Vive le Parti Communiste des Gilets Jaunes

Pour le moment, le PCGJ n’est pas une réalité concrète, c’est une proposition, la plus avancée que la Sartan Roujo ait pu produire à ce jour.

Nous verrons dans les temps qui suivent si un parti existant comme le Parti Communiste Révolutionnaire de France évolue dans cette direction. Ou bien si ce parti peut être créé ex-nihilo. En tous cas, c’est un espoir, une voie à suivre.

Le visuel suivant très esthétique a été créé afin d’être diffusé sur Facebook.

Vive le droit à l’auto-détermination du peuple corse ! A bas l’impérialisme français !

Cet article vise à présenter aux militants communistes d’Hexagone les raisons pour lesquelles, selon moi, les communistes militant dans l’Etat français doivent soutenir le droit à l’auto-détermination du peuple corse.

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« Il est encore en Europe un pays capable de législation : c’est l’île de Corse. La valeur et la constance avec laquelle ce brave peuple a su recouvrer et défendre sa liberté, mériterait bien que quelque homme sage lui apprît à la conserver. J’ai quelque pressentiment qu’un jour cette île étonnera l’Europe », Jean-Jacques Rousseau, Le Contrat Social, 1762

Introduction

« Peut-on qualifier autrement que de colonial le fait d’acheter à Gênes un Pays indépendant, de s’imposer par la force, de réprimer férocement pendant quarante ans ? D’instaurer en 1812 , sur une terre pourtant française, un régime douanier qui taxe les produits corses à l’exportation et détaxe les produits français arrivant dans l’ile, condamnant notre faible économie à la mort ? N’est-ce pas dans une colonie lorsque, après la boucherie de 1914, où les Corses on fait montre de courage, de loyauté, de fidélité que l’Etat a organisé et prolongé la saignée par un exil organisé des Corses pour la fonction publique métropolitaine et coloniale, le territoire insulaire étant laissé à l’abandon, en déshérence ? Ne sont-ils pas coloniaux, les discriminations de la Loi Deixonne ? et le Hudson Institute ? Et Le Schéma d’Aménagement de la Corse en 1972 qui prévoyait la main basse sur les terres agricoles et les ressources touristiques ? et les Boues Rouges ? et Aleria – élément fondateur de la révolte corse contemporaine- ? Et la naissance du FLNC en qui était inévitable même si je ne partageais pas ce choix ? Et les polices parallèles de Francia ? et le soutien constant au système claniste, anti-démocratique qui s’est discrédité, nous a ruinés moralement, en toute impunité, dans un système de fraudes électorales, de non-droit, de corruption, de clientélisme » interview d’Edmond Simeoni par Constant Sbraggia dans le magazine In Corsica du 29/05/2016

« La France est un pays ami », Jean-Guy Talamoni, alors président de l’Assemblée de Corse, au micro de France Info le 18/01/2016

I) Une île à l’histoire et à la culture singulière, première république démocratique constitutionnelle de l’Histoire de l’humanité (du Néolithique à 1769)

La Corse est une île de Méditerannée. Cette phrase parait superflue tant elle est évidente et pourtant cette insularité et cette méditerannéïté de la Corse est déterminante dans son histoire. L’insularité joue un grand rôle dans la singularité corse et l’échec de toute tentative d’assimilation par l’Etat français. La Corse a été, reste et demeurera une nation à part entière en dépit des invasions étrangères.

Peuplée dès le Néolithique, l’île connait différents processus d’invasion et de migrations (Etrusques, Ibères, Ligures, Berbères antiques aussi appellés Libyques, Grecs, Romains, Vandales, Byzantins, Lombards, Arabo-Musulmans, Pisans, Aragonais et enfin les Gênois qui administrent l’île jusqu’à la proclamation de la République de Corse en 1755).

Ces multiples tutelles étrangères n’empêchent pas, bien au contraire (le métissage étant à l’origine de la fondation des nations), la constitution d’une identité corse attestée dès le Moyen-Âge qui se manifeste dans de nombreuses révoltes au contenu à la fois social et indépendantiste. On peut citer en exemple la révolte anti-seigneuriale lancée en 1357 par Sambucucciu d’Alandu qui aboutit à la fondation de la Terra di U Cumunu, c’est à dire une mise en commun des terres du centre de la Corse, ainsi que les révoltes de 1553 et 1564 menées par le célèbre général Sampieru Corsu.

Ces processus qui ont connu l’échec forment le terreau pour la fondation d’un Etat corse indépendant. En 1630, la Corse est reconnue comme un royaume sous la tutelle de la République de Gênes, qui est renversée lors de la Révolution corse de 1729-1734. Cette dernière aboutit sur l’élection en 1736 du roi de Corse, Théodore Neuhoff, qui proclame une monarchie constitutionnelle sur le modèle anglais. Cette dernière est renversée en 1755 lors de la proclamation de la République corse, première république démocratique constitutionnelle de l’histoire de l’humanité. Les élections parlementaires se font au suffrage universel direct, étendu à tous les hommes âgés de plus de 25 ans et toutes les femmes veuves. En 1763, la République corse frappe sa propre monnaie. En 1765 est fondée l’Université de Corti (ou Corte) fermée par les français en 1769 et ré-ouverte seulement en 1982 suite aux actions militaires du FLNC (Front de Libération Nationale de la Corse) et des luttes de masse qu’il a impulsé.

Bien entendu cette affirmation nationale-démocratique révolutionnaire ne pouvait que suciter l’hostilité des grandes familles aristocratiques qui gouvernaient alors l’Europe féodale-moderne, en premier lieu les Bourbons qui régnaient sur les Royaumes de France et d’Espagne. En 1768 est conclus le Traité de Versailles par lequel la France « achète la Corse » à la République de Gênes. De quel droit peut-on acheter un territoire et les habitants qui y résident comme si il s’agissait d’un bifteck ? Face à l’invasion française du Cap Corse en août 1768, l’armée corse riposte et bat l’armée française à Borgu (Borgo) le 10 octobre 1768. Louis XV décide alors de l’envoi d’un corps expéditionnaire de 22 000 hommes (ce qui est énorme sachant que la population corse ne dépassait alors pas les 130 000 habitants) qui bat l’armée corse à Ponte Novu le 9 mai 1769. Dans les mois qui suivent, les places fortes de la montagne du centre du pays sont conquises par les français et Pasquale Paoli s’exile en Angleterre.

II) L’ordre colonial s’impose en Corse : répression sanglante, misère et sous-développement (1769-1962), tandis que le nationalisme corse connait sa deuxième vague dans les années 1900-1945

La répression française va alors être terrible : de nombreuses révoltes sont écrasées dans le sang. Les français mettent en place un système douanier injuste, taxant très faiblement les produits sortant de Corse et très fortement ceux entrant en Corse, ce qui causent des prix très élevés pour la plupart des denrées. Les français vont alors s’appuyer sur les clans, les grandes familles aristocratiques ayant une tradition d’emprise violente de type féodale-criminelle (comparable à la mafia en Italie), les clans au XXème siècle se tourneront à la fois vers le trafic de drogue international (French Connection) et vers la participation électorale. Ainsi on retrouve le père le fils voire le petit fils élus de génération en génération chez les Rocca-Serra (RPR-UMP-LR), Giaccobi (Parti Radical), Zuccarelli (PS puis Radicaux), Marcangeli (Comité Central Bonapartiste, parti qui a collaboré avec l’occupant italien, faisant même acclamé publiquement Mussolini et qui pourtant existe toujours, possédant actuellement la mairie d’Aiacciu [Ajaccio] en alliance avec la droite française). Ce sont eux qui ont fait voté les morts, anecdote relayée dans les médias français et associée au nationalisme, alors que ce sont précisément ces clans mafieux soutenus par la France qui ont inscris des personnes décédés sur les listes électorales et ont fait comptabilisé « leur vote », politique que les nationalistes ont toujours combattu.

L’Etat français laisse la Corse dans le sous-développement. Il n’y’a aucune industrie, aucune agriculture productiviste. Il y’a simplement des bergers, quelques activités de subsistance et beaucoup d’exil : vers l’Amérique (notamment latine) et vers le continent. Beaucoup de corses sont également recrutés dans l’appareil colonial français. Perpétuant les liens de la diaspora, ces réseaux disséminés entre Dakar, Tanger, Saïgon, Shanghaï, Beyrouth et Marseille seront indispensables pour les activités de contrebande, prositution (la « traite des blanches ») et de trafic d’héroïne que metteront en place les bandits corses installés sur le continent (Carbone et Spirito liés au PPF de Sabiani, les frères Guérini liés à la SFIO de Deferre, Marcel Francisi lié aux Gaullistes, Jo Renucci lié aux Radicaux) et à partir des années 1970, les organisations criminelles de l’île (clan Jean-Jé Colonna, Brise de Mer, Petit Bar, Bergers-Braqueurs de Venzolasca) qui elles aussi ont pactisé avec l’Etat contre le nationalisme.

Voilà donc les options que laissaient l’Etat français au peuple corse : vivre dans la misère, mourir dans la boucherie de 14-18, devenir un bandit ou bien s’assimiler pour devenir un colon comme les autres (fonctionnaire de l’Empire ou propriétaire terrien en Algérie par exemple) et commettre des crimes pour le compte des monopoles français, Charles Pasqua incarnant à la perfection la synthèse entre assimilationnisme (allant jusqu’à se présenter comme souverainiste français) et liens indéfectibles avec la pègre corse.

Bien sûr, la langue corse restait encore la langue la plus parlée en Corse (comme d’ailleurs les dites langues « régionales » en Hexagone). Les conditions de l’oppression coloniale et la persistance d’une culture distincte menèrent au développement du nationalisme corse, sous la forme de revues culturelles mais ayant également des revendications politiques. Ainsi en 1914, la revue A Cispra affirme : « La Corse n’est pas un département français. C’est une nation qui a été conquise et qui renaîtra ». On peut alors parler de deuxième vague du nationalisme corse, après la première vague ayant abouti à la constitution de la République de 1755-1769, puis la troisième menée par le FLNC à partir de 1976 (sur la base d’une agitation qui débute après 1962). On pourrait parler de quatrième vague ou plutôt de quatrième étape à partir de la victoire électorale des nationalistes en 2015.

Malheureusement, le Partitu Corsu d’Azione, fondé en 1923 par Petru Rocca, en écho au Parti Sarde d’Action créé deux ans plus tôt, fera le choix de la collaboration avec l’occupant (italien en Corse à partir de 1942) au même titres que le Parti National Breton, le Parti Alsacien ouvrier et paysan (dont les deux fondateurs sont d’anciens élus du PC-SFIC, Jean-Pierre Mourer et Charles Hueber, membre du comité central du parti, exclus pour avoir maintenu la ligne autonomiste alsacienne abandonnée par le PC en 1934 et s’étant positionné d’abord comme boukhariniens avant d’évoluer vers le nazisme), le Parti Alsacien-Lorrain ou encore l’Union Flamande de France. L’évolution désastreuse de cette vague d’indépendantistes des années 1910-1920, qui ont cru pouvoir obtenir leur souveraineté nationale dans le cadre de la « Nouvelle Europe » d’Adolf Hitler, a donné une très mauvaise image du « régionalisme » auprès de nombreux communistes. Pourtant, il faut savoir que parmi les résistants au nazisme, nombre de combattants parlaient la « langue régionale » (notamment Georges Guingouin le limousin, langue d’Oc) et certains avaient même des revendications politiques, ainsi le dirigeant communiste Marcel Cachin, très actif dans le mouvement breton, fût le premier homme politique de France à déposer un projet de loi sur l’enseignement d’une langue régionale, en l’occurence le breton en 1947.

Parmi les combattants corses qui ont permis à l’île de se libérer du fascisme sans intervention extérieure, on retrouve le héros communiste Jean Nicoli, qui écrit peu avant son exécution par un peloton fasciste italien le 30 août 1943 : « A mes enfants, Tout à l’heure je partirai. Si vous saviez comme je suis calme, presque heureux de mourir pour la Corse et pour le parti. Ne pleurez-pas, souriez-moi. Soyez fier de votre papa. Il sait que vous pouvez l’être, la tête de Maure et la fleur rouge, c’est le seul deuil que je vous demande. Au seuil de la tombe, je vous dis que la seule idée qui, sur notre pauvre terre, me semble belle, c’est l’idée communiste. Je meurs pour notre Corse et pour mon Parti. »

Le travail de reconstruction marxiste-léniniste que mène notamment la Ghjuventu Comunista dans le nord de la Corse passe par la célébration de la mémoire de Jean Nicoli, qui a su allier défense de la nation corse et engagement communiste.

Bien entendu, le fait que la Corse se soit libérée toute seule, puis sa reconnaissance comme Juste parmi les nations pour n’avoir déportée aucun juif, contribue à la conscience de la singularité corse, de la fierté patriotique et donc de l’idée d’indépendance. Mais, l’élément accélérateur de la deuxième vague de nationalisme corse au XXème siècle est l’effondrement de l’Empire colonial français.

III) Le nationalisme corse contemporain à partir de la victoire du FLN en Algérie en 1962

Lorsque près d’un million de pieds-noirs quittent l’Algérie en 1962 et dans les années qui suivent, l’Etat français les installe un peu partout notamment dans le Sud de l’Hexagone mais aussi en Corse où l’Etat leur octroie les seules terres dédiées à une agriculture productive : la plaine d’Aléria, récemment assainie (il s’agissait jusqu’aux années 1960 d’un gigantesque marécage où le paludisme y était endémique), où l’on cultive toujours aujourd’hui des agrumes.

Ce n’est pas pour rien si l’acte de naissance du FLNC le 22 août 1975 est l’occupation symbolique de la cave d’un viticulteur pied-noir d’Aléria véreux (condamné en novembre 1975 pour escroquerie) par un commando de l’ARC (Action Régionaliste Corse/Azzione per a rinascita di a Corsica), armé de fusils de chasse et mené par le Dr. Edmond Siméoni.1 La médiatisation de l’affaire, la répression disproportionnée décidée par Giscard (un millier de forces de l’ordre environ, équipé de véhicules blindés face à 12 militants de l’ARC), la mort de deux gendarmes tués par l’ARC pousse Edmond Siméoni à se rendre (il sera emprisonné jusqu’en janvier 1977) tandis que le reste du commando prend le maquis. Le 5 mai 1976 est officiellement fondé le FLNC par la fusion du Partitu Corsu pà u Socialismu (dirigé par Jean-Pierre Santini, alors inspiré par le marxisme-léninisme, notamment la pensée de Mao, et futur théoricien du FLNC, rédacteur notamment du Livre Vert en 1977) avec deux organisations armées déjà existantes : le Frontu paesanu corsu di liberazione (FPCL, front paysan ce qui montre l’aspect agrariste que prendra en partie l’idéologie du FLNC, la figure du berger étant cruciale dans le nationalisme corse) et Ghjustizia Paolina (GP en référence à Pasquale Paoli).

On retrouve donc les trois matrices idéologiques du FLNC dans les noms des trois organisations ayant fusionné :

– à travers le sigle GP, on retrouve le nationalisme libéral-démocrate de Pasquale Paoli qui s’incarne dans le concept de communauté de destin (est corse quiconque adhère aux valeurs de la Corse, peu importe son origine, sa couleur de peau ou son lieu de naissance, même Paris oui oui), la lutte contre la corruption, contre l’emprise mafieuse, l’idée d’une république démocratique basée sur le suffrage universel, une forme de laïcité/sécularisme, l’égalité hommes-femmes etc.

  • à travers le sigle PCS, on retrouve l’anti-impérialisme révolutionnaire teinté de socialisme (dont la scientificité est incertaine mais qui puise son inspiration dans le PCC de Mao, le FNL de Ho Chi Minh, l’ETA de Argala, l’IRA de Connolly et le FLN de Ben Bella et Boumédiène ainsi que chez Kadhafi) que l’on retrouve dans la rhétorique anti-colonialiste, la lutte contre l’OTAN (avec notamment l’attaque de la base aérienne de Solenzara) la solidarité internationaliste, l’organisation du Syndicat des Travailleurs Corses (STC), ce que le FLNC appelle triptyque de la lutte de libération nationale : lutte armée, lutte institutionnelle (participation aux élections), lutte de masse (syndicalisme, militantisme des associations). Même si le principe de mise en communs des moyens de production va être abandonné par le FLNC dans les années 1980 avec la parution du Livre Blanc pour la Corse, on retrouvera d’autres organisations minoritaires issues du FLNC qui reprendront le flambeau de “la question sociale”, notamment l’Accolta naziunale corsa fondée en 1989 par Pierrot Poggioli2, Armata Corsa fondée en 1999 par François Santoni et Jean-Michel Rossi3 ou plus récemment Core in Fronte fondé en 2018 par Paul-Félix Bénédetti4.
  • À travers le sigle FPCL, on retrouve l’univers du maquis, du village, de la ruralité corse : il s’agit à la fois d’un objet à défendre (la nature corse, ses plages, sa montagne, son agriculture, la structure villageoise et familiale menacée par le colonialisme français), d’un lieu de militantisme (on s’y réfugie lorsqu’on est recherchés, on s’y entraine, il y’a des manifestations, des actions armées notamment contre les résidences secondaires) et d’un vivier de recrutement

Mais il serait eronné de faire une histoire uniquement des “minorités agissantes”, une histoire purement militaire-partidaire : le FLNC est aussi le produit des luttes de masse des années 60-70 notamment contre la pollution aux boues rouges des côtes corses par la société italienne Montedison. En fait, il s’agit de l’ébauche du cocktail effrayant l’Etat français : lorsque les manifestations de masse contre les boues rouges en 1973 rejoignent le sabotage d’un bateau de la Montedison revendiqué par le FPCL.

