en août 1768, l’armée corse riposte et bat l’armée française à Borgu (Borgo) le 10 octobre 1768. Louis XV décide alors de l’envoi d’un corps expéditionnaire de 22 000 hommes (ce qui est énorme sachant que la population corse ne dépassait alors pas les 130 000 habitants) qui bat l’armée corse à Ponte Novu le 9 mai 1769. Dans les mois qui suivent, les places fortes de la montagne du centre du pays sont conquises par les français et Pasquale Paoli s’exile en Angleterre.

II) L’ordre colonial s’impose en Corse : répression sanglante, misère et sous-développement (1769-1962), tandis que le nationalisme corse connait sa deuxième vague dans les années 1900-1945

La répression française va alors être terrible : de nombreuses révoltes sont écrasées dans le sang. Les français mettent en place un système douanier injuste, taxant très faiblement les produits sortant de Corse et très fortement ceux entrant en Corse, ce qui causent des prix très élevés pour la plupart des denrées. Les français vont alors s’appuyer sur les clans, les grandes familles aristocratiques ayant une tradition d’emprise violente de type féodale-criminelle (comparable à la mafia en Italie), les clans au XXème siècle se tourneront à la fois vers le trafic de drogue international (French Connection) et vers la participation électorale. Ainsi on retrouve le père le fils voire le petit fils élus de génération en génération chez les Rocca-Serra (RPR-UMP-LR), Giaccobi (Parti Radical), Zuccarelli (PS puis Radicaux), Marcangeli (Comité Central Bonapartiste, parti qui a collaboré avec l’occupant italien, faisant même acclamé publiquement Mussolini et qui pourtant existe toujours, possédant actuellement la mairie d’Aiacciu [Ajaccio] en alliance avec la droite française). Ce sont eux qui ont fait voté les morts, anecdote relayée dans les médias français et associée au nationalisme, alors que ce sont précisément ces clans mafieux soutenus par la France qui ont inscris des personnes décédés sur les listes électorales et ont fait comptabilisé « leur vote », politique que les nationalistes ont toujours combattu.

L’Etat français laisse la Corse dans le sous-développement. Il n’y’a aucune industrie, aucune agriculture productiviste. Il y’a simplement des bergers, quelques activités de subsistance et beaucoup d’exil : vers l’Amérique (notamment latine) et vers le continent. Beaucoup de corses sont également recrutés dans l’appareil colonial français. Perpétuant les liens de la diaspora, ces réseaux disséminés entre Dakar, Tanger, Saïgon, Shanghaï, Beyrouth et Marseille seront indispensables pour les activités de contrebande, prositution (la « traite des blanches ») et de trafic d’héroïne que metteront en place les bandits corses installés sur le continent (Carbone et Spirito liés au PPF de Sabiani, les frères Guérini liés à la SFIO de Deferre, Marcel Francisi lié aux Gaullistes, Jo Renucci lié aux Radicaux) et à partir des années 1970, les organisations criminelles de l’île (clan Jean-Jé Colonna, Brise de Mer, Petit Bar, Bergers-Braqueurs de Venzolasca) qui elles aussi ont pactisé avec l’Etat contre le nationalisme.

Voilà donc les options que laissaient l’Etat français au peuple corse : vivre dans la misère, mourir dans la boucherie de 14-18, devenir un bandit ou bien s’assimiler pour devenir un colon comme les autres (fonctionnaire de l’Empire ou propriétaire terrien en Algérie par exemple) et commettre des crimes pour le compte des monopoles français, Charles Pasqua incarnant à la perfection la synthèse entre assimilationnisme (allant jusqu’à se présenter comme souverainiste français) et liens indéfectibles avec la pègre corse.

Bien sûr, la langue corse restait encore la langue la plus parlée en Corse (comme d’ailleurs les dites langues « régionales » en Hexagone). Les conditions de l’oppression coloniale et la persistance d’une culture distincte menèrent au développement du nationalisme corse, sous la forme de revues culturelles mais ayant également des revendications politiques. Ainsi en 1914, la revue A Cispra affirme : « La Corse n’est pas un département français. C’est une nation qui a été conquise et qui renaîtra ». On peut alors parler de deuxième vague du nationalisme corse, après la première vague ayant abouti à la constitution de la République de 1755-1769, puis la troisième menée par le FLNC à partir de 1976 (sur la base d’une agitation qui débute après 1962). On pourrait parler de quatrième vague ou plutôt de quatrième étape à partir de la victoire électorale des nationalistes en 2015.