Il serait fastidieux de rentrer plus dans les détails de l’histoire du FLNC mais on peut citer quelques repères chronologiques et un bilan :

Le FLNC est clairement dans une idéologie anti-impérialiste révolutionnaire à sa fondation puis dans les années 1980 on voit naitre la dérive du réformisme armé dans sa direction : même si François Santoni, dirigeant du FLNC pour la Haute-Corse à ce moment-là, est loin d’être exempt de tout reproche, il accuse nommément Alain Orsoni (dont le frère Guy Orsoni avait été assassiné par la structure FRANCIA, proche du SAC et équivalent du GAL au Pays Basque, réunissant bandits corso-marseillais et italiens pour assassiner des nationalistes corses avec le soutien de l’Etat français), alors dirigeant du FLNC pour la Corse du Sud, de “dérive mafieuse”. C’est là qu’éclate la scission entre Canal Habituel dirigé par Orsoni (branche légale : MPA) et Canal Historique dirigé par Santoni (branche légale : Cuncolta Naziunalista, qui était la branche légale du FLNC unifié). Clairement, entre ses deux branches, joue beaucoup une guerre d’égo et une rivalité commerciale pour le contrôle de l’impot révolutionnaire (le racket des entreprises opérant en Corse) ainsi qu’autres activités lucratives finançant le FLNC (notamment une société de sécurité). Ces rivalités ont été amplifié par les réseaux Pasqua et le crime organisé afin de saboter la lutte de libération nationale du peuple corse. On peut voir aussi que plusieurs illustres fondateurs du FLNC idéologiquement “à gauche” étaient en prison lorsque Santoni et Orsoni, tous deux issus de l’extrême-droite estudiantine (GUD) lors de leurs études sur le continent. Le documentaire “La Mafia et la République” évoque alors à l’aurée des années 2000 l’existence d’un plan secret impliquant nationalistes dévoyés, bandits corses, élus locaux et affairistes divers afin de faire de l’Accord de Matignon négocié avec Jospin la plateforme légale pour faire de la Corse un paradis fiscal ultra-libéral. L’accord de Matignon échoue finalement. Attention aussi aux théories complotistes émanant de la sphère souverainiste française (Asselineau, Pôle, Kuzmanovic, Chevenement, Philippot..) qui ont une vision monolithique du nationalisme périphérique en Europe comme étant nécessairement un complot de l’Union Europénne (sous-entendu pour le Pôle unilatéralement un ennemi des travailleurs alors que la réalité est bien plus subtile nous l’avons vu).

Cette dérive opportuniste sanglante n’enlève pas les grandes réussites du FLNC : il a réussi à bâtir un mouvement nationaliste capable d’emporter les élections (aucun parti nationaliste corse ne se présentait aux élections avant 1976), il a fait pression sur l’Etat pour obtenir un statut de communauté territoriale unique, pour faire ré-ouvrir l’Université de Corte fermée par la France en 1769 lors de l’annexion, il a généré un mouvement d’intérêt pour la langue, pour les traditions, il a protégé le littoral de la bétonisation excessive (c’est grâce aux actions du FLNC si aujourd’hui la Corse n’est pas Ibiza), il a combattu l’impérialisme et s’est inscrit dans un mouvement internationaliste incarné par les Ghjurnate Internaziunali de Corti, les journées internationales de Corte qui réunissent chaque année des mouvements de libération nationale de nombreux pays dont les Basques, Catalans, Sardes, Irlandais, Galiciens, Bretons, Alsaciens, Kanaks et j’en passe, dont des mouvements critiquables sur la légitimité de leur séparatisme (Kabyles et Kurdes).

Dans les années 2000 est formé le FLNC-Union des Combattants, organisation majoritaire issue des Historiques et Habituels, qui commet de nombreux attentats jusqu’à ce qu’elle annonce déposer les armes en 2014. Le FLNC du 22 Octobre, plus petit et se voulant plus radical idéologiquement, déclare une trêve tactique en 2015 lorsque les nationalistes remportent les élections. Le FLNC du 22 Octobre a repris les armes en 2020 en dynamitant la villa illégale de Pierre Ferracci, affairiste corse proche d’Emmanuel Macron.

En tant que communistes il est clair qu’il faut être critique de tout aventurisme, de tout réformisme armé, de toute complaisance avec le crime organisé. Cela dit, ce serait nier le réel que de faire l’impasse sur les réussites du FLNC et sur la façon dont il a transformé la situation politique corse. Aujourd’hui, on ne peut militer comme communiste en Corse en faisant abstraction du fait national, on ne peut se positionner vis à vis de la Corse en tant que communiste en niant cette réalité incontournable. C’est impossible.

Dans ma conclusion, je montrerai donc par rapport à la définition de Staline en quoi la Corse est une nation subissant une forme d’oppression par la France que le discours nationaliste corse considère comme du colonialisme (je n’ai pas trouvé de définition d’une colonie par Lénine en ce sens je ne peux me baser dessus pour la commenter mais je pense qu’on peut accepter qu’il s’agit d’une forme de colonialisme certes pas exactement similaire à l’Algérie, aux DOM-TOM actuels, à l’Indochine, à l’AOF, à l’AEF, aux protectorats du Maroc, de la Tunisie, de la Syrie, du Liban..chacun de ces territoires a ses spécifités, ils n’en subissent ou subissaient pas moins une oppression de type coloniale) et comment en conséquence, les communistes doivent se positionner sur l’île et sur le continent.

Conclusion et position vis à vis de la situation actuelle

depuis la prise de pouvoir des nationalistes corses en 2015 :

[précision du 23 août 2022 : le passage est conservé intact dans un but d’archivage mais je suis en désaccord profond désormais avec la Ghjuventu « Comunista » comme avec le reste des dissidents du MJ »C »F, on reviendra prochainement sur la dérive intersectionnelle sectaire anti-parti de la J »C » Lyon, de l’U »J »C (jeunesse du PCRF), de la J »C » Strasbourg, à laquelle la J »C » Aix-Marseille s’oppose simplement sur des dérives les plus stupides et scandaleuses mais pas tant sur le fond du problème : le sectarisme et la permissivité aux idéologies féministe et LGBT, y compris sous leur forme intersectionnelle. Leur revue/collectif Ligne Rouge est une impasse complète : sans intérêt théorique, de très faible niveau et totalement aligné sur le KKE. Ils ne proposent rien mais refusent de rejoindre le PCRF par égo, par volonté de diriger, par esprit de secte, par jeunisme, toutes ces caractéristique qu’on retrouve chez les autres JC dissidentes, à croire que c’est les pitchoun seuls qui vont faire la révolution du haut de leurs 3 ans d’expérience (au mieux !), bref une révolte adolescente de gamins attardés. Pour ce qui est de la JC Saint-Etienne et la JC Nice, nous avons également des désaccords (engagement antifa inter-classiste à Saint Etienne et à Nice, deux cadres de la JC Sainté ont rejoint le PCRF, ce qui est une bonne chose, Front Populaire Etudiant-cartel d’orgas à Nice, Nice conserve un pied dans le MJCF, un pied en dehors, et ne fait pas les campagnes du MJCF mais reste une orga autonome refusant de s’associer au PCRF) mais je reste dans l’expectative respectueuse pour le moment. En tous cas, il n’y’a plus aucun enthousiasme de ma part.

Pour en revenir à la Ghjuventu « Comunista », ils ont rejeté la Ghjuventu Independentista et Core in Fronte qui constituent l’avant-garde révolutionnaire en Corse. je l’ai toujours pensé. Lorsque j’ai appris l’existence de la GC, je leur ai conseillé de fusionner avec eux, ça a été refusé. Pour cette brochure à destination du PCRF, j’ai bien sûr mis de l’eau dans mon vin. D’ailleurs, mon activisme a porté ses fruits puisque cet article que j’ai quasi-intégralement publié et dont je publierais ma version originale prochainement a été publiée par eux à 90% (et sans que les modifications n’entachent vraiment le texte) et je les en remercie : https://www.pcrf-ic.fr/Corse-declaration-du-PCRF

Bref la GC a décidé après un tournant de plus en plus sociétal LGBT de créer avec les post-trotskistes de A Manca, un « réseau socialiste corse » où chacun garderait ses spécificités mais avancerait ensemble des revendications comme le délire LGBT notamment bon tout est dit c’est sans espoir : la GI et CiF militant contre l’économie des monopoles auprès du peuple au quotidien, la GC et AM sont des groupuscules qui se complaisent dans la posture et le sociétal. Sans intérêt, désormais le soutien de la Sartan Roujo ira prioritairement à Core in Fronte et à la Ghjuventu Independentista (avec comme ligne l’unité du mouvement national et son orientation anti-impérialiste et anti-capitaliste la plus affirmée possible donc une sympathie aussi pour Corsica Libera et notamment sa Ghjuventu Libera qui avance vraiment dans le bon sens, bien sûr n’oublions pas la Ghjuventu Paolina et j’en oublie, marginaliser bien sûr Femu a Corsica et sa ligne libérale-centriste-européïste qui vaut à Simeoni le surnom peu glorieux de « Macron corse » certes mais sans l’attaquer bêtement comme un gauchiste, en reconnaissant que Simeoni était là pour Yvan dans la rue devant la préfecture d’Aiacciu, en étant dans la critique constructive et non l’affrontement : l’ennemi reste pour le moment le colonialisme français et ses laquais locaux, ce que pour le moment n’est pas Siméoni et puis énorme respect aussi à son père, le Gandhi corse, malgré toutes les critiques qu’on peut lui adresser, il a joué un rôle de père du nationalisme moderne, deuxième père de la Corse après U Babbu, Pasquale Paoli. Même si Gilles ne vaut pas Edmond, il n’est pas pour le moment un ennemi de la nation corse.]

« La nation est une communauté stable, historiquement constituée, de langue, de territoire, de vie économique et de formation psychique, qui se traduit dans la communauté de culture. », c’est ainsi que Joseph Staline définit la nation dans Le marxisme et la question nationale (article publié pour la première fois en 1913 sous la signature K. Staline dans les numéros 3-5 de la revue bolchévik Prosvechtchénié, sous le titre : « La question nationale et la social-démocratie »). Retrouve-t-on ces critères pour la Corse ?

Au niveau de la stabilité, il s’agit d’une île clairement délimitée, qui est connu sous le nom de Corse depuis le Moyen-Âge et identifiée dès l’Antiquité sous le nom de « Kallisté ». Elle est historiquement constituée et possède une formation psychique commune (une conscience nationale) depuis le bas Moyen-Âge avec notamment la révolte de Sampieru Corsu contre la domination gênoise. L’instauration d’un royaume indépendant puis d’une république démocratique constitutionnelle modèle des intellectuels les plus avancés de l’époque est un critère indéniable. Cet Etat était stable, fonctionnait. Il n’a pas été abattu que par la supériorité en hommes et en équipement des troupes françaises.

La stabilité du territoire corse est aussi manifeste dans l’échec total de la séparation de l’île en deux départements : Haute-Corse et Corse-du-Sud qui ne correspondent à rien si ce n’est la division en deux d’une nation (les impérialistes français ont très vite abandonner l’idée de leur donner le nom des fleuves Golo et Limonte). La fondation d’une communauté territoriale unique de Corse le 1er janvier 2018 a acté encore une fois de l’unité nationale corse en unissant la collectivité à statut unique de Corse qui avait été fondée en 1982 (encore une fois les impérialistes avaient lâché du lest face aux succès militaires, électoraux et syndicaux [lutte de masse] du FLNC) et les conseils départementaux de Haute-Corse et de Corse-du-Sud. Bien sûr, il existe des régions en Corse : la Balagne, le Niolu, le Taravo (ou Talavu) et bien d’autres encore comme dans chaque nation. Ce sera au peuple corse de décider de la structuration interne et du découpage administratif qu’il désire voir appliquer dans sa nation.

Concernant la langue, c’est une des « langues régionales » les plus parlées en pourcentage de la population avec près de 130 000 locuteurs en 2021, soit 40% de la population, selon le site d’information LCI. Ce chiffre désigne probablement les locuteurs courants du corse mais il ne faut pas oublier que le français parlé par les corses est un français mâtiné d’un accent et d’expression qui sont issus du corse. On peut clairement parler de « corsais » ou de « francorse ». Qui plus est aucun communiste ne niera la nécessité d’un Parti Communiste de Suisse organisée à l’échelle de la Confédération hélvétique. Or ce pays compte 4 langues officielles, parmi lesquelles 3 sont largement majoritaires dans une ou plusieurs régions. J’anticipe certains commentaires arguant éventuellement du fait que les corses « parleraient plus le français que le corse » et que donc ce ne serait pas une nation, en montrant par l’absurde que la Suisse est bel et bien une nation. La définition de Staline doit être suivie avec parcimonie.

En ce qui concerne la communauté de culture, elle est indéniable, de par l’existence d’une culture corse, d’une scène musicale, poétique, théâtrale, cinématographique, littéraire en langue corse et/ou typique de l’île.

Concernant la vie économique, elle a sa cohérence à l’échelle de l’île et elle est bien distincte de la vie économique sans être totalement indépendante bien entendu, une colonie n’est par définition jamais indépendante de sa métropole avant l’auto-détermination.

Enfin la construction psychique commune est indéniable de par la conscience d’être corse et non « pinzutu » (terme péjoratif désignant le continental, plus spécifiquement le parisien et son « accent pointu » également identifié en Prouvènço).

Le raz-de-marée électoral des nationalistes à toutes les élections depuis 2015 avec des scores toujours plus conséquentes est le signe d’une conscience nationale aigue, engagée soit en direction de l’autonomisme (listes Femu a Corsica et Partitu di a Nazione Corsica) soit en direction de l’indépendantisme (listes Corsica Libera et Core in Fronte). Aujourd’hui, il n’existe quasiment plus dégun sur la scène politique corse pour nier totalement le fait national corse.

Les seuls à le faire sont le Rassemblement National (ex-FN de Le Pen) qui ont fait 4% aux territoriales de 2021, n’obtenant aucun élu ou peut être certains. Il est intéressant de voir que les souverainistes prônant la suppression du statut spécifique de la Corse (Asselineau, Philippot, Dupont-Aignan, Chevènement) ne parviennent pas à presenter de listes aux territoriales. Le PCF est divisé : d’un côté, ils ont nommé leur liste aux territoriales en langue corse “Campà megliu in Corsica” (“vivre mieux en Corse”), d’un autre côté, dans la tradition de Dominique Bucchini, le patriarche du PCF à Sartè (Sartène), qui a survécu à plusieurs tentatives d’assassinat et a été président de l’Assemblée de Corse de 2010 à 2015, ils s’opposent vigoureusement aux nationalistes qu’ils assimilent à des bourgeois et des bandits. Il y’a aussi la concurrence historique entre la CGT, présente sur l’île et bien entendu liée au parti, et la STC, le Syndicat des Travailleurs Corses, fondée par le FLNC le 1er mai 1984, dans le cadre de sa stratégie en triptyque : lutte armée, lutte institutionnelle (victoire aux élections) et lutte de masse à travers le syndicat et les associations culturelles.

Les militants du PCF ont très peu apprécié que Mélenchon désavoue leur liste “Corse insoumise” formée en 2017 et que celui-ci se réjouisse de la victoire des nationalistes qu’il a associé à une “victoire du dégagisme” (son concept de “dégager” les élus corrompus et “néo-libéraux” selon sa rhétorique), rompant avec les positions jusque là plutôt centralistes-parisiennes qui avaient été incarnées au sein du Parti de Gauche et de la FI par Alexis Corbière. Le MJCF de Corse du Sud basé à Aiacciu (Ajaccio) directement lié au PCF maintient cette idée : la Corse ne connaitra le progrès social que au sein de la République française, tandis que la Ghjùventu Comunista de Haute-Corse, basée à Bastia, qui a rejoint la lignes des Jeunesses Communistes “dissidentes”, à savoir les Jeunes Communistes de Lyon, du Bas-Rhin et des Bouches du Rhône (ligne partagée également par les Jeunes Communistes de la Loire et des Alpes Maritimes avec des tactiques locales différentes, par exemple la JC 06 entretient de bonnes relations avec le PCF de Nice et entend pour le moment les conserver), bref la GC a quant à elle optée pour une ligne d’indépendantisme socialiste, sans pour le moment chercher à se rapprocher des nationalistes mais soutenant par exemple Jean-Pierre Santini lorsqu’il fut emprisonné sans preuve par l’Etat français en 2020. Elle semble rejeter à la fois le révisionnisme du PCF et le caractère bourgeois des principaux partis nationalistes, ainsi que le trotskisme de A Manca, organisation revendiquant “l’auto-détermination et le socialisme autogestionnaire”, qui a été de 2009 à 2013, la section du NPA sur l’île.

Que ce soit l’ancien élu PS, Simon Renucci, qui se présente désormais comme autonomiste avec son mouvement Corse Social-Démocrate, la section corse de la formation réformiste Ensemble de Clémentine Autain qui se nomme A Manca Alternativa (la gauche alternative) ou même le vieux radical de gauche Giaccobi, un des symboles du clanisme pro-français, qui déclarait dès 2011 : “si j’habitais à Portu Vecchiu, j’aurais voté pour le nationaliste Angelini”, ces évolutions montrent bien que les candidats de la bourgeoisie française sur l’île sont obligés de faire évoluer leur discours pour s’adapter à la vague nationaliste, alors que des années 70 aux années 2000, ils dénoncaient comme “terroristes et mafieux” les nationalistes (alors que eux même trempaient dans toutes sortes de corruption et banditisme : Giaccobi a notamment été condamné en 2018 à 3 ans de prison avec sursis, 5 ans d’inéligibilité et 25 000 euros d’amendes pour détournement de fonds publics).

Dès lors, je pense que les militants communistes hexagonaux doivent soutenir le droit à l’auto-détermination du peuple corse car la nation corse est constituée, définie scientifiquement et que les communistes reconnaissent le droit à chaque nation de se séparer ou de s’unir avec une autre, que ce soit sous le capitalisme ou le socialisme. Il faut travailler avec la Ghjuventù Comunista ainsi que toutes les forces éparses qui peuvent s’inscrire dans la perspective d’une reconstruction communiste en Corse, c’est à dire à la fois des gens issus de la sphère PCF-CGT comme c’est le cas de la GC mais aussi des membres du mouvement nationaliste qui ont développé des analyses basées sur le marxisme-léninisme comme Jean-Pierre Santini, comme Scelta Para. A Manca étant d’origine trotskiste (bien que ne se revendiquant pas de cette étiquette), il y’a bien sûr une méfiance envers eux à avoir mais il peut sans doute y’avoir une certaine unité d’action sur des luttes patriotiques, anti-impérialistes et syndicales. Un travail de soutien aux prisonniers nationalistes corses (comme basques, catalans ou autres) est également une tâche qui incombe au Secours Rouge Internationale à reconstruire.

Comme en Hexagone, il ne faut pas avoir trop d’attente dans le travail en direction des militants de base du PCF, même si je ne dis pas qu’il faut couper tout lien avec ceux-ci, je dirais même qu’en Corse, il faut d’autant plus se méfier de par la position républicaine-française et donc contre-révolutionnaire du parti. Il ne faut pas négliger les militants nationalistes de base, capables d’être convaincus que seule une révolution socialiste permettra l’indépendance de l’île, au profit de militants PCF-CGT dont la potentialité qu’ils adoptent une position marxiste-léniniste faisant de la dictature du prolétariat leur programme n’est pas plus importante que celles que de nombreux militants nationaliste en fassent ainsi.

Le travail à mener est donc subtil. Il nécessite de la patience, de la minutie, développer une structure spécifiquement marxiste-léniniste et indépendantiste, tout en développant une unité d’action avec les forces patriotiques développant un contenu syndicaliste-prolétarien et anti-impérialiste, même si il est limité.

J’ai foi en les camarades corses. Vive le droit à l’auto-détermination du peuple corse ! Vive le communisme !

1figure du nationalisme corse modéré, se revendiquant de Gandhi, Luther King et Mandela, décédé en 2018, il fonde avec son frère Max Siméoni, l’Union du Peuple Corse en 1977, à l’origine de la fédération Régions & Peuples Solidaires alliée du parti Les Verts ; l’UPC est fondue en 2002 dans le Parti de la Nation Corse qui a obtenu 7 élus à l’Assemblée de Corse en 2021 et un député à l’Assemblée de France, tandis que son fils Gilles Siméoni, avocat de Yvan Colonna, est président du Conseil Exécutif de la Corse depuis 2015 avec son parti Femu a Corsica qui possède la majorité absolue à l’Assemblée ainsi que 2 députés à l’Assemblée de France, un sénateur et un député européen

2 L’ANC est une scission du FLNC de 1989, déposant les armes pour se focaliser sur les luttes sociales, “refusant tous les monopoles, y compris corses, et revendiquant une juste répartition des richesses”. L’ANC fonde en 2005 le Front Populaire, avec le Partitu Socialistu pà l’Indipendenza, absorbé en 2009 dans Corsica Libera, le parti de Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse de 2015 à 2021.

3Armata Corsa est une scission du FLNC-Canal Historique en 1999. Il s’agit de l’alliance de François Santoni (ancien dirigeant ayant coopéré avec le crime organisé avant de rompre avec lui) et Jean-Michel Rossi (souvent présenté dans la presse comme marxiste). Une quinzaine de ses membres sera méthodiquement assassinée dont ses deux dirigeants au début des années 2000. Pour beaucoup, il y’a eu entente du crime organisé, du dirigeant du FLNC-UdC, Charles Pieri, et de l’Etat français afin de détruire cette organisation. Lorsqu’on lit les documents de sa branche légale, Presenzia Naziunale difficile d’y voir un discours marxiste, toujours est-il que leur disparition tragique en font pour beaucoup des martyres de la dérive mafieuse du FLNC, ayant voulu défendre une intégrité révolutionnaire, là où d’autres y verront un réglement de compte entre bandes rivales.

4 Core in Fronte est un parti fondé en 2018 à partir du Rinnovu, lui-même fondé en 1998 comme compagnon de route des militants clandestins tout en se positionnant de gauche. CiF possède 6 élus à l’Assemblée de Corse. I. Ses militants subissent toujours aujourd’hui une forte répression, y compris, son porte-parole Paul-Félix Benedetti condamné en 2021 à 6500 euros pour refus de se soumettre à un fichage de son ADN.

Le mouvement prolétarien-révolutionnaire international doit s’unir autour du marxisme-léninisme de Staline !

Nous évoquerons ici le développement historique du mouvement prolétarien-révolutionnaire international de 1740 à nos jours, ses victoires grâce au marxisme-léninisme de Staline et une proposition d’action pour pouvoir vaincre définitivement le capitalisme après une phase historique de défaite dans les années 1990 : la Nouvelle Internationale Communiste sur la base du marxisme-léninisme de Staline

I) L’établissement d’une science guidant le mouvement ouvrier : le marxisme

Le mode de production capitaliste s’établit en Angleterre dans les années 1740 et s’étend par la suite aux autres pays d’Europe au siècle suivant.

Le prolétariat naît alors à cette époque. Il est une classe faible, inexpérimentée, sans la capacité alors à imposer ses intérêts. Petit à petit vont se constituer des sociétés d’entre-aide ouvrières, qui vont devenir des syndicats mais cela prendra près d’un siècle.

Dans le cadre du processus de révolution bourgeoise-démocratique qu’a été la Révolution française, émerge à la marge l’idée communiste de Gracchus Baboeuf et de la Conjuration des Égaux, réprimée dans le sang. Le conjuré Philippe Buonarroti la diffuse au sein de sociétés secrètes républicaines jusqu’à sa mort en 1837.

L’une de ces sociétés, la Ligue des Justes fondée en 1836 par Wilhelm Weitling se base sur les idées des Egaux et soutient les révolutionnaires républicains français Blanqui et Barbès.

En intégrant Marx et Engels, la Ligue des Justes devient en 1847 la Ligue des Communistes avant d’être dissoute par Marx en 1852 car elle restait un petit groupe d’intellectuels même si qualitativement supérieur aux précédents.

Marx et Engels apporte à ce socialisme d’origine française, révolutionnaire mais inefficace car idéaliste, une méthode scientifique basée sur le matérialisme (avec sa dimension empirique), notamment les découvertes économiques des économistes anglais Adam Smith et Ricardo, et sur la dialectique (avec sa dimension rationaliste), développée par le penseur du sens de l’Histoire, le philosophe allemand Hegel.

Ils théorisent la nécessité pour le prolétariat de renverser l’État bourgeois, d’exproprier la bourgeoisie, la liquider en tant que classe et de construire un État socialiste permettant d’aboutir à une société sans exploitation ni violence ni injustice, le communisme.

L’Association Internationale des Travailleurs (Première Internationale de 1864 à 1876) dirigée par Karl Marx et Friedrich Engels leur permet d’élargir leur audience à d’autres militants prolétariens-révolutionnaires aguéris notamment l’anarchiste russe Mikhaïl Bakounine. Mais ce dernier maintient un réseau clandestin dans l’AIT afin d’évincer Marx et son idée d’État prolétarien centralisé dans sa défense et sa production, au profit du principe d’une multitude de communes auto-gérées, et donc vulnérables face à la contre-révolution bourgeoise. Marx et Engels ont aussi combattu toute forme de réformisme (prétention à « dépasser le capitalisme » par la réformes des institutions bourgeoises après la victoire aux élections, ces réformes étant censées « pousser la démocratie jusqu’au socialisme », on retrouve ces conceptions au sein du P »C »F et tous les partis révisionnistes) représenté à l’époque par Lassalle en Allemagne et la Fabian Society, à l’origine du Labour Party anglais (un parti qui se veut simple représentation politique des syndicats sans assumer le marxisme et donc refuse d’adhérer à la Deuxième Internationale). Cependant, via le SPD, le ralliement apparent mais hypocrite des lassaliens au marxisme va être à l’origine avec l’embourgeoisement des cadres du SPD, la routine parlementaire, l’implantation chez les intellectuels bourgeois donc ouverts à tout idéalisme, du révisionnisme de Bernstein auquel se rallie Karl Kautsky, le dirigeant de la Deuxième Internationale après la mort d’Engels, des marxistes Bebel et August Liebknecht.

Le mouvement de la Commune éclate alors dans plusieurs villes de France en 1871 et constitue, selon Engels, la première expérience de dictature du prolétariat. Mais la forte dominance des idées jacobines et proudhoniennes sur le Mouvement provoque son échec de par le caractère petit-bourgeois et donc non-révolutionnaires de ces principes. L’AIT n’a pas permis à Marx et Engels d’imposer leurs vues sur le mouvement prolétarien-révolutionnaire.

L’Internationale Ouvrière (Deuxième Internationale de 1889 à 1916) voit la conjugaison en Europe des succès des syndicats ouvriers à améliorer les conditions de vie des prolétaires et des partis sociaux-démocrates se développer numériquement, obtenant de bons résultats électoraux, fondant une contre-société ouvrière et diffusant dans la classe ouvrière des slogans issus du marxisme, bien que souvent mal compris voire dévoyés. C’est une réussite quantitative en ce qui concerne la création d’un parti socialiste implanté dans la classe ouvrière de chaque pays européen mais un échec en ce qui concerne le saut qualitatif théorique du mouvement prolétarien-révolutionnaire que prônaient Marx et Engels, notamment en raison de l’impossibilité à imposer une direction unie de la Deuxième Internationale et la trahison de Kautsky qui aurait pu incarner cette direction marxiste mais qui s’est rallié aux thèses de Bernstein au moment de la Première Guerre Mondiale alors qu’il les avait combattu auparavant.

II) Le marxisme-léninisme de Staline : une adaptation du marxisme aux conditions concrètes de son époque, qui est le seul courant du mouvement ouvrier à avoir réussi à fonder des Etats prolétariens durables aux réussites concrètes (du travail, un logement, de quoi manger, des soins, de l’éducation pour tout le monde, la paix, l’indépendance nationale, le progrès scientifique)

Cet échec de la Deuxième Internationale à imposer le marxisme aux Partis socialistes mène la direction de ceux-ci (SPD allemand, SFIO française, PSI italien, SPÖ autrichien etc.) à soutenir en 1914 l’effort de guerre de leur propre bourgeoisie nationale et donc envoyant des millions de prolétaires à l’abattoir, plutôt que de coordonner une stratégie de défaitisme révolutionnaire comme le prône le dirigeant du Parti Bolchévique russe (issu du Parti ouvrier social-démocrate russe qui a explosé entre d’un côté le Parti opportuniste des menchéviques qui suit la voie SFIO-SPD et le Parti révolutionnaire des bolchéviques qui s’y oppose), Lénine qui organise en Suisse à Zimmerwald le regroupement de la minorité de chaque parti socialiste européen opposée à la guerre. Lénine théorise un nouveau stade du capitalisme, l’impérialisme, qui fait de toute entreprise coloniale des pays occidentaux, un ennemi principal, face laquelle il faut soutenir toute forme de résistance, y compris d’émanation féodale, contrairement à la croyance de nombreux socialistes européens de l’époque comme quoi le colonialisme apportait le progrès capitaliste aux pays féodaux. On parle alors de marxisme-léninisme car un nouveau stade du capitalisme a nécessité un saut qualitatif effectué par Lénine et synthétisé par Staline.

Le Parti Bolchévique de Lénine prend la pouvoir avec la révolution russe de 1917. Il établit l’Internationale Communiste (Troisième Internationale de 1919 à 1943) qui voit une unité idéologique et pratique bien supérieure à celle de la IIème internationale avec une théorie qualitativement supérieure et surtout un commandent centralisé depuis Moscou, ce qui permet d’éviter de répéter les séparations nationales de la IIème.

Une vague révolutionnaire éclate en Europe et voit la fondation d’Etats socialistes éphémères : les Bienno Rosso en Italie, la formation des Républiques des Conseils de Hongrie, de Slovaquie, de Bavière, d’Alsace-Lorraine. Mais, ces républiques sont rapidement dissoutes, dans le sang à l’exception de l’Alsace-Lorraine. Les bolchéviques critiquent les erreurs aventuristes des révolutionnaires à la tête de ces Etats comme le hongrois Bela Kun (accusé de trotskisme et exécuté en 1937 sans qu’on ait de preuves concrètes), les bavarois Niekisch, Grühsam, Landauer (les deux derniers étant des anarchistes, Niekisch un social-démocrate qui théorise ensuite le « national-bolchévisme », une idéologie nationaliste et conservatrice qui déclare prendre exemple sur l’économie soviétique, sa super-structure étatique « prussienne » et chercher à établir une alliance germano-russe, bref un idéaliste qui intègre, après sa libération par l’armée rouge du camp de concentration où Hitler l’avait enfermé, le Présidium de la République Démocratique Allemande avant de démissionner et de passer à l’Ouest), le slovaque Janoušek et surtout les multiples tentatives d’insurrections infructueuses que va tenter le KPD en Allemagne jusqu’à 1923 sous la direction notamment de August Thalheimer (opposant au Komintern dans les années 30), Karl Radek (condamné pour appartenance au centre terroriste zinovievo-trotskiste), Zinoviev lui-même et Bela Kun. Ce pôle dirigeant alors le Komintern a été incapable d’établir des Etats prolétariens durables en Europe. Staline va alors trouver une réponse à l’échec de la révolution pan-européenne : le socialisme dans un seul pays, non comme fin en soi nationaliste, mais comme tactique temporaire, expérimentale, afin de constituer une base qui permettra de soutenir les révolutions dans d’autres pays. En 1922, le premier État prolétarien durable, l’URSS, est établi, suivi par la République Populaire Mongole en 1924. Cette stratégie a été un succès sur toute la ligne : l’URSS a réussi de nombreuses avancées dans la construction du socialisme.

Sous le secrétariat général de Lénine puis de Staline, le Parti Communiste de l’Union Soviétique édifie le socialisme (abolition du chômage en 1934, alphabétisation de masse, diffusion des soins, de la culture) et détruit l’axe fasciste qui avait juré d’éliminer physiquement tous les communistes. Enfin, les révolutionnaires-prolétariens ont des résultats concrets, observables.

Ainsi, le marxisme-léninisme constitue une synthèse supérieure à l’anarchisme et au réformisme qui n’ont mené qu’à des défaites pour le premier, des trahisons pour le second. Mais, Lénine a à faire face à l’émergence d’une ligne qui se veut marxiste, également opposée au réformisme et à l’anarchisme, mais qui s’oppose aux thèses léninistes. C’est le gauchisme de Rosa Luxemburg (martyre certes mais à la théorie politique erronée qui aurait sans doute mal tourner si elle était restée en vie), Bordiga et Pannekoek.

Dans un second temps, Staline doit combattre la ligne de Boukharine qui refuse la construction du socialisme en URSS au profit d’une économie capitaliste largement étatisée mais autorisant la propriété privée des moyens de production dans le cadre d’un secteur « limité, contrôlé » par une super-structure étatique puissante. Il prône également une politique internationale opportuniste, notamment en alliance avec la social-démocratie. Boukharine est le fondateur du révisionnisme moderne qui inspirera à des degrés divers Krouchtchev, Deng Xiaoping, Gorbatchev ou encore Prachanda au Népal. Là où Bernstein révisait ouvertement le marxisme (anticipant la social-démocratie keynésienne), là où Kautsky a prétendu servir le marxisme mais en adhérant de fait aux concepts de Bernstein concernant les moyens d’arrivée au pouvoir (cf son partisan Léon Blum qui est « pour la dictature du prolétariat » mais contre « la dictature du parti » et « son caractère durable, il faut qu’elle soit temporaire », ce qui a mené en pratique à une politique réformiste sous le capitalisme, c’est le courant « marxiste réformiste » qui est bien sûr un oxymore), le révisionnisme moderne se situe après la prise du pouvoir par les communistes. Il consiste en la volonté par le Parti Communiste au pouvoir de chercher sans liquider son Etat à introduire des éléments capitalistes (notamment en économie mais aussi pour certains au niveau de la super-structure étatique : l’alternance électorale par exemple, autorisant un parti à liquider ouvertement le socialisme).

Staline doit également combattre l’intriguant Trotsky, qui cherchant le pouvoir personnel, va s’allier avec divers figures bolchéviques entrées en opposition avec le secrétariat de Staline comme Zinoviev. Ils vont développer une organisation armée subversive soutenue par l’impérialisme, notamment l’Allemagne nazie, qui sera démantelée par l’Etat soviétique. Le courant trotskiste va se développer à l’international en collaboration avec les impérialistes. Malgré son inconsistance théorique qui mènera à de nombreuses scissions, il continue toujours aujourd’hui à exercer un pouvoir de nuisance important au sein du mouvement ouvrier, au même titre que l’anarchisme et les différentes formes de révisionnisme du marxisme, gauchiste (prétendument plus « révolutionnaire », moins « corrompu » que le léninisme de Staline) et droitier (prétendument plus « tactique », plus « actuel », moins « dogmatique » que le léninisme de Staline).