Malheureusement, le Partitu Corsu d’Azione, fondé en 1923 par Petru Rocca, en écho au Parti Sarde d’Action créé deux ans plus tôt, fera le choix de la collaboration avec l’occupant (italien en Corse à partir de 1942) au même titres que le Parti National Breton, le Parti Alsacien ouvrier et paysan (dont les deux fondateurs sont d’anciens élus du PC-SFIC, Jean-Pierre Mourer et Charles Hueber, membre du comité central du parti, exclus pour avoir maintenu la ligne autonomiste alsacienne abandonnée par le PC en 1934 et s’étant positionné d’abord comme boukhariniens avant d’évoluer vers le nazisme), le Parti Alsacien-Lorrain ou encore l’Union Flamande de France. L’évolution désastreuse de cette vague d’indépendantistes des années 1910-1920, qui ont cru pouvoir obtenir leur souveraineté nationale dans le cadre de la « Nouvelle Europe » d’Adolf Hitler, a donné une très mauvaise image du « régionalisme » auprès de nombreux communistes. Pourtant, il faut savoir que parmi les résistants au nazisme, nombre de combattants parlaient la « langue régionale » (notamment Georges Guingouin le limousin, langue d’Oc) et certains avaient même des revendications politiques, ainsi le dirigeant communiste Marcel Cachin, très actif dans le mouvement breton, fût le premier homme politique de France à déposer un projet de loi sur l’enseignement d’une langue régionale, en l’occurence le breton en 1947.

Parmi les combattants corses qui ont permis à l’île de se libérer du fascisme sans intervention extérieure, on retrouve le héros communiste Jean Nicoli, qui écrit peu avant son exécution par un peloton fasciste italien le 30 août 1943 : « A mes enfants, Tout à l’heure je partirai. Si vous saviez comme je suis calme, presque heureux de mourir pour la Corse et pour le parti. Ne pleurez-pas, souriez-moi. Soyez fier de votre papa. Il sait que vous pouvez l’être, la tête de Maure et la fleur rouge, c’est le seul deuil que je vous demande. Au seuil de la tombe, je vous dis que la seule idée qui, sur notre pauvre terre, me semble belle, c’est l’idée communiste. Je meurs pour notre Corse et pour mon Parti. »

Le travail de reconstruction marxiste-léniniste que mène notamment la Ghjuventu Comunista dans le nord de la Corse passe par la célébration de la mémoire de Jean Nicoli, qui a su allier défense de la nation corse et engagement communiste.

Bien entendu, le fait que la Corse se soit libérée toute seule, puis sa reconnaissance comme Juste parmi les nations pour n’avoir déportée aucun juif, contribue à la conscience de la singularité corse, de la fierté patriotique et donc de l’idée d’indépendance. Mais, l’élément accélérateur de la deuxième vague de nationalisme corse au XXème siècle est l’effondrement de l’Empire colonial français.

III) Le nationalisme corse contemporain à partir de la victoire du FLN en Algérie en 1962

Lorsque près d’un million de pieds-noirs quittent l’Algérie en 1962 et dans les années qui suivent, l’Etat français les installe un peu partout notamment dans le Sud de l’Hexagone mais aussi en Corse où l’Etat leur octroie les seules terres dédiées à une agriculture productive : la plaine d’Aléria, récemment assainie (il s’agissait jusqu’aux années 1960 d’un gigantesque marécage où le paludisme y était endémique), où l’on cultive toujours aujourd’hui des agrumes.

Ce n’est pas pour rien si l’acte de naissance du FLNC le 22 août 1975 est l’occupation symbolique de la cave d’un viticulteur pied-noir d’Aléria véreux (condamné en novembre 1975 pour escroquerie) par un commando de l’ARC (Action Régionaliste Corse/Azzione per a rinascita di a Corsica), armé de fusils de chasse et mené par le Dr. Edmond Siméoni.1 La médiatisation de l’affaire, la répression disproportionnée décidée par Giscard (un millier de forces de l’ordre environ, équipé de véhicules blindés face à 12 militants de l’ARC), la mort de deux gendarmes tués par l’ARC pousse Edmond Siméoni à se rendre (il sera emprisonné jusqu’en janvier 1977) tandis que le reste du commando prend le maquis. Le 5 mai 1976 est officiellement fondé le FLNC par la fusion du Partitu Corsu pà u Socialismu (dirigé par Jean-Pierre Santini, alors inspiré par le marxisme-léninisme, notamment la pensée de Mao, et futur théoricien du FLNC, rédacteur notamment du Livre Vert en 1977) avec deux organisations armées déjà existantes : le Frontu paesanu corsu di liberazione (FPCL, front paysan ce qui montre l’aspect agrariste que prendra en partie l’idéologie du FLNC, la figure du berger étant cruciale dans le nationalisme corse) et Ghjustizia Paolina (GP en référence à Pasquale Paoli).