L’étude de l’Histoire nous montre donc que tous les courants opposés au marxisme-léninisme s’étant revendiqués de Marx et/ou d’Engels et/ou de Lénine n’ont mené qu’à la défaite et à la compromission. Il n’y’a aucune unité à mener avec ces gens-là mais une lutte idéologie intense. Aujourd’hui, en France, les anarchistes, les kautskistes, les boukhariniens et les trotskistes sont plus nombreux au sein du mouvement ouvrier que les marxistes-léninistes autrement dit les staliniens. Il faut agir bien sûr tactiquement et intelligemment sans sectarisme pour que notre camp reprenne le dessus dans le mouvement ouvrier.

Les résistances nationales au fascisme menées par les communistes en conjugaison avec l’action de l’Armée Rouge permettent dans un certain nombre de pays au renversement de l’État bourgeois et à l’instauration d’États marxistes-léninistes, notamment en Chine, en Corée et dans de nombreux pays d’Europe orientale (Albanie, Allemagne démocratique, Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie, Bulgarie, Roumanie et dans un premier temps, Yougoslavie jusqu’en 1948).

Staline établit le Kominform en 1947 pour coordonner l’action des partis communistes au pouvoir et de ceux poursuivant la lutte pour le pouvoir prolétarien.

Par la suite, les révolutions opposées au colonialisme et aux cliques néo-coloniales permettront, avec l’aide de l’URSS et du MCI, l’établissement de nouveaux États marxistes-léninistes en Amérique (Cuba, Grenade), en Afrique (Angola, Mozambique, Bénin, Congo-Brazzaville, Éthiopie, Somalie), en Asie (Vietnam, Laos, Kampuchéa, Afghanistan, Yémen).

Plusieurs autres États issus de ces mêmes révolutions s’allient à l’URSS et développent une économie plus ou moins planifiée sans pour autant adhérer au marxisme-léninisme (Algérie, Libye par exemple).

La Tricontinentale de Che Guevara et Mehdi Ben Barka prend le relais de la Ligue contre l’impérialisme et l’oppression coloniale qui voyait Willy Münzenberg coordonner les efforts de Lamine Senghor, Ho Chi Minh, Nehru, Messali Hadj, Einstein et Henri Barbusse.

III) L’éclatement du mouvement marxiste-léniniste, les déviations jusqu’à la défaite historique des années 1990

En 1948, Tito à la tête de la Yougoslavie rompt avec la voie socialiste du marxisme-léninisme de Staline. Il adopte une théorie éclectique (« marxisme non-dogmatique » de Lukacs), introduit la propriété privée des moyens de production en suivant les thèses de Boukharine. La Yougoslavie quitte le Kominform et s’allie avec les anglo-américains pour renverser le Parti du Travail d’Albanie et éliminer le Parti Communiste de Grèce. Des milliers de marxistes-léninistes fidèles à Moscou sont persécutés : certains sont assassinés, d’autres en exil, la majorité sont déportés dans des bagnes comme celui de Goli Otok.

Malgré ce coup dur porté au mouvement prolétarien-révolutionnaire international, le titisme est fortement combattu par les partis du Kominform qui purgent les éléments titistes en leur sein et condamnent la doctrine boukharinienne que suit Tito.

La mort de Staline constitue un tournant. La direction du PCUS est contesté. Lavrenti Beria est éliminé en 1953 par une coalition rassemblement aussi bien les fidèles à Staline comme Molotov, Kaganovitch, Vorochilov, que le futur apôtre du révisionnisme, Krouchtchev. Toutes les sources historiques permettent de croire que Beria était un intriguant anti-communiste qui aurait suivi la voie de Boukharine.

Au XXème congrès du PCUS, en 1956, Krouchtchev condamne les « crimes de Staline ». Il va alors introduire les thèses de Boukharine dans la pratique du PCUS et les diffuser à l’international, notamment la la soi-disant « voie pacifique vers le socialisme » qui révise la théorie marxiste comme quoi le socialisme peut seulement être établi à la suite d’une révolution violente. Cela dit, la co-existence pacifique peut se concevoir de manières différentes, l’analyse qu’en fait Honecker par exemple dans ses Carnets de Prison se situe dans la continuité de Staline et n’est pas révisionniste : c’est simplement l’idée d’éviter l’auto-destruction de l’humanité dans une guerre nucléaire mondiale. Krouchtchev a aussi théorisé l’idée de soutenir et encadrer les régimes issus de coups d’Etats militaires nationalistes dans les pays de la Tricontinentale (Amérique latine, Afrique, Asie) afin de les guider vers le socialisme, idée parfaitement juste qui a porté ses fruits à Cuba puis dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et à nouveaux dans les Caraïbes à Grenade.

En 1961, le Mouvement Communiste International se revendiquant du marxisme-léninisme, se divise entre les partis réunis autour du Parti Communiste de l’Union Soviétique (PCUS) et ceux autour du Parti Communiste Chinois (PCC), qui prétendent défendre la révolution prolétarienne, même si le PCC a instrumentalisé une juste critique du révisionnisme krouchtchévien au service d’objectifs nationalistes qui à partir de 1969 deviennent contraires aux intérêts du MCI (alliance militaire avec les USA au nom de la théorie anti-léniniste des « Trois Mondes », soutien aux forces contre-révolutionnaires en Afrique australe, alliées à l’Occident et au régime d’Apartheid qui s’effondre notamment sous les coups portés par les communistes sud-africains, par Cuba à la bataille de Cuito Cuanavale, l’aide communiste apportée à la SWAPO en Namibie et au Front Patriotique du Zimbabwe qui abolit en 1980 le régime raciste de Rhodésie a également été décisive et peut donc être définie comme une grande victoire du mouvement communiste, à mettre au crédit du courant communiste pro-soviétique, comme la victoire des sandinistes au Nicaragua en 1979 et de nombreux nouveaux États socialistes en Afrique, en Asie, dans les Caraïbes des années 60 aux années 80).

Le camp pro-chinois se divise après 1976 entre les partis autour du Parti du Travail d’Albanie (PTA), qui rejette Mao et le PCC, et les différents courants maoïstes qui se divisent eux-mêmes entre eux, la grande majorité (notamment ceux existant encore aujourd’hui) rejetant la direction du PCC après la mort de Mao.

Le camp des partis restés pro-soviétiques en 1961 va également se diviser. Alors que la direction soviétique commence avec le renversement de Krouchtchev en 1964 et la nomination de Brejnev comme secrétaire du Parti (assisté de Kossyguine, Souslov, Podgorny et Andropov notamment) à critiquer les théories krouchtchéviennes de « voie nationale vers le socialisme » (contredisant l’existence des lois universelles du marxisme-léninisme) et de « voie pacifique vers le socialisme » à la suite du renversement de Allende au Chili que l’URSS avait soutenu et à réhabiliter Staline, ce sont les directions des trois partis principaux d’Europe de l’Ouest (PC français, italien et espagnol) qui vont défendre les thèses krouchtchéviennes et s’opposer à l’URSS (en condamnant par exemple en 1968 la juste intervention soviétique contre l’agitation contre-révolutionnaire en Tchécoslovaquie) en fondant le soi-disant « euro-communisme ». Tous les partis communistes restés pro-soviétiques en 1961 vont alors se diviser entre une fraction « euro-communiste » et une fraction pro-soviétique, ce qui va mener à des scissions comme la formation en 1973 du Parti Communiste Ouvrier Espagnol puis en 1984 du Parti Communiste des Peuples d’Espagne qui regroupe plusieurs organisations s’étant séparer du PCE dans les années précédentes sur cette question. Le PCOE se dissout dans le PCPE en l’an 2000. La fraction pro-soviétique au sein du PCF est à l’origine de la Coordination Communiste formée en 1991 (dont sont issus le PCRF, le PRCF et le RC), ainsi que du courant Vive le PCF qui existe toujours aujourd’hui au sein du PCF, mais qui est plus marqué par l’opportunisme encore (il soutient le réalignement en politique extérieure de Georges Marchais, secrétaire du PCF sur la politique soviétique, à partir de 1979..mais ce qui n’a pas mené à une restauration du marxisme-léninisme que Marchais supprime des statuts du parti la même année). Le terme euro-communiste émerge avec notamment le discours de Berlinguer défendant le multi-partisme au XXVe congrès du PCUS en 1976 et l’ouvrage de Carrillo « Eurocommunismo y estado » paru en 1977. Mais, en réalité, c’est une pratique politique en germe dès « la voie italienne vers le socialisme » proclamée par Togliatti en 1960, le discours au Times de Thorez en 1946 ou encore « le bloc historique nouveau » prôné par Roger Garaudy dans « Le grand tournant du socialisme » (bien qu’il soit exclu du parti l’année suivante). On peut voir que l’action soviétique vis à vis de ces thèses kautskistes-boukhariniennes a été largement négative sous Krouchtchev puis Gorbatchev qui les ont promu parfois par la force (exclusion et même meurtre, notamment dans les démocraties populaires, l’exemple le plus tragique étant Nikos Zachariadis, secrétaire héroïque du PC grec persécuté par Krouchtchev et vraisemblablement assassiné par le KGB en 1973), mais plutôt positive sous Brejnev, Andropov, Tchernenko.

Il faut aussi dire qu’il y’a eu des ambiguités, par exemple : Souslov a soutenu le coup d’Etat mené par Krouchtchev et le maréchal Joukov contre le soi-disant « groupe anti-parti » (en fait les marxistes-léninistes authentiques notamment Molotov, Kaganovitch et Vorochilov) en 1957 mais a ensuite soutenu le renversement de Krouchtchev en 1964 et a participé à la direction du Parti jusqu’à sa mort en 1982. Il y’a aussi eu des oppositions sur tel ou tel sujet, les groupes dirigeants de chaque parti n’ont jamais été unanimes.

Lorsque nous parlerons par la suite de marxistes-léninistes pro-soviétiques, nous désignerons ces fractions et organisations opposées à « l’euro-communisme » et qui iront jusqu’à remettre en cause Krouchtchev comme un révisionniste. C’est le travail de rectification opérée en son sein par le Parti Communiste de Grèce depuis les années 1990 et qui a mené jusqu’à la réhabilitation de Nikos Zachariadis en 2011.

Il existe des preuves décrites dans le Socialisme Trahi de Roger Keeran et Thomas Kenny comme quoi Andropov aurait entamé un projet de réforme de l’économie soviétique vers le socialisme en abandonnant totalement les thèses boukhariniennes, sachant que Brejnev avait déjà aboli certaines mesures de Krouchtchev mais sans revenir totalement à l’économie de Staline, cela a mené à une politique de stagnation économique, à l’explosion du marché noir, de la corruption, du banditisme. Cela dit, il faut soutenir l’excellente politique internationale de Brejnev qui allait dans le sens des intérêts du mouvement prolétarien-révolutionnaire international et donc de l’anti-impérialisme.

Dans sa biographie de son grand-père, Viachestlav Nikonov, petit-fils de Viachestlav Molotov, décrit le soutien de son grand-père, illustre marxiste-léniniste, fidèle de Staline au sein du Bureau Politique du PCUS et très grand ministre des affaires étrangères de l’URSS, à Iouri Andropov. C’est Constantin Tchernenko qui a réintégré Molotov dans les rangs du PCUS en 1984, signe que la direction du PCUS après Krouchtchev et avant Gorbatchev n’a pas été aussi mauvaise que ce qu’en disent les maoïstes et les hodjaïstes.

La politique catastrophique menée par Gorbatchev (qui généralise les thèses boukhariniennes non seulement à l’économie mais aussi à la super-structure étatique et promeut le séparatisme de chaque nationalité hors de l’URSS) à la tête du Parti Communiste de l’Union Soviétique mène à un processus très important de liquidation du socialisme dans les années 1986-1992 et ce par une voie violente (ainsi le communiste Erich Honecker est renversé de son poste de secrétaire du SED en 1989, il se réfugie à Moscou et est extradé vers la République fédérale d’Allemagne pour y être jugé et emprisonné, simplement pour avoir dirigé la construction du socialisme en RDA).

On peut citer notamment la dissolution de l’URSS, celle des démocraties populaires d’Europe orientale (Albanie, Allemagne démocratique, Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie, Roumanie, Bulgarie) et d’Asie (Afghanistan, Yémen démocratique, Kampuchéa), la suppression du marxisme-léninisme des constitutions de plusieurs pays africains (Angola, Mozambique, Bénin, Congo-Brazzaville, Éthiopie).

Ce processus va entraîner un fort affaiblissement du marxisme-léninisme. Il ne reste que cinq États qui s’en revendiquent après 1992 : Cuba, la République Populaire Démocratique de Corée (qui le retire de ses statuts en 2013 tout en conservant une économie planifiée), le Laos, le Vietnam et la Chine ! Mais ces trois derniers adoptent ouvertement la voie boukharinienne tour à tour : en 1978 en Chine (« Quatre modernisations »), en 1986 au Vietnam (Doi Moi) et en 1991 au Laos.

Le monde va connaître à partir des années 1990 une intensification de l’impérialisme US qui devient hégémonique avec ses alliés internationaux.

Dans le même temps, l’impérialisme occidental, qui ne s’est jamais totalement remis des deux chocs pétroliers des années 1970, va connaître un nouveau coup de massue avec la crise de 2008. Les attentats du 11 Septembre 2001 démontrent de manière spectaculaire que l’impérialisme occidental n’est qu’un tigre de papier, attendant que les prolétaires et peuples opprimés de tous les pays s’unissent pour le balayer.

Les courants pro-soviétique, pro-albanais, pro-chinois et maoïstes vont tous connaître des mérites dans les années 1990 à 2010 mais aussi des déviations, notamment un fort sectarisme les uns envers les autres.

On peut citer en particulier la théorisation du « marxisme-léninisme-maoïsme, principalement maoïsme » par Abimael Guzman dit « le Président Gonzalo » (on peut parler de gonzalisme ou maoïsme-gonzalisme) comme idéologie du Parti Communiste du Pérou-Sentier Lumineux et du Mouvement Révolutionnaire Internationaliste (RIM fondé en 1984 et qui disparait en 2006). Ce courant qui prétend dépasser un marxisme-léninisme devenu « obsolète », « révisionniste » ou encore « réactionnaire » (idées absurdes et révisionnistes justement) fait preuve d’un grand sectarisme, d’un aventurisme avec une conception schématique et linéaire de la révolution comme une guérilla dont la violence irait croissante jusqu’à la prise du pouvoir (sans concevoir de replis tactiques). Le rejet systématique des gonzalistes de toute pratique parlementaire et syndical, a fortiori dans les pays occidentaux, s’apparente au gauchisme de Bordiga et Pannekoek. On est donc en droit de considérer le MLMpM comme un courant révisionniste du marxisme-léninisme. Cependant, il faut quand même dénoncer la répression qu’exerce la bourgeoisie au Pérou contre le PCP-SL qui reste une organisation anti-impérialiste, sincèrement communiste, un peu à la manière du KPD de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, dont les idées contredisaient les thèses léninistes mais dont l’héroïsme était sincère. Désormais, des partis communistes que nous considérons authentiques comme le PC des Philippines utilisent le terme de marxisme-léninisme-maoïsme. On a ainsi pu voir une banderole avec le terme PKP-MLM dessus. Nous pensons qu’il est possible de convaincre ce parti de l’abandonner à la suite d’un long débat sur la construction d’une nouvelle Internationale. Il faut aussi voir que l’appellation maoïste leur tient à cœur pour deux raisons : les relations commerciales entretenues par l’URSS de Brejnev avec le régime anti-communiste tyrannique de Marcos aux Philippines (en dépit de l’accusation de soutien soviétique à la Nouvelle Armée Populaire, accusation rejetée par l’ambassadeur soviétique aux Philippines mais qui a quand même déclenché une enquête qui n’a pas abouti de la part de Manille) et le soutien de la République Populaire de Chine actuelle apporté au régime anti-communiste tyrannique actuel de Duterte. Ainsi, le PKP-MLM défend la filiation Staline-Mao contre Krouchtchev-Brejnev et Deng-Jinping.

IV) Situation actuelle et proposition de regroupement communiste international

Il existe un mouvement de reconstruction communiste international. Malheureusement, à l’exception du Séminaire Communiste International animé de 1992 à 2014 (date de sa dissolution) par le Parti du Travail de Belgique, parti initialement pro-chinois, dengiste dans les années 80, qui a su sortir du sectarisme dans les années 1990 mais qui a abandonné le marxisme-léninisme à son congrès de 2008, il se borne à ce jour principalement à faire vivre les divisions obsolètes qui ont affaibli le Mouvement Communiste International, avec pour chaque courant un ou plusieurs réels partis communistes d’avant-garde implantés au sein du prolétariat et rejetant autant le révisionnisme krouchtchévien que le gauchisme.

Mais, il y’a aussi dans chacun des trois courants des groupuscules insignifiants marqués par ces deux dérives anti-communistes comme le PKP-1930, groupuscule philippin adhèrant à la thèse de Krouchtchev de la « voie pacifique vers le socialisme » dans ses textes de congrès, dénonçant le Parti Communiste des Philippines comme « terroriste » et pourtant membre de Solidnet et soutenu par le PC de Grèce, ou la KOE, groupuscule grec se voulant maoïste et qui a intégré les sociaux-traitres de Syriza en Grèce et pourtant membre de l’ICOR et soutenu par le MLPD allemand, ou encore le PCMLE, groupuscule équatorien, se voulant hodjaïste, qui a soutenu le parti pro-impérialiste Pachakutik, acteur de putschs contre le dirigeant patriote Rafael Correa et dont les députés ont voté pour la suppression de l’asile politique de Julian Assange et pour la baisse des impôts des plus hauts revenus, PCMLE pourtant membre de l’ICMLPO-U&S et soutenu par le PCRV burkinabé (dont le refus du nom anti-colonial Burkina Faso est aussi facteur à critique, tout comme leur refus de participer à la révolution sankariste, mais qui a su s’imposer comme l’avant-garde prolétarienne-révolutionnaire dans son pays ces dernières décennies).

Il faut saluer la victoire des maoïstes népalais en 2006, la plus grande grève de l’histoire de l’Humanité menée par le Parti Communiste d’Inde (marxiste), l’extension des guerres populaires menés par le Parti Communiste d’Inde (maoïste) et le Parti Communiste des Philippines (combinée avec l’activité syndicale et parlementaire du Parti dans les villes à travers le Front National Démocratique), la politique d’unité de la résistance patriotique palestinienne menée par le FPLP, le développement de partis tels que le Parti Communiste de Grèce (KKE) avec son syndicat de 400 000 membres, le PAME, qui anime la Fédération Syndicale Mondiale, et le Parti Communiste Révolutionnaire Voltaïque (PCRV) au Burkina Faso, en première ligne avec son Organisation Démocratique de la Jeunesse (ODJ) dans la lutte contre le néo-colonialisme français qui tous trois tentent de reconstruire une Internationale communiste et bâtissent un syndicalisme prolétarien combatif.

Nous appelons donc en tant que Sartan Roujo, à l’organisation de rencontres entre le Parti Communiste Cubain, le Parti du Travail de Corée, le Parti Communiste des Philippines, le Front Populaire de Libération de la Palestine, le Parti Irlandais Républicain Socialiste (IRSP), l’Armée de Libération Nationale (ELN) de Colombie, les dissidences des FARC qui ont relancé la guerilla, le KKE, le PCRV, les Partis communistes d’Inde (marxiste et maoïste), le Parti Communiste maoïste du Népal de Biplav et d’autres partis communistes authentiques de chacun de ces courants sur des bases concrètes (nous pensons notamment à des partis conséquents d’Amérique latine qui ont fait preuve de leur léninisme comme le PC du Vénézuela ou le PC du Mexique mais aussi des organisations communistes turques comme le TKP ou le DHKP-C qui refusent le rojavisme, le PC maoïste d’Afghanistan ou encore le Parti Tudeh en Iran), afin de discuter entre réels partis communistes d’avant-garde aux positions authentiquement anti-impérialistes et construisant les conditions du soulèvement prolétarien. Ainsi pourrait être posées les conditions pour la fondation d’une Nouvelle Internationale Communiste sur la base du marxisme-léninisme tel que décrit dans les Principes du Léninisme (1924) de Staline, guide pour l’action et non dogme sclérosé, et dans l’œuvre théorique et pratique du Komintern puis du Kominform, la constitution soviétique de 1936 constituant une inspiration sur le plan juridique pour fonder les futurs États socialistes ou pour réformer les États qui s’en revendiquent actuellement.

L’idée serait de faire fusionner les partis communistes du même pays en un seul sur la base du marxisme-léninisme authentique et de faire fusionner les différentes Internationales existantes (Solidnet, ICOR, ICMLPO-US, INITIATIVE) en conservant les réseaux d’organisations de masse comme la FSM pour les syndicats ou l’ILPS pour les organisations anti-impérialistes qui pourrait se renommer la Nouvelle Tricontinentale. En Allemagne, nous aimerions que le DKP, le MLPD, la KO, le Arbeiterbund für den Wiederaufbau der KPD et d’autres groupes encore fusionnent au sein du KPD de Thorsten Schöwitz en y apportant leur propre expérience afin de refonder le parti de Ernst Thälmann. Ce serait un signal fort d’unité envoyé au MCI. En France, le PCRF a fait ses preuves comme seul parti refusant à la fois l’aventurisme, notamment celui du mouvement antifa, et l’opportunisme électoral. Mais, il reste un petit groupe peu implanté dans le prolétariat. Il faudrait donc que d’autres groupes fusionnent en lui.

Cette Nouvelle Internationale Communiste rejettera « l’économie socialiste de marché » (tout en admettant la possibilité que le Parti Communiste Chinois, le Parti Communiste Vietnamien et le Parti Révolutionnaire du Peuple Lao réforment à l’avenir leur économie dans le sens du socialisme mais en refusant pour le moment de les admettre au sein de la Nouvelle Internationale Communiste), « la transition pacifique vers le socialisme » et l’existence de « voies nationales vers le socialisme » primant sur les lois universelles du marxisme-léninisme.

Il reconnaîtra les apports théoriques et pratiques de Mao au marxisme-léninisme sans former pour autant une troisième étape du marxisme, idée qui n’a pas de fondement objectif, contrairement au passage du capitalisme de libre entreprise décrit par Marx au capitalisme monopoliste débouchant sur l’impérialisme décrit par Lénine, qui justifie de parler de marxisme-léninisme et non plus seulement de marxisme.

Il reconnaîtra le développement du socialisme en République populaire socialiste d’Albanie jusqu’en 1985 sous la direction du PTA d’Enver Hodja comme qualitativement supérieur du point de vue économique à l’URSS après 1956 et à la RPC après 1978.

Il reconnaîtra l’existence d’une fraction rouge au sein du PCUS, menée par Andropov et Tchernenko (qui a réintégré au sein du parti le marxiste-léniniste Molotov, ministre et membre du Bureau Politique sous Staline, qui avait été exclu et exilé par Krouchtchev) et au sein de divers partis restés pro-soviétiques après 1961, notamment au sein du SED est-allemand autour de Erich Honecker, au sein du PCF (le groupe qui fonde l’URCF à l’origine du PCRF), au sein du DKP.

Il reconnaitra le caractère socialiste des économies cubaine et nord-coréenne, qui n’ont pas rompu avec Moscou après 1961 mais n’ont pas cautionné toutes les déviations krouchtchéviennes non plus et ont su rester des pays d’économie planifiée résistant à l’impérialisme et assistant le MCI dans sa reconstruction.

Le Parti Communiste Cubain et le Parti du Travail de Corée (malgré la nécessité de réinscrire le marxisme-léninisme dans ses statuts) peuvent être admis au sein de la Nouvelle Internationale Communiste en raison de leur action pratique qui va dans le sens du Mouvement Communiste International.

Il reconnaîtra le droit de chaque parti à définir sa phase stratégique (qui peut évoluer avec le temps selon l’évolution du contexte local) de construction du Parti afin de fonder le facteur subjectif au soulèvement prolétarien : guerre populaire prolongée dans un certain nombre de pays, processus syndical-parlementaire dans d’autres

Il soutiendra concrètement (envoi de fonds, de médicament, de délégation, participation à la campagne de boycott BDS, la campagne pour le retrait de la liste des organisations terroristes des USA, du Canada, de l’UE des organisations de résistance nationale, au même titre que des organisations communistes internationales qui y sont mentionnées) la résistance nationale du peuple palestinien pour abolir la colonisation sioniste, obtenir un Etat souverain de la mer au fleuve et garantir le droit au retour de la diaspora sur ses terres.

Il soutiendra la guerre populaire menée par les révolutionnaires aux Philippines et en Colombie et agira pour l’unité des communistes marxistes et maoïstes en Inde.

Il soutiendra l’effort du PC maoïste du Népal de Biplav pour établir le socialisme au Népal.

Il apportera son soutien critique à un certain nombre de patriotes conséquences de la Tricontinentale tels Loukatchenko et Maduro face aux déstabilisations impérialistes.

Il reconnaîtra le droit à l’auto-détermination des peuples irlandais, basque, corse, catalan, tamoul, kanak, guadeloupéen, martiniquais, guyanais, mahohi entre autres.

Sur cette base-là, sera possible de fonder la Nouvelle Internationale Communiste et un institut de recherche marxiste-léniniste afin de dresser un bilan exact de l’histoire du mouvement prolétarien-révolutionnaire tel qu’ébauché ici mais aussi sur toutes les nouvelles questions aussi bien politiques, économiques, culturelles qui sont autant de défis à aborder avec rigueur, prudence et détermination, pour le mouvement prolétarien-révolutionnaire contemporain, autrement dit le mouvement marxiste-léniniste.

Prolétaires et peuples opprimés de tous les pays, unissez vous !

Le communisme vaincra l’impérialisme !

La Sartan Roujo, le 12 décembre 2021

Soutien à la Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie qui vient d’être dissoute par l’immonde laquais des monopoles Darmanin

Dans sa campagne islamophobe de longue durée, le violeur Gérard Darmanin, soutenue par la féministe Marlène Schiappa, a décidé de dissoudre le CRI, une association luttant depuis plus de dix ans contre les discriminations touchant les musulmans, à qui lui est reproché notamment d’avoir soutenu le droit du peuple palestinien à retourner sur sa terre formée de la Palestine occupée (Cisjordanie et Gaza) mais aussi de la Palestine annexée (l’ensemble du soi-disant « Etat d’Israel) et à l’admnistrer comme bon lui semble. En effet, la bourgeoisie française comme toutes les bourgeoisies des pays impérialistes, c’est à dire occidentaux, a fait depuis 1945 le choix du philosémitisme d’Etat et du sionisme afin de posséder une base militaire au Moyen-Orient permettant d’éviter une révolte arabo-islamique qui empêcherait d’accéder à bas cout au pétrole de la région.


En tant que communistes, nous devons nous opposer à la dissolution du CRI, au même titre que la dissolution de Baraka City, du Collectif Contre l’Islamophobie en France et des Editions NAWA, même si nous pouvons avoir des désaccords quant à leur vision politique ne remettant pas en cause la propriété privée des moyens de production. Nous devons nous opposer à toutes les lois islamophobes telles que la loi interdisant le port du voile à l’école, la loi sur le soi-disant séparatisme ou encore l’état d’urgence mis en vigueur en 2015 et jamais aboli, qui contient de nombreuses dispositions islamophobes avec le système des fiches S justifiant les perquistions arbitraires, le harcèlement de la police, de l’appareil judiciaire et des services de renseignement. Il y’a des attentats contre les mosquées régulièrement, des femmes voilées sont agressées dans la rue, empêchées d’accompagner les enfants en sortie scolaire. Il existe un deux-poids deux-mesures dans la mesure où l’Eglise catholique peut se permettre de dire que « le secret de la confession est supérieur aux lois de la république » sans être accusée de séparatisme ni inquiétée d’aucune manière. Il s’agit d’une stratégie de la tension savamment étudiée par la bourgeoisie pour faire se battre les prolétaires de religion différente entre eux. Les musulmans comme les rroms, les noirs et les asiatiques sont les catégories actuellement principalement visées par le racisme en France.


Il y’a eu ces derniers mois plusieurs projets d’attentats nazis contre des cibles divers qui n’ont pas du tout fait preuve du même traitement médiatique paranoïaque et raciste que les attentats des groupes takfiris tels que Daesh et Al Qaida (sectes se permettant d’excommunier les musulmans ne partageant pas leurs vues, ce qui est interdit en islam et visant délibéremment des civils occidentaux dans une logique cynique de réponse aux frappes aériennes occidentales, ce qui est contre-productive du point de vue anti-impérialiste). Ya-t-il quelqu’un pour dire que tous les blancs sont responsables des attentats nazis ? Non.


Pourtant, de nombreux acteurs du débat public affirment que les musulmans sont responsables dans leur ensemble des attentats takfiris et doivent s’en dissocier.
Nous devons dénoncer le harcèlement policiaro-judiciaire qu’a subi le théologien de la libération anti-impérialiste, Tariq Ramadan, détenu 8 mois en prison puis subissant depuis 2 ans un contrôle judiciaire strict avec interdiction de quitter le territoire, pour des accusations de viol qui n’ont pas été prouvées et pour lesquelles il n’a pas été condamné. Tout cela relève de l’acharnement islamophobe pendant ce temps, Gérard Darmanin, accusé de viol, est nommé ministre de l’intérieur soutenu par la féministe Marlène Schiappa. Des bourgeois d’origine juive accusés de viols tels que Dominique Strauss-Kahn et Roman Polanski ont été unaniment soutenus par la bourgeoisie française. En tant que marxistes-léninistes, nous partons des faits pour décrire le réel. Nous aimerions que juifs et musulmans soient traités pareils mais ce n’est pas le cas. Nous demandons donc l’arrêt de cette politique de « diviser pour mieux régner » qui bien sûr est néfaste pour les prolétaires musulmans comme pour les prolétaires juifs qui subissent encore davantage d’antisémitisme dans la rue du fait du philosémitisme de la République français et de son soutien au sionisme comme le montre très bien l’Union Juive Française pour la Paix que nous soutenons.


Nous rappelons que seule l’expropriation de la bourgeoisie et la planification de l’économie par un Etat aux mains des travailleurs permettra un vivre-ensemble entre juifs, musulmans, chrétiens, athées et toute autre croyance au sein de l’Hexagone. Les communistes défendent la liberté de culte. La libération de la Palestine et la fin de l’acharnement impérialiste sur les pays arabo-musulmans et leurs diasporas en Occident (ainsi que sur les pays non-musulmans d’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie) sera déjà un grand pas en avant sur cette lutte pour le vivre-ensemble.

Non à l’homme nouveau uniforme ! Vive la diversité des cultures humaines !

Finalement bon admettons : il n’y’a pas de nature humaine. Tout élément humain non-biologique est une construction de l’environnement social et peut donc être défait, réécrit à l’envie (même si ça ignore les découvertes scientifiques sur la manière dont les habitudes sociales répétées ont pu s’inscrire dans le code génétique). Même le biologique finalement peut être réécrit avec le trans-humanisme. Mais qui décide de ce qui va être écrit ? Dans quel but ? Avez-vous envie de vivre dans une société de ce type ?


Finalement, l’erreur du « stalinisme » (Staline n’en reste pas moins à défendre face à tous les opportunistes qui attaquent, derrière lui, la première expérience de construction du socialisme. Staline reste le grand théoricien du marxisme-léninisme dans les Principes du Léninisme. Sa contribution à l’humanité est positive à 90% voire 95% mais comme tout dirigeant, tout être humain, il a fait des erreurs, je pense qu’effectivement il a eu tendance parfois [ça n’a pas été le seul, c’est à mon avis un travers de beaucoup de révolutionnaires et Trotsky aurait sans doute été 1000000 fois pire à ce niveau-là] à vouloir créer un homme nouveau uniforme, même si il s’est corrigé avec les années sur certains aspects, ex : sa réconciliation avec le Patriarche de Moscou en 1941) n’aurait-elle pas été cette utopie (ou dystopie c’est selon) de « l’homme nouveau » à formater depuis le Bureau Politique, plutôt que de respecter, du moment que cela n’entrave pas la construction du socialisme, une diversité de modes de vie. Non le musulman pratiquant n’est pas forcément un séparatiste sous prétexte que Sultan Galiev l’était. Non l’homosexuel n’est pas forcément un nazi sous prétexte que Ernst Röhm l’était. Non le juif ne désirant pas abandonner sa judéité n’est pas forcément un sioniste sous prétexte que ce mouvement parle en son nom. Est-ce que finalement aux côtés de la pression extérieure US, du développement du révisionnisme à l’intérieur du PCUS, des dissidences nationalistes au sein du Mouvement Communiste International (Mao, Hoxha, Tito, Ceaucescu etc), les séparatistes nationalistes-bourgeois et pseudo-socialistes chauvins au sein de l’URSS et l’activité contre-révolutionnaire au sein du pays, ne peut-on pas citer également ce manque de considération pour la diversité des cultures, des modes de vie qui a précisément nourri la propagande des chauvins et autres contre-révolutionnaires en général ? Cela ne pourrait-il pas être corrigé dans une pratique socialiste tout aussi si ce n’est encore plus intransigeante au niveau du contrôle collectif, étatisé de la production et au niveau de la lutte contre la contre-révolution externe et interne au Parti (lutte anti-révisionniste) mais plus ouverte à la diversité de cultures et de modes de vie ? Bien sûr, il y’a eu déjà au XXème siècle, beaucoup de bons exemples avec par exemple Erich Honecker organisant un concile oecuménique en République Démocratique Allemande, les républiques socialistes du Yémen et d’Afghanistan faisant de l’islam la religion d’Etat et s’en inspirant dans le droit au même titre que le marxisme-léninisme..Cependant, certains pensent que ça a un lien avec le révisionnisme krouchtchévien puis le liquidationnisme gorbatchévien-eltsinien. Je ne pense pas. Je pense que Honecker a fait ses preuves comme dirigeant fidèle au marxisme-léninisme. Je pense qu’il a eu raison de bâtir la RDA sur une forme de pluralisme de pensée qui d’une certaine manière était d’un point de vue institutionnel plus raffinée encore que l’URSS de Staline (qui était sans doute la plus correcte en terme d’économie). On peut s’inspirer de la RDA et aussi de l’Ethiopie socialiste dans laquelle cohabitait quasiment 50% de chrétiens 50% de musulmans et encore quelques annimistes, le tout sans aucun conflit religieux avec une totale liberté de culte, un clergé existant comme en RDA mais bien entendu surveillé et épuré lorsque cela était nécessaire. Voilà la solution à mon avis.


Et donc oui la sensibilité conservatrice parmi les masses n’est pas à exterminer et puis surtout pour la remplacer par quel progrès ? défini par qui ? Un monde vide de sens, absurde, régi par le hasard ? Ou bien des valeurs subjectivistes qui seront celles de l’équipe dirigeante en place ? Non cela n’est pas acceptable.