On retrouve donc les trois matrices idéologiques du FLNC dans les noms des trois organisations ayant fusionné :

– à travers le sigle GP, on retrouve le nationalisme libéral-démocrate de Pasquale Paoli qui s’incarne dans le concept de communauté de destin (est corse quiconque adhère aux valeurs de la Corse, peu importe son origine, sa couleur de peau ou son lieu de naissance, même Paris oui oui), la lutte contre la corruption, contre l’emprise mafieuse, l’idée d’une république démocratique basée sur le suffrage universel, une forme de laïcité/sécularisme, l’égalité hommes-femmes etc.

  • à travers le sigle PCS, on retrouve l’anti-impérialisme révolutionnaire teinté de socialisme (dont la scientificité est incertaine mais qui puise son inspiration dans le PCC de Mao, le FNL de Ho Chi Minh, l’ETA de Argala, l’IRA de Connolly et le FLN de Ben Bella et Boumédiène ainsi que chez Kadhafi) que l’on retrouve dans la rhétorique anti-colonialiste, la lutte contre l’OTAN (avec notamment l’attaque de la base aérienne de Solenzara) la solidarité internationaliste, l’organisation du Syndicat des Travailleurs Corses (STC), ce que le FLNC appelle triptyque de la lutte de libération nationale : lutte armée, lutte institutionnelle (participation aux élections), lutte de masse (syndicalisme, militantisme des associations). Même si le principe de mise en communs des moyens de production va être abandonné par le FLNC dans les années 1980 avec la parution du Livre Blanc pour la Corse, on retrouvera d’autres organisations minoritaires issues du FLNC qui reprendront le flambeau de “la question sociale”, notamment l’Accolta naziunale corsa fondée en 1989 par Pierrot Poggioli2, Armata Corsa fondée en 1999 par François Santoni et Jean-Michel Rossi3 ou plus récemment Core in Fronte fondé en 2018 par Paul-Félix Bénédetti4.
  • À travers le sigle FPCL, on retrouve l’univers du maquis, du village, de la ruralité corse : il s’agit à la fois d’un objet à défendre (la nature corse, ses plages, sa montagne, son agriculture, la structure villageoise et familiale menacée par le colonialisme français), d’un lieu de militantisme (on s’y réfugie lorsqu’on est recherchés, on s’y entraine, il y’a des manifestations, des actions armées notamment contre les résidences secondaires) et d’un vivier de recrutement

Mais il serait eronné de faire une histoire uniquement des “minorités agissantes”, une histoire purement militaire-partidaire : le FLNC est aussi le produit des luttes de masse des années 60-70 notamment contre la pollution aux boues rouges des côtes corses par la société italienne Montedison. En fait, il s’agit de l’ébauche du cocktail effrayant l’Etat français : lorsque les manifestations de masse contre les boues rouges en 1973 rejoignent le sabotage d’un bateau de la Montedison revendiqué par le FPCL.

Il serait fastidieux de rentrer plus dans les détails de l’histoire du FLNC mais on peut citer quelques repères chronologiques et un bilan :

Le FLNC est clairement dans une idéologie anti-impérialiste révolutionnaire à sa fondation puis dans les années 1980 on voit naitre la dérive du réformisme armé dans sa direction : même si François Santoni, dirigeant du FLNC pour la Haute-Corse à ce moment-là, est loin d’être exempt de tout reproche, il accuse nommément Alain Orsoni (dont le frère Guy Orsoni avait été assassiné par la structure FRANCIA, proche du SAC et équivalent du GAL au Pays Basque, réunissant bandits corso-marseillais et italiens pour assassiner des nationalistes corses avec le soutien de l’Etat français), alors dirigeant du FLNC pour la Corse du Sud, de “dérive mafieuse”. C’est là qu’éclate la scission entre Canal Habituel dirigé par Orsoni (branche légale : MPA) et Canal Historique dirigé par Santoni (branche légale : Cuncolta Naziunalista, qui était la branche légale du FLNC unifié). Clairement, entre ses deux branches, joue beaucoup une guerre d’égo et une rivalité commerciale pour le contrôle de l’impot révolutionnaire (le racket des entreprises opérant en Corse) ainsi qu’autres activités lucratives finançant le FLNC (notamment une société de sécurité). Ces rivalités ont été amplifié par les réseaux Pasqua et le crime organisé afin de saboter la lutte de libération nationale du peuple corse. On peut voir aussi que plusieurs illustres fondateurs du FLNC idéologiquement “à gauche” étaient en prison lorsque Santoni et Orsoni, tous deux issus de l’extrême-droite estudiantine (GUD) lors de leurs études sur le continent. Le documentaire “La Mafia et la République” évoque alors à l’aurée des années 2000 l’existence d’un plan secret impliquant nationalistes dévoyés, bandits corses, élus locaux et affairistes divers afin de faire de l’Accord de Matignon négocié avec Jospin la plateforme légale pour faire de la Corse un paradis fiscal ultra-libéral. L’accord de Matignon échoue finalement. Attention aussi aux théories complotistes émanant de la sphère souverainiste française (Asselineau, Pôle, Kuzmanovic, Chevenement, Philippot..) qui ont une vision monolithique du nationalisme périphérique en Europe comme étant nécessairement un complot de l’Union Europénne (sous-entendu pour le Pôle unilatéralement un ennemi des travailleurs alors que la réalité est bien plus subtile nous l’avons vu).

Cette dérive opportuniste sanglante n’enlève pas les grandes réussites du FLNC : il a réussi à bâtir un mouvement nationaliste capable d’emporter les élections (aucun parti nationaliste corse ne se présentait aux élections avant 1976), il a fait pression sur l’Etat pour obtenir un statut de communauté territoriale unique, pour faire ré-ouvrir l’Université de Corte fermée par la France en 1769 lors de l’annexion, il a généré un mouvement d’intérêt pour la langue, pour les traditions, il a protégé le littoral de la bétonisation excessive (c’est grâce aux actions du FLNC si aujourd’hui la Corse n’est pas Ibiza), il a combattu l’impérialisme et s’est inscrit dans un mouvement internationaliste incarné par les Ghjurnate Internaziunali de Corti, les journées internationales de Corte qui réunissent chaque année des mouvements de libération nationale de nombreux pays dont les Basques, Catalans, Sardes, Irlandais, Galiciens, Bretons, Alsaciens, Kanaks et j’en passe, dont des mouvements critiquables sur la légitimité de leur séparatisme (Kabyles et Kurdes).

Dans les années 2000 est formé le FLNC-Union des Combattants, organisation majoritaire issue des Historiques et Habituels, qui commet de nombreux attentats jusqu’à ce qu’elle annonce déposer les armes en 2014. Le FLNC du 22 Octobre, plus petit et se voulant plus radical idéologiquement, déclare une trêve tactique en 2015 lorsque les nationalistes remportent les élections. Le FLNC du 22 Octobre a repris les armes en 2020 en dynamitant la villa illégale de Pierre Ferracci, affairiste corse proche d’Emmanuel Macron.

En tant que communistes il est clair qu’il faut être critique de tout aventurisme, de tout réformisme armé, de toute complaisance avec le crime organisé. Cela dit, ce serait nier le réel que de faire l’impasse sur les réussites du FLNC et sur la façon dont il a transformé la situation politique corse. Aujourd’hui, on ne peut militer comme communiste en Corse en faisant abstraction du fait national, on ne peut se positionner vis à vis de la Corse en tant que communiste en niant cette réalité incontournable. C’est impossible.

Dans ma conclusion, je montrerai donc par rapport à la définition de Staline en quoi la Corse est une nation subissant une forme d’oppression par la France que le discours nationaliste corse considère comme du colonialisme (je n’ai pas trouvé de définition d’une colonie par Lénine en ce sens je ne peux me baser dessus pour la commenter mais je pense qu’on peut accepter qu’il s’agit d’une forme de colonialisme certes pas exactement similaire à l’Algérie, aux DOM-TOM actuels, à l’Indochine, à l’AOF, à l’AEF, aux protectorats du Maroc, de la Tunisie, de la Syrie, du Liban..chacun de ces territoires a ses spécifités, ils n’en subissent ou subissaient pas moins une oppression de type coloniale) et comment en conséquence, les communistes doivent se positionner sur l’île et sur le continent.