Cependant, une deuxième erreur a pu apparaitre dans le mouvement communiste actuel, celle de croire qu’il faudrait finalement un « national-bolchévisme anti-révisionniste » (si j’ose ce qui jusque là a toujours été un oxymore), c’est à dire une économie totalement planifiée mais avec une idéologie d’Etat unique, également entièrement unificatrice (l’intellectuel Pierre Paul, dont la pensée iconoclaste et iconodoule à la fois a pu m’inspirer même si j’en produirai prochainement la critique, avait parlé d’une « théocratie socialiste » qui outre qu’elle soit contraire au marxisme, aurait clivé la société (car ya qd mm 51% de non-croyants en France) et aurait été sujet à des contradictions théologiques intenses même sous une forme œcuménique). On est alors là dans le subjectivisme conservateur-religieux-nationaliste qui ne vaut pas mieux que le subjectivisme scientiste-athée-cosmopolite.


Parmi nos ennemis, on a clairement la gauche républicaniste qui veut imposer son modèle par la force. Et cette conception influence de nombreux prétendus communistes qui se fourvoient dans ce roman national absolument abstrait qui les coupent d’une large partie des masses, finalement comme les post-modernes se coupent également avec leur délire tout aussi abstrait.


Désormais est-ce que le mot d’ordre des communistes sur les sujets de société ne serait pas la prudence ? Résister aux modes dévastant tout sur leur passage, résister à la tentation autant de se positionner à fond pour telle thèse à la mode que de se positionner à fond contre, résister à l’alignement finalement autant sur les thèses conservatrices que progressistes.


Le marxisme est autant une pensée du progrès qu’une pensée de la décadence. En effet, il existe un progrès des forces productives entrainant un progrès technique, intellectuel et moral. Or, la crise du capitalisme bloque le développement du progrès et entraine ainsi une décadence intellectuelle et morale, tandis que de nouvelles inventions voient le jour mais elles sont instrumentalisées dans un sens décadent (quête du profit, modes bourgeoises). Le capitalisme pousse l’innovation vers l’esprit décadent du marché et empêche le développe d’innovations vraiment utiles à l’humanité.

Le progressisme comme le conservatisme sont toutes deux des pensées bourgeoises, d’ailleurs il existe autant un progressisme libéral qu’un conservatisme libéral, un conservatisme plus étatiste-« social » qu’un progressisme plus étatiste-« social ».


Oui on s’est fourvoyés en considérant l’homosexualité comme une dégénérescence bourgeoise, ne nous fourvoyons pas tout autant en s’enfermant dans ce « progressisme sociétal » qui tend désormais au trans-humanisme. Bien sûr les prothèses médicales pour les handicapés c’est une bonne chose mais est-ce qu’un monde où les êtres humains seraient des machines serait souhaitable ? Alors sous le communisme, ce serait chaque individu, très éclairé après des siècles de socialisme, qui déciderait .. soit mais en attendant sous un Etat socialiste, le groupe dirigeant le Parti aurait le pouvoir de tout réécrire le code génétique des gens ? Ce serait sain ?

Moi je veux croire en un dépassement dialectique de tout ça : un monde où il n’y’aurait pas de contradiction entre économie entièrement planifiée, liberté de l’individu tant qu’il ne l’entrave pas et diversité des cultures, des modes de vie, des pensées, des croyances..finalement c’est ça qui fait la beauté de l’humanité : la diversité. Et c’est fondamentalement ça ma divergence autant avec l’islamisme, l’idéologie SJW (« social justice warrior » : « combattant de la justice sociale, c’est à dire activiste gauchiste des réseaux sociaux, particulièrement sectaire et intolérant, animé par l’idéologie post-structuraliste, déconstructionniste bref libérale post-moderne) ou le républicanisme : le rejet de la diversité.


Sous le socialisme, il y’aura toujours des contradictions au sein du peuple. A nous de les régler pacifiquement. Ni le dogme du progressisme sociétal, ni le républicanisme français, ni la « théocratie socialiste » ne régleront magiquement ces contradictions, ce ne sera qu’un parti-pris subjectiviste intensifiant les antagonismes.

Pratiquant donc la tolérance pour tout ce qui ne menace pas ouvertement, objectivement, concrètement la construction du socialisme ! Permettons la liberté des cultes, la liberté de l’enseignement des langues, la liberté de pratique des traditions (du moment qu’elle ne porte pas atteinte à la dignité humaine ou celle de la nature), la liberté des différents modes de vie et de pensée (alimentation, sexualité etc). La tolérance est la clé et non pas la croyance d’avoir une vision sociétale « progressiste » qui est une impasse subjectiviste, contrairement à la planification intégrale de la production qui est objectivement la seule chose qui peut sauver l’humanité de son autodestruction, et par conséquent l’établissement d’un appareil d’Etat fort pour exproprier la bourgeoisie, l’abolir en tant que classe et réprimer la contre-révolution.

Je critique ici aussi bien le nationalisme homosexuel, transsexuel, hermaphrodite (plus des catégories non-matérielles qui sont inventées comme autant de drapeaux à ajouter) que l’opposition au mariage homosexuel qui pourtant fait partie de cette tolérance nécessaire à l’égalité entre êtres humains. Je critique autant ceux qui veulent faire un texte vu comme saint la base de toute loi, persécutant ceux qui n’y croient pas, que ceux qui disent que la religion devait disparaitre sous le socialisme car il faudrait « bâtir un homme nouveau ». On a vu cette idée se réaliser sous la forme de la monstrueuse erreur qu’était l’athéisme d’Etat en Albanie socialiste. Au lieu d’unir autour de sa très bonne politique économique, Hoxha a divisé les masses en s’en prenant à la foi, y compris sous des formes anodines (habit, taille de la barbe, prière..).

Les communistes devraient être dans la tolérance (du moment qu’il n’y’a pas entrave à la construction du socialisme et/ou mépris pour la dignité humaine et naturelle), le reste n’est que subjectivisme sectaire.

Plan d’action pour le Mouvement Communiste International

Cet article est le fruit d’une réflexion théorique et pratique de plusieurs mois. Il fait suite, approfondit, complète le premier article du blog : https://sartanroujo.art.blog/2021/03/06/linternationale-communiste-panorama-historique-et-perspectives-actuelles/

Les axiomes suivants peuvent permettre de reconstruire le Mouvement Communiste International et ainsi l’amener à la victoire.

  • Le fait politique principal dans le monde est la domination de la bourgeoisie impérialiste occidentale sur les masses populaires (couches sociales ayant intérêt à une révolution, prolétarienne ou national-démocratique selon l’état d’avancement social du pays) du monde entier, c’est à dire à la fois sur le prolétariat en métropole et sur le bloc des 4 classes (prolétaires, paysans, petite-bourgeoisie et faction patriotique de la grande bourgeoisie) en colonie ou néo-colonie. Les masses populaires des pays non-alignés subissent les conséquences de cette domination via l’embargo, divers sanctions économiques, déstabilisations, assassinats et finalement la guerre qui peut être d’impact génocidaire (ex : un million de morts dans l’intervention US de 2003 en Iraq). La bourgeoisie impérialiste occidentale est celle des pays du Bloc occidental, à savoir les USA comme pays le plus puissant et orientant les autres (même si des contradictions peuvent exister ponctuellement avec la France ou l’Allemagne notamment), ensuite l’Union Européenne, enfin le Japon, les pays d’Europe du nord-ouest non-membres de l’UE (la Norvège, la Suisse, l’Islande..), les colonies blanches extra-européennes que sont le Canada, l’Australie, l’Etat « d’israel » et la Nouvelle-Zélande..concernant l’UE il existe une certaine oppression en son sein de pays d’Europe méridionale et orientale par les pays d’Europe du nord-ouest. Cependant, pour ces pays, c’est le socialisme immédiat qui se pose comme l’a formulé très clairement le Parti Communiste de Grèce. Il n’y’a pas d’alliances avec une quelconque « bourgeoisie patriotique », seulement comme dans tout pays capitalistes avec les éléments de la petite-bourgeoisie acceptant de se placer sous la direction du prolétariat pour contrer les effets de la crise du capitalisme sur leur existence.

  • Seul le communisme pourra à terme mettre fin définitivement à cet état de fait. Le réformisme en métropole n’avancera à rien et ne mènera qu’à commettre soi-même ces crimes (y compris l’étapisme de type Frexit Progressiste ou Front Populaire autour de Mélenchon que le PCRF dénonce ici : https://www.pcrf-ic.fr/L-etapisme-une-question ). Des bourgeois sincèrement patriotes de la Tricontinentale (Amérique Latine, Afrique, Asie auxquels on peut ajouter l’Océanie) peuvent faire progresser les forces productives dans leurs pays à condition de planifier une partie au moins de leur production (ex : l’Algérie de Boumédiène ou le Venezuela de Chavez), ce qu’on pourrait appeler le socialisme bourgeois de la Tricontinentale, qui peut évoluer en socialisme marxiste-léniniste comme l’a fait Fidel Castro à Cuba. La victoire de forces patriotiques non-socialistes (ex : Talibans), même si elle ne débouchera pas sur le développement du pays, a un effet positif : elle apprend au peuple qu’il peut vaincre l’impérialisme. Ainsi, cette victoire peut à long terme renforcer la possibilité de victoire ou du socialisme bourgeois ou du socialisme marxiste-léniniste dans ces pays et aussi affaiblir les bourgeoisies impérialistes en métropole et donc faciliter nos révolutions à nous.

  • Il existe deux Etats non-intégrés au bloc occidental qu’on qualifie habituellement d’impérialistes (laissons de côté comme révisionnistes les élucubrations du MLPD sur l’Inde, l’Iran, le Brésil et 14 autres pays impérialistes du Sud, on voit très bien que l’Iran certes expansionniste est incapable d’assurer une rente à ses citoyens sur la base d’une plus-value qui serait extorquée par ses monopoles à l’étranger, le parallèle peut fonctionner pour la Chine mais pas pour l’Iran ou ces autres pays-là qui sont soit des pays alignés sur l’Occident soit des pays non-alignés subissant des pressions impérialistes) : la Russie et la Chine. La Russie est bien entendu un pays capitaliste, dégun le nie mise à part une poignée d’anti-communistes russophobes. Ce pays possède une force de frappe militaire importante issue de l’ancienne Armée Rouge enfin de ce qui a pu échappé au pillage (cf Youri Orlov dans Lord of War). On le voit en Syrie où elle porte à bout de bras le gouvernement d’Assad mais tout autant que la République islamique d’Iran et ses milices alliées dont le Hezbollah qui contrôle une bonne partie de l’appareil d’Etat libanais. Cependant, économiquement parlant, la Russie est loin derrière les pays du bloc occidental. C’est une mono-économie gazière qui a un PIB par habitant bien inférieur à celui de pays comme la Turquie, la Grèce ou encore la Pologne, comme c’est le cas également de la Chine. On est loin de la puissance économique soviétique. Ce n’est pas pour rien si la Russie fait partie des BRICS. Ce n’est absolument pas une puissance de niveau équivalent à celle du bloc occidental. Il peut donc être bienvenu de critiquer divers politiques russes n’allant pas dans l’intérêt du communisme mais il faut refuser de mettre sur le même plan ce pays et le bloc occidental comme danger pour les masses populaires mondiales. Ensuite, on a la Chine : sujet vaste et passionnant. Personnellement, je considère la Chine comme capitaliste mais je trouve que c’est pas forcément pertinent d’en faire une question antagonique. Il faudrait convenir (et c’est ce que dit le Parti Communiste de Grèce ou tout du moins ce que j’en comprends)1 que si le Parti Communiste (nouveau authentiquement ML à construire) arrive au pouvoir en France ou dans une série de régions d’Europe de l’Ouest, on aurait des relations cordiales avec la Chine et que, dès aujourd’hui, on ne souhaite pas que notre pays entre en guerre avec la Chine. On refuse la propagande médiatique anti-chinoise, on ne soutient pas les séparatismes pro-impérialistes de Taiwan, Hong Kong, du Tibet ou du Xinjiang. En revanche, il ne faudrait pas admettre le PC chinois au sein de la nouvelle Internationale à construire. Il faudrait permettre à des partis opposés à la Chine comme le Parti Communiste des Philippines d’y figurer. Je pense qu’il serait possible de trouver ainsi une position équilibrée et consensuelle qui ne dégouterait que les hyper-dogmatiques sectaires anti-chinois (par tradition maoiste [et plus encore gonzaliste], hoxhaiste ou brejnévienne) ou les hyper-fanatiques de la « pensée Xi Jinping » qu’on laissera croupir dans leur délire.

1 https://inter.kke.gr/fr/articles/Le-role-international-de-la-Chine/ : « Sur cette base, le KKE, tout en continuant à maintenir des relations bi-latérales avec le PC de Chine, suit avec attention ses évolutions et forme ses propres analyses qu’il exprime publiquement ainsi qu’au PCC. Comme nous le savons, le KKE a déjà noté à partir du 17ème Congrès de 2005 l’expansion des rapports capitalistes en Chine. Dans la période suivante, cette tendance s’est renforcée et devient même plus évidente. »

  • Sur cette base on pourrait développer une nouvelle Internationale Communiste qui comprendrait au départ plusieurs organisations par pays où le Parti Communiste n’a pas encore été construit ou ne s’est pas objectivement démarqué des groupes opportunistes par la taille (contrairement à la Grèce et le KKE, les Philippines et le PKP, peut être le Burkina Faso et le PCRV ? même si j’ai des critiques à formuler sur sa théorie mais sa pratique a l’air celle d’un Parti Communiste), mais viseraient à les faire se rassembler en un seul Parti d’avant-garde, section de l’Internationale Communiste nouvelle. Cette Internationale serait dotée d’un centre d’étude du marxisme-léninisme qui pourrait établir scientifiquement la vérité quant à l’histoire du marxisme-léninisme après la mort de Staline en 1953 et ainsi trancher les débats entre filiations de Mao (et subdivisions MLM gonzaliste vs ML pensée Mao, notamment celle du MLPD mais y’en a encore d’autres..ainsi d’ailleurs que le « maoisme-tiersmondisme » de LLCO ou Jason Unruhe bref), de Hoxha et celle disons de Brejnev-Castro-Honecker, avec bien sûr l’expérience de la Corée dans toute sa complexité, celle du Vietnam, celle de la Yougoslavie qui en dépit de son économie capitaliste d’Etat (comparable à la Chine actuelle) et de sa trahison honteuse en 47 qui mérité d’être dénoncée encore ajd, a joué, dans la recomposition mondiale suivant la mort de Staline , un rôle intéressant (normalisation des relations albano-yougoslaves en 1971, on oublie très souvent de le dire), la Yougoslavie avait des bonnes relations à la fois avec Moscou, Pékin, Le Caire, New Dehli et d’autres encore dans les années 60) ou encore la Roumanie de Ceaucescu, les socialismes africains de Mengistu, Lumumba, Sankara, Kadhafi, Boumédiène, Ngouabi, Neto, Machel, Siad Barré, Kérékou, Ratsiraka et j’en passe, certains qui s’affirmaient marxistes-léninistes d’autres non mais ces régimes partagaient des caractéristiques communes. l’expérience socialiste en Afghanistan et au Yémen bref. Ce centre d’étude du marxisme-léninisme pourra également définir une position objective vis à vis de la Chine actuelle, sur les questions nationales de par le monde (bien sûr en se basant sur des analyses locales) et sur les questions de société (égalité hommes-femmes, anti-racisme, question de l’islamophobie et la laïcité, revendications LGBTI..)

  • Cette Internationale pourrait alors envisager la formation d’une nouvelle « Organisation de la solidarité des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine » appellée usuellement la Tricontinentale et qui avait dérivé en nationalisme bourgeois à courte vue au sein du Mouvement des Non-Alignés malgré le rôle remarquable de Fidel Castro en son sein pour y développement un anti-impérialisme pro-soviétique ou au moins pas anti-soviétique primaire. Cette nouvelle Tricontinentale pourrait servir de lieux de rencontre et de coopération entre les communistes et des révolutionnaires patriotes en lutte pour libérer leur nation du colonialisme, du néo-colonialisme (avec bien sûr la résistance palestinienne, la résistance anti-françafrique mais pourrait englober aussi des dirigeants corses, basques, irlandais, catalans pourquoi pas..des dirigeants kurdes réellement anti-impérialistes si il y’en a qui apparaissent d’ici là même si bon le séparatisme kurde en soi me parait pas être une solution). Je serais d’avis de laisser les chefs d’Etats non-alignés style Loukatchenko, Maduro en dehors de l’assoc pour éviter qu’elle dévie dans l’opportunisme mais par contre de coopérer avec eux si besoin est sur telle ou telle question.