Conclusion et position vis à vis de la situation actuelle

depuis la prise de pouvoir des nationalistes corses en 2015 :

[précision du 23 août 2022 : le passage est conservé intact dans un but d’archivage mais je suis en désaccord profond désormais avec la Ghjuventu « Comunista » comme avec le reste des dissidents du MJ »C »F, on reviendra prochainement sur la dérive intersectionnelle sectaire anti-parti de la J »C » Lyon, de l’U »J »C (jeunesse du PCRF), de la J »C » Strasbourg, à laquelle la J »C » Aix-Marseille s’oppose simplement sur des dérives les plus stupides et scandaleuses mais pas tant sur le fond du problème : le sectarisme et la permissivité aux idéologies féministe et LGBT, y compris sous leur forme intersectionnelle. Leur revue/collectif Ligne Rouge est une impasse complète : sans intérêt théorique, de très faible niveau et totalement aligné sur le KKE. Ils ne proposent rien mais refusent de rejoindre le PCRF par égo, par volonté de diriger, par esprit de secte, par jeunisme, toutes ces caractéristique qu’on retrouve chez les autres JC dissidentes, à croire que c’est les pitchoun seuls qui vont faire la révolution du haut de leurs 3 ans d’expérience (au mieux !), bref une révolte adolescente de gamins attardés. Pour ce qui est de la JC Saint-Etienne et la JC Nice, nous avons également des désaccords (engagement antifa inter-classiste à Saint Etienne et à Nice, deux cadres de la JC Sainté ont rejoint le PCRF, ce qui est une bonne chose, Front Populaire Etudiant-cartel d’orgas à Nice, Nice conserve un pied dans le MJCF, un pied en dehors, et ne fait pas les campagnes du MJCF mais reste une orga autonome refusant de s’associer au PCRF) mais je reste dans l’expectative respectueuse pour le moment. En tous cas, il n’y’a plus aucun enthousiasme de ma part.

Pour en revenir à la Ghjuventu « Comunista », ils ont rejeté la Ghjuventu Independentista et Core in Fronte qui constituent l’avant-garde révolutionnaire en Corse. je l’ai toujours pensé. Lorsque j’ai appris l’existence de la GC, je leur ai conseillé de fusionner avec eux, ça a été refusé. Pour cette brochure à destination du PCRF, j’ai bien sûr mis de l’eau dans mon vin. D’ailleurs, mon activisme a porté ses fruits puisque cet article que j’ai quasi-intégralement publié et dont je publierais ma version originale prochainement a été publiée par eux à 90% (et sans que les modifications n’entachent vraiment le texte) et je les en remercie : https://www.pcrf-ic.fr/Corse-declaration-du-PCRF

Bref la GC a décidé après un tournant de plus en plus sociétal LGBT de créer avec les post-trotskistes de A Manca, un « réseau socialiste corse » où chacun garderait ses spécificités mais avancerait ensemble des revendications comme le délire LGBT notamment bon tout est dit c’est sans espoir : la GI et CiF militant contre l’économie des monopoles auprès du peuple au quotidien, la GC et AM sont des groupuscules qui se complaisent dans la posture et le sociétal. Sans intérêt, désormais le soutien de la Sartan Roujo ira prioritairement à Core in Fronte et à la Ghjuventu Independentista (avec comme ligne l’unité du mouvement national et son orientation anti-impérialiste et anti-capitaliste la plus affirmée possible donc une sympathie aussi pour Corsica Libera et notamment sa Ghjuventu Libera qui avance vraiment dans le bon sens, bien sûr n’oublions pas la Ghjuventu Paolina et j’en oublie, marginaliser bien sûr Femu a Corsica et sa ligne libérale-centriste-européïste qui vaut à Simeoni le surnom peu glorieux de « Macron corse » certes mais sans l’attaquer bêtement comme un gauchiste, en reconnaissant que Simeoni était là pour Yvan dans la rue devant la préfecture d’Aiacciu, en étant dans la critique constructive et non l’affrontement : l’ennemi reste pour le moment le colonialisme français et ses laquais locaux, ce que pour le moment n’est pas Siméoni et puis énorme respect aussi à son père, le Gandhi corse, malgré toutes les critiques qu’on peut lui adresser, il a joué un rôle de père du nationalisme moderne, deuxième père de la Corse après U Babbu, Pasquale Paoli. Même si Gilles ne vaut pas Edmond, il n’est pas pour le moment un ennemi de la nation corse.]

« La nation est une communauté stable, historiquement constituée, de langue, de territoire, de vie économique et de formation psychique, qui se traduit dans la communauté de culture. », c’est ainsi que Joseph Staline définit la nation dans Le marxisme et la question nationale (article publié pour la première fois en 1913 sous la signature K. Staline dans les numéros 3-5 de la revue bolchévik Prosvechtchénié, sous le titre : « La question nationale et la social-démocratie »). Retrouve-t-on ces critères pour la Corse ?

Au niveau de la stabilité, il s’agit d’une île clairement délimitée, qui est connu sous le nom de Corse depuis le Moyen-Âge et identifiée dès l’Antiquité sous le nom de « Kallisté ». Elle est historiquement constituée et possède une formation psychique commune (une conscience nationale) depuis le bas Moyen-Âge avec notamment la révolte de Sampieru Corsu contre la domination gênoise. L’instauration d’un royaume indépendant puis d’une république démocratique constitutionnelle modèle des intellectuels les plus avancés de l’époque est un critère indéniable. Cet Etat était stable, fonctionnait. Il n’a pas été abattu que par la supériorité en hommes et en équipement des troupes françaises.

La stabilité du territoire corse est aussi manifeste dans l’échec total de la séparation de l’île en deux départements : Haute-Corse et Corse-du-Sud qui ne correspondent à rien si ce n’est la division en deux d’une nation (les impérialistes français ont très vite abandonner l’idée de leur donner le nom des fleuves Golo et Limonte). La fondation d’une communauté territoriale unique de Corse le 1er janvier 2018 a acté encore une fois de l’unité nationale corse en unissant la collectivité à statut unique de Corse qui avait été fondée en 1982 (encore une fois les impérialistes avaient lâché du lest face aux succès militaires, électoraux et syndicaux [lutte de masse] du FLNC) et les conseils départementaux de Haute-Corse et de Corse-du-Sud. Bien sûr, il existe des régions en Corse : la Balagne, le Niolu, le Taravo (ou Talavu) et bien d’autres encore comme dans chaque nation. Ce sera au peuple corse de décider de la structuration interne et du découpage administratif qu’il désire voir appliquer dans sa nation.

Concernant la langue, c’est une des « langues régionales » les plus parlées en pourcentage de la population avec près de 130 000 locuteurs en 2021, soit 40% de la population, selon le site d’information LCI. Ce chiffre désigne probablement les locuteurs courants du corse mais il ne faut pas oublier que le français parlé par les corses est un français mâtiné d’un accent et d’expression qui sont issus du corse. On peut clairement parler de « corsais » ou de « francorse ». Qui plus est aucun communiste ne niera la nécessité d’un Parti Communiste de Suisse organisée à l’échelle de la Confédération hélvétique. Or ce pays compte 4 langues officielles, parmi lesquelles 3 sont largement majoritaires dans une ou plusieurs régions. J’anticipe certains commentaires arguant éventuellement du fait que les corses « parleraient plus le français que le corse » et que donc ce ne serait pas une nation, en montrant par l’absurde que la Suisse est bel et bien une nation. La définition de Staline doit être suivie avec parcimonie.

En ce qui concerne la communauté de culture, elle est indéniable, de par l’existence d’une culture corse, d’une scène musicale, poétique, théâtrale, cinématographique, littéraire en langue corse et/ou typique de l’île.

Concernant la vie économique, elle a sa cohérence à l’échelle de l’île et elle est bien distincte de la vie économique sans être totalement indépendante bien entendu, une colonie n’est par définition jamais indépendante de sa métropole avant l’auto-détermination.

Enfin la construction psychique commune est indéniable de par la conscience d’être corse et non « pinzutu » (terme péjoratif désignant le continental, plus spécifiquement le parisien et son « accent pointu » également identifié en Prouvènço).

Le raz-de-marée électoral des nationalistes à toutes les élections depuis 2015 avec des scores toujours plus conséquentes est le signe d’une conscience nationale aigue, engagée soit en direction de l’autonomisme (listes Femu a Corsica et Partitu di a Nazione Corsica) soit en direction de l’indépendantisme (listes Corsica Libera et Core in Fronte). Aujourd’hui, il n’existe quasiment plus dégun sur la scène politique corse pour nier totalement le fait national corse.