  • Sur cette base-là, on pourra alors orienter la politique du Parti Communiste de France comme dans les autres métropoles impérialistes comme consistant en la jonction entre un travail d’agitation-propagande contre l’impérialisme (contre la Françafrique, contre les guerres et ventes d’armes de la France, en faveur du boycott des produits israeliens BDS et de la solidarité avec la résistance palestinienne, en faveur de l’auto-détermination des colonies possédées par la France comme les DOM-TOM et la Corse ainsi que des nations niées notamment Bretagne, Pays Basque et Catalogne où l’indépendantisme populaire-révolutionnaire y est fervent), un travail syndical de reconstruction d’une CGT prolétarienne combattive membre de la Fédération Syndicale Mondiale (lutte contre la casse des services publics, pour la relocalisation de la production, pour la sauvegarde des emplois, l’augmentation du SMIC, l’interdiction des licenciements, mais aussi le blocage des navires exportant du matérial militaire français comme l’UD CGT 13 l’a fait avec les navires transportant les armes françaises), la participation en tant que Parti et en tant que CGT aux révoltes populaires (gilets jaunes, mouvement anti-pass..) enfin la connexion entre ces trois éléments de pratique à travers la construction du Parti ayant comme objectif de préparer les conditions subjectives de l’insurrection. Le Parti Communiste cherchera à unir le prolétariat ainsi que des éléments issus de couches non-prolétariennes voyant leurs conditions de vie drastiquement dégradées par la crise du capitalisme, en mettant en avant ce qui unit plutôt que ce qui divise. Ainsi, bien entendu, à travers l’Histoire, les communistes ont défendu les causes démocratiques, que ce soit le refus d’une société policière, arbitraire (ainsi les comités anti-répression en interne peuvent se combiner avec une lutte contre les crimes policiers, pour que les familles obtiennent justice, lutte contre l’état d’urgence, contre le pass sanitaire, contre le confinement, la dictature hygiéniste sous prétexte du corona), la protection de l’environnement, l’égalité entre les hommes et les femmes ou encore l’obtention de droits civiques pour les minorités qui doivent être égaux à ceux de la majorité. Cependant, les communistes ne doivent pas s’aligner pas sur les mouvements bourgeois que ce soit libertaires, écologistes, féministes, queer, décoloniaux, kémites, islamistes ou autres qui instrumentalisent ces questions. Les communistes ne doivent pas sombrer dans le mythe de l’intersectionnalité (faire croire que toutes les causes des « opprimés » se valent en prenant comme critère une souffrance exercée par une majorité d’oppresseurs sur une minorité d’opprimés, allant jusqu’à l’absurde : les maigres opprimeraient les gros, les vieux opprimeraient les jeunes etc) ni dans une conception libérale de la société. Nous avons une dictature du prolétariat à bâtir ! Il faudra donc se positionner avec parcimonie sur ces questions dans le but de ne pas cliver les masses populaires sur ces enjeux sociétaux mais de les réunir pour l’insurrection.

  • Avec un plan d’action pareil, nous communistes d’Hexagone et du monde entier, pourrons faire reculer la dictature de la bourgeoisie impérialiste jusqu’à la renverser définitivement et construire ainsi le socialisme jusqu’au communisme ! Unis, munis de la science marxiste-léniniste et déterminés, nous vaincrons !

Pourquoi les communistes devraient arrêter de chercher l’unité de la gauche et de manière générale de se revendiquer de la gauche

Feu sur les ours savants de la social-démocratie !

Evidemment la définition de gauche c’est progressisme, le camp du progrès, face à la droite qui est le camp conservateur, celui de la réaction face au progrès (encore une fois le mot réactionnaire a deux définitions : celui de la contre-révolution, réaction face au mouvement ouvrier et aux insurrections patriotiques des peuples opprimés, et sens de « revenir à un passé idéalisé », conservateur et réactionnaire ne sont pas tout à fait synonymes même si ils se rejoignent). Et oui il y’a un progrès objectif défini par le marxisme-léninisme : le progrès des forces productives. Mais qui en définitive est le seul camp à l’assurer ? Les communistes authentiquement marxistes-léninistes, les anti-révisionnistes qui combattent l’opportunisme et le gauchisme. Bien sûr pour éviter de s’enfoncer dans le sectarisme et s’isoler du reste du mouvement ouvrier, ce noyau anti-révisionniste doit pratiquer l’unité d’action mais avec qui ? Et bien avec tous ceux qui sur une question précise ont une contribution positive à apporter. Alors oui je comprends l’idée tentante de qualifier ce groupe de personnes de « la gauche ». Mais celà pose plusieurs problèmes.


Déjà comme je l’ai dis on parle bien de « question précise » (ex : la cause palestinienne, la défense des services publics, l’opposition à l’impérialisme français en afrique, la sortie de la France de l’UE, de l’euro et de l’OTAN) mais du coup une organisation politique ou un individu peut très bien se positionner positivement sur une question et négativement sur une autre (ex : souhaiter la sortie de la France de l’OTAN mais refuser la fin de la Françafrique ou bien comme le font Asselineau et Mélenchon prétendre soutenir la fin de la Françafrique tout en parlant d’assurer la présence française sur les 5 continents). Donc ce groupe d’alliés de circonstance n’est EN AUCUN CAS un groupe permanent mais un groupe temporaire remis en cause à chaque nouvelle lutte.


Deuxièmement, ces alliés s’identifient-ils à la notion de gauche ? Pas forcément. les Gilets Jaunes sont indiscutablement des alliés face à la casse du service public mais se voient ils comme de gauche ? généralement non. On ne compte pas le nombre de forces anti-impérialistes du Tiers-Monde de type féodale et/ou conservatrice qui sont néanmoins à soutenir dans une lutte spécifique (ex : il faut soutenir l’entiereté de la résistance palestinienne y compris le Hamas et le JIP) comme l’expliquait Lénine : « si il ya une guerre entre le roi d’Afghanistan et le Royaume-Uni, il faut soutenir le roi d’Afghanistan ». Le problème étant évidemment les guerres de proxy comme la guerre en Syrie mais c’est un autre problème.


Dès lors, une organisation s’auto-revendiquant « de gauche » ou étant qualifiée par les médias « de gauche » vaudrait-elle automatiquement plus à nos yeux de communistes qu’une organisation qualifiée « de droite » ? Non clairement non. Une organisation qui se veut prolétarienne, révolutionnaire, anti-impérialiste, marxiste-léniniste c’est déjà autre chose, on peut en discuter, débattre de l’attitude à adopter, de la sincérité de ses principes mais ils sont bons en soi. Par contre « de gauche » non. Du coup c’est aussi valable pour l’extrême-gauche qui refuse l’unité des anti-impérialistes mais prône les dogmes sociétaux comme base d’unité (anti-extrême-droite, anti-sexisme, anti-homophobie, anti-transphobie, anti-racisme qui sont les tabous à ne pas transgresser, par contre on peut soutenir le renversement de Kadhafi comme l’a fait le NPA et faire partie de cette union de l’extrême-gauche), à ce qu’elle appelle antifascisme et qui est en vérité « une union de la gauche » du PS (et encore..). Benoit Hamon n’est pas rejeté comme un impérialiste ennemi de classe mais critiqué comme trop modéré .. et qd mm inclus lors de la marche du 12 juin contre « l’extrême-droite et ses idées », alors même qu’il s’est présenté pour le PS en 2017 après tous les crimes contre le prolétariat et les peuples opprimés d’afrique (invasion du mali, soutien aux milices déstabilisant la syrie, répression des manifs anti-loi travail, meurtres policiers en totale impunité d’adama traoré et de rémi fraisse) que ce parti a commis au pouvoir. Il en est de même pour les partis bourgeois que sont EELV et le PCF. Mélenchon y a participé aussi mais a mené une autocritique partielle (sur maastricht par ex) mais ne remet pas en cause fondamentalement le mitterandisme et notamment la françafrique, on ne peut pas donc exclure la FI de la gauche impérialiste.


Faut-il dès lors unir toute l’extrême-gauche prétendument prolétarienne et prolétarienne ? Non car une partie s’oppose ouvertement à l’anti-impérialisme (ex : les luxembourgistes, bordiguistes etc). Faut-il dès lors unir toute l’extrême-gauche prétendument anti-impérialiste ? Non car il y’a des sournois comme le NPA qui se prétendent anti-impérialistes mais qui au lieu de faire campagne contre toutes les interventions militaires de la France, prennent des positions ambigues lorsque celle-ci intervient par « rejet des dictatures ». Il ne s’agit pas évidemment par ex dans le cas de Kadhafi de ne voir aucun défaut à son régime centré sur sa personne, changeant comme son tempérament mais de faire de l’opposition à l’intervention française le point central de toute position et de chercher à rassembler un maximum autour de ce principe, ce que le NPA et plus généralement les trotskistes, anarchistes, gauchistes, réformistes de tous poils refusent de faire.


Faut-il dès lors unir toute l’extrême-gauche authentiquement anti-impérialiste ? Non plus car elle n’existe pas. Il existe des individus qui à un moment ou un autre peuvent être inclus dans un front de lutte, peu importe leur sensibilité, mais il faut refuser tout cartel, a fortiori électoral, avec des forces de la bourgeoisie impérialiste et des opportunistes en tous genre (NPA, LO, anarchistes etc).


En conclusion, il n’y’a aucun intérêt à dire par exemple « Le PS n’est plus de gauche », à faire l’antifa en s’alliant avec n’importe quel laquais de l’impérialisme, conscient ou inconscient, pour aller casser la figure à d’autres laquais de l’impérialisme, conscients ou inconscients, qu’on a aura défini comme pires de par un euro-centrisme philosémite (si la Shoah est pour les antifas un crime absolu, en revanche, les crimes contre l’humanité coloniaux commis par la SFIO-PS et ses succédannées Générations ou FI, malgré des autocritiques partielles et incomplètes ne sont pas rhédibitoires, auxquels on peut ajouter EELV et PCF de la gauche plurielle de 1998 qui cautionna le bombardement de belgrade par des avions français de l’OTAN en 1999).


Et de manière plus général aucun intérêt à utiliser le mot gauche tout court. Le Front des Luttes Populaires Anti-Impérialistes sera créé par le Parti en regroupant des individus peu importe leur sensibilité, leur adhésion ou non à d’autres organisations. Il ne regroupera en aucun cas des organisations politiques concurrentes au Parti Communiste. Dans la situation concrète actuelle, dans l’Etat français, ça n’aurait aucun intérêt, ce serait même très néfaste.

Feu sur les ours savants de la social-démocratie !

Le PRCF : un groupuscule chauvin qui usurpe la bannière du marxisme-léninisme

(photo d’une manifestation à Wuhan en Chine au moment des Jeux Olympiques de Pékin de 2008. Elle fait suite aux campagnes médiatiques françaises en soutien au mouvement séparatiste tibétain dirigé par le laquais de l’impérialisme US, Tenzin Gyatso, dit le 14ème Dalai Lama. Je trouvais qu’elle illustrait bien cet article car le PRCF soutient l’actuel « Parti Communiste Chinois » (note de bas de page 1) que nous considérons pour notre part aujourd’hui comme un parti révisionniste ayant restauré le capitalisme en Chine ces quarante dernières années, tout en mettant en exergue le patriotisme français et en combattant la lutte de libération nationale du peuple corse que nous soutenons, ainsi que la défense des langues et cultures dites « régionales » d’Hexagone, l’obtention de statuts d’autonomie, l’organisation de référendums sur le droit à l’auto-détermination, pour les territoires qui le souhaitent, et une application souveraine de l’issu du scrutin, contrairement au bafouement inique du référendum sur l’indépendance de la Catalogne ayant vu le « oui » l’emporter avec un taux de participation de plus de 50%. Nous rappelons qu’à la Sartan Roujo nous appelons à la libération des prisonniers corses, basques et catalans et soutenons toutes les luttes anti-impérialistes de par le monde.)

J’ai du respect pour certains militants de base [mais est-ce vraiment différent du respect qu’on peut à voir pour des camarades ouvriers syndicalistes combattifs qui se feraient bouffer le cerveau par le trotskisme ou l’anarchisme ? Non.] du Pôle de Refondation Communiste en France (PRCF), pour sa lutte contre la casse du service public, contre l’anti-communisme, on peut les considérer comme des camarades anti-impérialistes sur pas mal de luttes (quelques exceptions on verra plus bas) et comme des camarades syndicalistes prolétariens offensifs. En revanche cette organisation ne peut pas être considérée comme marxiste-léniniste.

De plus (ajout du 22/03/22), c’est un groupuscule qui défend la police, l’armée, les services secrets ou plutôt leur « composante républicaine », tout un programme ! et qui est fier de compter un ancien préfet dans ses rangs, ils appellent carrément à réprimer le peuple corse, à mettre ses patriotes en prison. On est sûrs que si on entre en affrontement armé avec l’Etat, ils nous dénoncerons à la police comme le soi-disant « Parti Communiste » italien faisait avec les Brigades Rouges.

Le PRCF disparaitra avec la victoire des révolutionnaires et finira : au goulag !


Outre déjà ses prises de position sur la France, la francophonie qui confinent à l’obsession idéaliste (certes le PRCF dénonce la Françafrique et soutient des organisations patriotes africaines comme le Parti Sadi au Mali (note de bas de page 2) donc on ne pourrait pas leur reprocher un « chauvinisme » ne serait pas vis à vis des néo-colonies françaises, ils ont mis également dans leur programme (note de bas de page 3) : « Tenir des référendums d’autodétermination dans les DOM-TOM qui en feront la demande; proposer cependant que les DOM restent dans la République (l’affirmation par un DOM-TOM qu’il veut rester dans la République sera reçue comme un devoir d’honneur pour la France de rompre totalement avec les rapports néo-coloniaux hérités du passé). Respecter leur volonté d’indépendance si telle est leur décision et redéfinir les relations de pays à pays sur des bases égalitaires. », ce qui n’entre pas en contradiction avec la théorie léniniste sur le sujet, même si personnellement je le formulerai différemment, de par l’absurdité de garder dans le même Etat des pays situés à des milliers de km de distance.


En revanche, des passages comme « Abrogation de la modification constitutionnelle stipulant que la France est une république décentralisée. Suppression de toutes les mesures prises à la suite de cette modification. Abrogation du statut administratif de la Région et fin des prérogatives du Conseil Régional. Fin du statut particulier de la Corse et de l’Alsace-Moselle » relève très clairement pour moi d’une position chauvine-coloniale dans le cas de la Corse et chauvine-grand-française (à la manière du chauvinisme grand-russe dans l’URSS) dans le cas des pays d’Hexagone.


C’est déjà pour moi une dérive grave. Cette focalisation sur le patriotisme français mène le PRCF à défendre la république française, pourtant bourgeoise, et ses institutions. Ainsi, on retrouve dans le programme du PRCF des passages tels que  » Réaffirmation du caractère national de la police et de l’armée. », « Stricte limitation des missions de la police à la protection des biens et des personnes. » Le PRCF ne semble pas conscient que cette police constitue les chiens de la garde de la bourgeoisie, la colonne vertébrale de l’appareil d’Etat bourgeois dont Lénine nous .. ou bien à la manière des trotskistes, ils jouent de cette ambiguïté du programme de transition entre programme minimum et programme maximum, alors que les conditions concrètes de dégénérescence du système impérialiste obligent à faire de la dictature du prolétariat l’unique programme du Parti Communiste à construire (comme le fait le Parti Communiste Révolutionnaire de France, tout en ne prétendant pas être déjà le Parti reconnu par le prolétariat mais en affirmant la nécessité de fonctionner en parti, tout en pratiquant l’unité d’action avec les autres organisations se revendiquant du marxisme-léninisme, y compris avec le PRCF). Quelle confusion générer auprès du prolétariat que de dire : certes il faut une révolution pour détruire l’appareil d’Etat bourgeois ce qui passera par la dissolution de la police nationale (quitte bien sûr à ce que d’anciens flics rejoignent ensuite à titre individuel, la Milice Populaire que nous construirons comme c’était le cas en URSS et dans les autres pays socialistes) mais d’abord il y’a une étape « patriotique » lors de laquelle nous devons construire une « police forte » ! (note de bas de page 4)


Le PRCF développe une théorie délirante de « l’occupation de la France par l’UE » (et derrière l’UE les impérialismes allemand et US) alors même que l’UE est un outil créé par les bourgeoisies française et allemande sous le patronage des bourgeoisies US. Je pense personnellement que si lien de subordination, il y’a c’est la Grèce qui le subit et non la France, même si les camarades grecs du KKE ne mettent pas en avant cette thèse car ils veulent éviter qu’on croit qu’ils prônent une stratégie d’alliance avec la « faction patriote » de la bourgeoisie grecque, théorie dont est proche le PRCF quand ils parlent de Frexit Progressiste en appelant à voter Mélenchon ou plus explicitement encore à l’époque où ils fricotaient avec Asselineau (évoque révolue, j’y reviens en note de bas de page 5), or ce n’est pas ce que je prône ni en France ni en Grèce, je dis juste que la Grèce est opprimée par l’impérialisme allemand via l’UE elle pour le coup, contrairement à la France qui elle opprime justement des pays comme la Grèce, même si sans doute moins explicitement que l’Allemagne et son discours hyper-arrogant dont on se rappelle tous.


Enfin, il existe chez le PRCF, contrairement aux accusations des trotskistes, antifas, anarchistes et autres contre-révolutionnaires, un refus de considérer Staline comme le synthétisateur du marxisme-léninisme. Dis comme ça, ça peut paraitre du chipeautage, jouer avec les mots mais c’est fondamental. Il faudrait bcp de lignes pour l’expliquer mais pour fair vite, c’est lié avec leur non-application de la doctrine léniniste sur la nécessité de détruire l’Etat bourgeois pour en construire un nouveau. Le PRCF dépasse la simple critique des erreurs de Staline. Le PRCF refuse de concevoir que le socialisme en URSS sous la direction de Staline a acquis un caractère précurseur, inédit jusque là et à reproduire en l’affinant toujours bien entendu. Lorsque l’URSS a éliminé le chomage en 1934, c’est un évènement inouï, inédit jusque là. Et que si Staline a commis des erreurs, notamment en matière de géopolitique et de gestion des religions et nationalités, celles-ci sont très secondaires par rapport à la voie universelle qu’il a bâti pour construire le socialisme. Les réussites des autres Etats socialistes s’étant développé après la Seconde Guerre Mondiale ont résidé dans leur capacité à suivre cette voie infra-structurellement même si super-structurellement il pouvait exister des différences très importantes (exemple typique : la DDR de Erich Honecker).