Les seuls à le faire sont le Rassemblement National (ex-FN de Le Pen) qui ont fait 4% aux territoriales de 2021, n’obtenant aucun élu ou peut être certains. Il est intéressant de voir que les souverainistes prônant la suppression du statut spécifique de la Corse (Asselineau, Philippot, Dupont-Aignan, Chevènement) ne parviennent pas à presenter de listes aux territoriales. Le PCF est divisé : d’un côté, ils ont nommé leur liste aux territoriales en langue corse “Campà megliu in Corsica” (“vivre mieux en Corse”), d’un autre côté, dans la tradition de Dominique Bucchini, le patriarche du PCF à Sartè (Sartène), qui a survécu à plusieurs tentatives d’assassinat et a été président de l’Assemblée de Corse de 2010 à 2015, ils s’opposent vigoureusement aux nationalistes qu’ils assimilent à des bourgeois et des bandits. Il y’a aussi la concurrence historique entre la CGT, présente sur l’île et bien entendu liée au parti, et la STC, le Syndicat des Travailleurs Corses, fondée par le FLNC le 1er mai 1984, dans le cadre de sa stratégie en triptyque : lutte armée, lutte institutionnelle (victoire aux élections) et lutte de masse à travers le syndicat et les associations culturelles.

Les militants du PCF ont très peu apprécié que Mélenchon désavoue leur liste “Corse insoumise” formée en 2017 et que celui-ci se réjouisse de la victoire des nationalistes qu’il a associé à une “victoire du dégagisme” (son concept de “dégager” les élus corrompus et “néo-libéraux” selon sa rhétorique), rompant avec les positions jusque là plutôt centralistes-parisiennes qui avaient été incarnées au sein du Parti de Gauche et de la FI par Alexis Corbière. Le MJCF de Corse du Sud basé à Aiacciu (Ajaccio) directement lié au PCF maintient cette idée : la Corse ne connaitra le progrès social que au sein de la République française, tandis que la Ghjùventu Comunista de Haute-Corse, basée à Bastia, qui a rejoint la lignes des Jeunesses Communistes “dissidentes”, à savoir les Jeunes Communistes de Lyon, du Bas-Rhin et des Bouches du Rhône (ligne partagée également par les Jeunes Communistes de la Loire et des Alpes Maritimes avec des tactiques locales différentes, par exemple la JC 06 entretient de bonnes relations avec le PCF de Nice et entend pour le moment les conserver), bref la GC a quant à elle optée pour une ligne d’indépendantisme socialiste, sans pour le moment chercher à se rapprocher des nationalistes mais soutenant par exemple Jean-Pierre Santini lorsqu’il fut emprisonné sans preuve par l’Etat français en 2020. Elle semble rejeter à la fois le révisionnisme du PCF et le caractère bourgeois des principaux partis nationalistes, ainsi que le trotskisme de A Manca, organisation revendiquant “l’auto-détermination et le socialisme autogestionnaire”, qui a été de 2009 à 2013, la section du NPA sur l’île.

Que ce soit l’ancien élu PS, Simon Renucci, qui se présente désormais comme autonomiste avec son mouvement Corse Social-Démocrate, la section corse de la formation réformiste Ensemble de Clémentine Autain qui se nomme A Manca Alternativa (la gauche alternative) ou même le vieux radical de gauche Giaccobi, un des symboles du clanisme pro-français, qui déclarait dès 2011 : “si j’habitais à Portu Vecchiu, j’aurais voté pour le nationaliste Angelini”, ces évolutions montrent bien que les candidats de la bourgeoisie française sur l’île sont obligés de faire évoluer leur discours pour s’adapter à la vague nationaliste, alors que des années 70 aux années 2000, ils dénoncaient comme “terroristes et mafieux” les nationalistes (alors que eux même trempaient dans toutes sortes de corruption et banditisme : Giaccobi a notamment été condamné en 2018 à 3 ans de prison avec sursis, 5 ans d’inéligibilité et 25 000 euros d’amendes pour détournement de fonds publics).

Dès lors, je pense que les militants communistes hexagonaux doivent soutenir le droit à l’auto-détermination du peuple corse car la nation corse est constituée, définie scientifiquement et que les communistes reconnaissent le droit à chaque nation de se séparer ou de s’unir avec une autre, que ce soit sous le capitalisme ou le socialisme. Il faut travailler avec la Ghjuventù Comunista ainsi que toutes les forces éparses qui peuvent s’inscrire dans la perspective d’une reconstruction communiste en Corse, c’est à dire à la fois des gens issus de la sphère PCF-CGT comme c’est le cas de la GC mais aussi des membres du mouvement nationaliste qui ont développé des analyses basées sur le marxisme-léninisme comme Jean-Pierre Santini, comme Scelta Para. A Manca étant d’origine trotskiste (bien que ne se revendiquant pas de cette étiquette), il y’a bien sûr une méfiance envers eux à avoir mais il peut sans doute y’avoir une certaine unité d’action sur des luttes patriotiques, anti-impérialistes et syndicales. Un travail de soutien aux prisonniers nationalistes corses (comme basques, catalans ou autres) est également une tâche qui incombe au Secours Rouge Internationale à reconstruire.

Comme en Hexagone, il ne faut pas avoir trop d’attente dans le travail en direction des militants de base du PCF, même si je ne dis pas qu’il faut couper tout lien avec ceux-ci, je dirais même qu’en Corse, il faut d’autant plus se méfier de par la position républicaine-française et donc contre-révolutionnaire du parti. Il ne faut pas négliger les militants nationalistes de base, capables d’être convaincus que seule une révolution socialiste permettra l’indépendance de l’île, au profit de militants PCF-CGT dont la potentialité qu’ils adoptent une position marxiste-léniniste faisant de la dictature du prolétariat leur programme n’est pas plus importante que celles que de nombreux militants nationaliste en fassent ainsi.

Le travail à mener est donc subtil. Il nécessite de la patience, de la minutie, développer une structure spécifiquement marxiste-léniniste et indépendantiste, tout en développant une unité d’action avec les forces patriotiques développant un contenu syndicaliste-prolétarien et anti-impérialiste, même si il est limité.

J’ai foi en les camarades corses. Vive le droit à l’auto-détermination du peuple corse ! Vive le communisme !

1figure du nationalisme corse modéré, se revendiquant de Gandhi, Luther King et Mandela, décédé en 2018, il fonde avec son frère Max Siméoni, l’Union du Peuple Corse en 1977, à l’origine de la fédération Régions & Peuples Solidaires alliée du parti Les Verts ; l’UPC est fondue en 2002 dans le Parti de la Nation Corse qui a obtenu 7 élus à l’Assemblée de Corse en 2021 et un député à l’Assemblée de France, tandis que son fils Gilles Siméoni, avocat de Yvan Colonna, est président du Conseil Exécutif de la Corse depuis 2015 avec son parti Femu a Corsica qui possède la majorité absolue à l’Assemblée ainsi que 2 députés à l’Assemblée de France, un sénateur et un député européen

2 L’ANC est une scission du FLNC de 1989, déposant les armes pour se focaliser sur les luttes sociales, “refusant tous les monopoles, y compris corses, et revendiquant une juste répartition des richesses”. L’ANC fonde en 2005 le Front Populaire, avec le Partitu Socialistu pà l’Indipendenza, absorbé en 2009 dans Corsica Libera, le parti de Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse de 2015 à 2021.

3Armata Corsa est une scission du FLNC-Canal Historique en 1999. Il s’agit de l’alliance de François Santoni (ancien dirigeant ayant coopéré avec le crime organisé avant de rompre avec lui) et Jean-Michel Rossi (souvent présenté dans la presse comme marxiste). Une quinzaine de ses membres sera méthodiquement assassinée dont ses deux dirigeants au début des années 2000. Pour beaucoup, il y’a eu entente du crime organisé, du dirigeant du FLNC-UdC, Charles Pieri, et de l’Etat français afin de détruire cette organisation. Lorsqu’on lit les documents de sa branche légale, Presenzia Naziunale difficile d’y voir un discours marxiste, toujours est-il que leur disparition tragique en font pour beaucoup des martyres de la dérive mafieuse du FLNC, ayant voulu défendre une intégrité révolutionnaire, là où d’autres y verront un réglement de compte entre bandes rivales.

4 Core in Fronte est un parti fondé en 2018 à partir du Rinnovu, lui-même fondé en 1998 comme compagnon de route des militants clandestins tout en se positionnant de gauche. CiF possède 6 élus à l’Assemblée de Corse. I. Ses militants subissent toujours aujourd’hui une forte répression, y compris, son porte-parole Paul-Félix Benedetti condamné en 2021 à 6500 euros pour refus de se soumettre à un fichage de son ADN.

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