Tout en montrant que les bourgeois ont exagéré à son sujet, ils refusent de la considérer comme un des quatres classiques du marxisme-léninisme : ainsi dans le programme du PRCF, il n’y’a zéro occurence à son nom, contre 19 pour Marx (englobant aussi « marxiste »), 2 pour Engels et 8 pour Lénine, alors même que des ouvrages aussi fondateurs que « Anarchisme ou Socialisme », « Le marxisme et la question nationale et coloniale » ou encore « Les Principes du Léninisme » ont autant d’importance pour un programme politique que le « Manifeste du Parti Communiste », « Les Origines de l’Etat, de la Famille et de la Propriété », « La Question Juive », « Que Faire », « L’impérialisme : stade suprême du capitalisme », « Le gauchisme : maladie infantine du communisme » ou encore « l’Etat et la Révolution ».


Je conclus donc avec ce commentaire que j’ai trouvé sur un site trotskiste nommé « matière révolution » qui attaquait le PRCF en le traitant de « nationaliste, stalinien et souverainiste » (note de bas de page 6). Autant je trouve la réponse de ce militant PRCF sur « nationaliste » et « souverainiste », conforme au marxisme-léninisme (mais est-ce vraiment compatible avec la ligne d’un PRCF qui fait la guerre aux anglicismes, qui prône la francophonie et traque les anglicismes, que par ailleurs je n’aime pas mais est-ce le rôle d’un parti communiste (??), et qui prône une étape intermédiaire à la dictature du prolétariat, précisément souverainiste qui plus est : le Frexit progressiste), autant la réponse de ce militant sur le sujet du trotskisme est anti-communiste. Alors ce militant PRCF est-il représentatif de la vision de toute l’organisation ? Il est possible que non. Cependant, il se pare de titres qui lui donnent de la légitimité. Il parle littéralement au nom de l’organisation. Je pense donc que ma critique est légitime.

Bien sûr les marxistes-léninistes n’emploient généralement guère le terme « stalinien » (marxiste-léniniste suffit amplement pour nous définir), cela dit lorsqu’un trotskiste nous traite de « stalinien », j’estime qu’il est inacceptable de se désolidariser de ce terme comme si il était une insulte. Vive Staline, dirigeant glorieux de l’URSS ! Vive le marxisme-léninisme, science permettant d’abattre l’impérialisme, de construire le socialisme et de parvenir au communisme ! A bas le trotskisme, démagogie contre-révolutionnaire constitué d’un galimatias contradictoire de postures visant à s’opposer à la lutte anti-impérialiste mondiale et à la construction du socialisme !


A bon entendeur et dans l’intérêt de l’unification des communistes de France en un seul Parti Communiste,


La Sartan Roujo

Notes de bas de page :

  1. https://www.initiative-communiste.fr/articles/international/le-parti-communiste-chinois-depuis-100-ans-au-service-de-la-chine/
  2. https://www.initiative-communiste.fr/articles/international/mali-et-france-sadi-et-prcf-solidaires/
  3. https://www.initiative-communiste.fr/programme-candidat-2012/
  4. à ce titre, je renvoie à l’excellent article du PCRF intitulé «  »L’étapisme » : une question stratégique fondamentale » : https://www.pcrf-ic.fr/L-etapisme-une-question
  5. Concernant Asselineau, voilà mon avis qui sera probablement publié à l’avenir sur le blog peut-être étoffer d’autres éléments afin de constituer un article : j’ai personnellement de la sympathie pour ce fonctionnaire qui a l’esprit d’Etat, qui n’est pas juste là pour s’enrichir personnellement et flatter son égo contrairement aux Sarkozy, Hollande et Macron, c’est un très bon conférencier, un des rares intellectuels bourgeois qui produit une pensée pas juste remplie de novlangue startup nation mais qui a une vision de développement humain dans les domaines scientifique et culturelle qui est sincère (bon Attali aussi est sincère et souhaite une forme de développement mais lui son développement c’est l’enfer sur Terre, eugéniste à souhait, destructeur des cultures nationales enfin bref je m’égare). En revanche, je n’ai jamais appelé à voter pour lui. J’ai appelé à faire front unique (unité d’action totale à la base, aucune unité au sommet, au contraire, critique totale) avec les ouvriers, prolétaires, travailleurs, militants ou sympathisants de l’UPR face à la casse du service public. Je suis formellement opposé à l’exclusion des militants et sympathisants de l’UPR des cortèges pratiquée par les mencheviks de « ‘Unité Communiste Lyon » et les sbires antifas avec lesquels ils sont alliés. Je me suis parfois emballé sur ce personnage par sympathie personnelle. En fait, je me dis qu’il est comme les officiers de l’armée tsariste qui ont rallié l’Armée Rouge. Aujourd’hui c’est un ennemi de classe mais si on prend le pouvoir, je le verrais tout à fait nous rejoindre par patriotisme et esprit d’Etat. Mais je prend aussi acte de la très bonne critique qu’a dressé le PRCF justement de ses propos scandaleux en faveur de « la flexibilité du code du travail », ce qui le place en ennemi sur un des champs de bataille fondamentaux des masses populaires aujourd’hui : lutter contre la destruction de notre système social hérité du rapport de force obtenu par les communistes et syndicalistes lors de la lutte contre les nazis et matérialisée par les ministres communistes du GPRF dont Ambroise Croizat, fondateur de la sécu (mais aussi des rapports de force de 36, de 68 et de bien d’autres auparavant). Mais de la même manière que les communistes pratiquaient le front unique dans les années 1930 avec la SFIO d’un Léon Blum qui se vantait de « gérer loyalement le capitalisme », ce qui en 2021 signifie être en faveur de la flexibilité du code du travail, ne pourront pas en faire de même avec les ouvriers de sensibilité UPR-ienne comme de manière générale tous les travailleurs désireux de lutter contre la casse du service public quelque soit leur sensibilité politique (bon membre de LREM ce serait qd mm très étrange ou contradictoire..mais quelqu’un peut voter même RN en 2017 et devenir communiste par la suite en luttant c’est ça la politique, et c’est notre objectif, pas d’exclure les travailleurs pensant différemment avec des anathèmes, du moment bien sûr qu’il ne s’agit pas d’individus au service du patron et/ou coupable d’agressions racistes ou autres types de violence, sur base idéologique ou autre d’ailleurs (un type qui se bagarre avec tout le monde pour rien) incompatibles avec la lutte commune).
  6. article contre-révolutionnaire trotskiste, veuillez supprimer les espaces si vous voulez y accéder, nous ne souhaitons pas améliorer son référencement : https: // www. matierevolution .fr /spip. php?article4306

Réponse à Houria Bouteldja à propos du chauvinisme du Parti Communiste Français

Voici la vidéo originale à visionner : https://www.youtube.com/watch?v=ItoEDgXFX5s

Sur le progressisme je suis entièrement d’accord. Sur le PCF c’est caricatural et donc plus faux que vrai. Il y’a eu des erreurs politiques commises par la direction du PCF et de la direction du PCA jusqu’à 1946 dont Bouteldja ne parle jamais ce qui est juste fallacieux, notamment en 1945 (dénonciation du PPA comme « agents hitlériens », participation de la section de Guelma du PCA à des milices coloniales ce qui a mené à une auto-critique du PCA dès 1946, la dissolution de la section de Guelma et l’expulsion de son dirigeant Amar Ouzegane ainsi que tous les membres compromis dans les milices, Ouzegane rejoindra ensuite..le FLN. le PCA s’engagera par la suite pour la cause nationaliste, formant son bras armé les Combattants de la libération qui se fondent dans le FLN en 1956. Par la suite, le PCA est interdit par Ben Bella mais re-formé sous le nom de Parti d’Avant-Garde Socialiste et toléré par le régime de Boumédiène à qui le PAGS apporte un soutien critique. Le PAGS a connu une scission en 1992 : ses membres restés communistes forment le Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, proche du Parti Communiste de Grèce, du Parti du Travail de Corée, du Parti Communiste Cubain.. c’est à dire le courant marxiste-léniniste « orthodoxe »), en mars 1956 (avec le vote des pouvoirs spéciaux à Guy Mollet) et tout le long de la guerre avec le mot d’ordre « paix en Algérie ». Cela dit de très nombreux communistes se sont engagés à titre individuel au service de la cause nationaliste algérienne et ont donné de leur vie ou de leur intégrité physique et morale : Bachir Hadj Ali, Larbi Bouhali, Henri Maillot, Maurice Laban, Fernand Iveton, Sadek Hadjerès, Alice Sportisse, Raymonde Peschard, Abdelkader Guerroudj, Jacqueline Guerroudj, Georges Acampora, Yahia Briki, Félix Colozzi, Mohamed Hachelaf, Raymonde Peschard, Henri Alleg, Maurice Audin et j’en passe.


Oui la direction du PCF a commis des erreurs à cette époque mais c’est clairement pas tout le PCF et même la direction n’est pas comparable avec celle des autres partis notamment la SFIO dont provient le PS et Mélenchon. Aucun militant de base n’a été exclu par le PCF pour s’être engagé dans la cause algérienne même si cela a contribué à la fondation du Parti Communiste Marxiste-Léniniste de France (PCMLF) fondé en 1967 par les militants du PCF issus des Amitiés Franco-Chinoises dirigées par François Marty et Jacques Jurquet, ancien résistant et engagé dans la cause nationale algérienne, époux de la révolutionnaire Baya Bahoune. Ces militants ont été exclus du PCF en 1964 pour avoir soutenu le Parti Communiste Chinois contre Krouchtchev.


Je vous conseille la lecture des articles suivants :


– un journal proche du PADS, qui revient sur l’histoire du PCA, son auto-critique de 1946 et son engagement au service de la cause nationale algérienne : « 8 mai 1945 : crimes du colonialisme et sempiternelles rengaines contre le PCA » alger-republicain.com/8-mai-1945-crimes-du-colonialisme.html

– le Parti Communiste Révolutionnaire de France, regroupant les communistes authentiquement marxistes-léninistes militant dans notre Etat, revient sur l’histoire du PCF notamment durant la Guerre d’Algérie : « Le PCF : comment est-il né et qu’est-il devenu ? » https://www.pcrf-ic.fr/Le-PCF-comment-est-il-ne-et-qu-est


Sur les prolétaires non-blancs c’est encore une fois caricatural, il y’a eu plusieurs organisations communistes pour la défense des prolétaires non-blancs notamment l’Union Intercoloniale dirigée par Abdelkader Hadj Ali et Ho Chi Minh, l’engagement de Lamine Senghor auprès de la Ligue universelle de défense de la race nègre et de la Ligue contre l’impérialisme et l’oppression coloniale, fondée par Willy Münzenberg, dirigeant du KPD et de l’Internationale Communiste, regroupant notamment Nehru et Sun-Yat-Sen. On peut citer aussi plus récemment le Mouvement des Travailleurs Arabes dans les années 1970 même si il était lié au mouvement maoïste ou encore l’Association des Travailleurs Maghrébins de France, la Confédération des travailleurs de Turquie en Europe (ATIK) et bien d’autres encore qui sont issus de partis communistes comme la Voie Démocratique (Maroc) et le Parti Communiste de Turquie/marxiste-léniniste.

Le problème étant que Houria Bouteldja n’analyse absolument pas le poids du révisionnisme (rejet des principes du marxisme-léninisme notamment l’anti-impérialisme au profit du réformisme et donc du chauvinisme) dans l’évolution du PCF, c’est un erreur d’analyse très grave. Il est indispensable de concevoir une dialectique entre direction et base du PCF, le tout en lien avec les évolutions idéologiques au sein du mouvement communiste international, notamment avec le coup d’Etat anti-communiste de Krouchtchev en URSS à partir de 1953 qui impose aux communistes d’autres pays de suivre sa ligne de réhabilitation du capitalisme, ligne partiellement combattue par Brejnev à partir de 1964 mais qui a eu une impact énorme sur la décadence idéologique des partis communistes du monde entier, Mao Zedong et Enver Hoxha ayant combattu cette ligne..mais adoptant une ligne extrémiste et chauvine pas forcément meilleure, et même bien pire à partir de 1969 et l’adoption par Mao d’une géopolitique pro-US.

C’est la ligne politique développée par Maurice Thorez après la seconde guerre mondiale et amplifiée par ses successeurs à la tête du PCF (Waldeck Rochet, Georges Marchais qui abandonne la mention de dictature du prolétariat des statuts du parti en 1976, jusqu’à aboutir à la tentative de liquidation totale du parti par Robert Hue et la politique actuelle de maintien du nom PCF avec l’abandon de tout ce qui a fait sa politique, jusqu’aux symboles comme la faucille et le marteau) qui a développé le chauvinisme au sein du parti. L’idée d’une étape intermédiaire avant la révolution socialiste balayant l’impérialisme français : une « extension de la démocratie », la « démocratie avancée », « l »étape intermédiaire anti-monopoliste » et autre langue de bois krouchtchévienne masquant mal l’intégration du PCF au sein des partis politiques de la dictature bourgeoise française. Alors on réhabilite le drapeau bleu-blanc-rouge. Tout cela s’est fait par étape sur des années, des décennies, de manière subtile. Il n’y’a pas d’interrupteur bien/mal ou communisme/révisionnisme et il y’a pu avoir de bonnes actions de la part du PCF y compris de sa direction après d’autres actions mauvaises.


L’ennemi des vrais communistes et de tous les anti-impérialistes est le révisionnisme. Pour être cohérente, Houria Bouteldja devrait lutter contre le révisionnisme et non balayer d’un trait le « communisme réel dans l’Etat français » en amalgamant le PCF révolutionnaire anti-impérialiste des années 1920-1950, encore intéressant des années 1960-1970 et en totale décadence depuis les années 1980. Rappellons qu’en 1951, Jacques Duclos a été emprisonné 18 mois pour avoir manifesté contre la venue du général US, Ridgway la Peste, qui avait commis des crimes contre l’humanité en Corée. De nombreux membres du PCF ont été emprisonné pour avoir soutenu l’armée d’Abdelkrim El-Khattabi durant la Guerre du Rif de 1926. Ne passez pas cela sous silence. Défendons tous le marxisme-léninisme de Marx, Engels, Lénine, Staline, Dimitrov, Jdanov, Kollontai, Gramsci, Honecker, Mariategui, Georges Habache, José Maria Sison et bien d’autres encore : la seule voie vers l’émancipation et la fin du racisme.


Sur ce sujet, je vous conseille la lecture de l’article suivant du PCRF : « L’étapisme » : une question stratégique fondamentale » https://www.pcrf-ic.fr/L-etapisme-une-question


Houria Bouteldja, je souhaiterais échanger avec vous, avec toi camarade puisqu’on est donc des camarades communistes car il s’agit de rétablir certaines vérités.

Présentation

La Sartan Roujo est une revue communiste francophone en ligne.

Son objectif est de diffuser des analyses scientifiques (c’est à dire suivant une méthode logique et reproductible, basée sur des faits : la méthode du matérialisme dialectique) visant à éclairer la voie des acteurs du processus de construction dans l’Etat français d’un Parti Communiste authentique, faisant du marxisme-léninisme un guide pour l’action : les militants et sympathisants des organisations visant à construire un nouveau Parti Communiste.

Ces militants s’inscrivent également, à travers l’adhésion à la CGT, dans le processus de construction du syndicat unique du prolétariat, aux côtés d’autres syndicalistes prolétariens.

Nous appellons également à la constitution du Front Populaire Anti-Impérialiste regroupant tous les opposants à la casse du service public, aux guerres impérialistes, à la Françafrique, à l’islamophobie d’Etat et à toutes les autres conséquences de la crise de l’impérialisme. Nous saluons toutes les initiatives allant dans ce sens.

La Sartan Roujo vise modestement à développer les angles morts, peu ou mal-traités selon nous, par les acteurs de ces processus de construction. Nous cherchons à apporter notre pierre à l’édifice avec les moyens dont nous disposons. Nous ne sommes reliés à aucune organisation et ne cherchons pas à en créer une. Il s’agit juste d’un canal de diffusions d’idées utiles.

La Sartan Roujo est complémentaire de la chaine YouTube « Le QG des Révolutionnaires », qui elle vise à diffuser des informations à toute personne rejetant l’ordre établi, désirant construire un monde plus juste et recherchant encore comment définir sa critique et son projet, sans s’inscrire nécessairement dans les processus de construction définis précédemment.

La Sartan Roujo tire son nom de « La Sartan » (qui signifie « la poelle » en langue provençale, « roujo » signifiant tout simplement « rouge »), une revue populaire d’actualité en provençal, publiée à Marsiho (Marseille) de 1891 à 1905 puis de nouveau de 1964 à 1965. Cette revue a joué un rôle important dans le renouveau de la langue et de la culture provençale aux XIXème et XXème siècles. Il s’agit par là de disposer d’un titre original, nous distinguant des publications existantes, et d’affirmer notre ancrage en Prouvènço ainsi que notre défense des langues et cultures populaires qui sont niées dans leur dimension nationale par l’impérialisme français. Nous affirmons également par là, notre volonté de dialoguer avec les nationalistes provençaux et d’autres nations niées, afin de les convaincre que le processus de construction communiste hexagonal est la seule option permettant de défendre la dignité de nos langues et de nos cultures dans une optique fédéraliste non seulement à l’échelle francophone mais aussi méditerannéenne et finalement mondiale.

La Sartan Roujo est à l’origine l’initiative d’un individu souhaitant délivrer sa pensée, fruit d’expériences pratiques et de réflexions théoriques. La Sartan Roujo ne nie pas qu’un certain subjectivisme peut émaner de cette démarche mais elle considère que dans les conditions actuelles, c’est un prix à payer pour pouvoir apporter sa pierre à l’édifice, à la manière de Karl Marx participant à la Rheinische Zeitung.

Si vous souhaitez être publiés sur la Sartan Roujo, n’hésitez pas à nous contacter.

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